Noé (2014) de Darren Aronofsky

par Selenie  -  10 Avril 2014, 16:06  -  #Critiques de films

Darren Aronofsky est clairement un des 10 plus grands réalisateurs de ces 15 dernières années. On lui doit "Pi" (1998), "Requiem for a dream" (2001), "The Foutain" (2006), "The Wrestler" (2008) et "Black Swan" (2011)... Et voilà qu'il adapte sa propre BD (avec Ari Handel en co-auteur et Niko Henrichon au dessin) "Noé, pour la cruauté des hommes". Sorte de péplum post-préhistorique où il ré-écrit le mythe de l'arche de Noé. Evidemment dès qu'on touche à fondation de la religion on sait par avance que les intolérant, fondamentaliste et autres extrêmistes soteront sur l'occasion pour dénigrer un film sur sa vision des choses. On s'en moque, Aronofsky a encore plus le droit d'imaginer une autre histoire d'autant plus qu'il s'agit d'une légende ; d'autre se gêne pas pour ré-inventer des faits historiques avérés !...

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/19/00/46/46/20632133.jpghttp://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/13/12/10/09/46/096206.jpg

Aronofsky obtient pour son oeuvre son plus gros budget jusqu'ici (tenu par "The Fountain" avec 35 millions) avec 130 millions de dollars. Au casting il retrouve Jennifer Connelly (déjà dans le chef d'oeuvre "Requiem for a dream") et offre le rôle du patriarche Noé à Russell Crowe qui lui, retrouve par la même occasion le co-scénariste de Aronofsy John Logan, qui tenait ce poste sur "Gladiator" (2000)... Une belle affiche, alléchante et prometteuse... Malheureusement qui ne tiendra pas ses promesses... Sur le fond, comme on l'a dit, on se moque de la fidélité à la Génèse, c'est surtout un point de vue qui permet au réalisateur un parallèle avec notre monde contemporain comme une mise en garde, nous humains détruisant sans vergogne notre belle planète. Question acteurs, rien à redire. Pour une fois c'est dans la forme que Aronofsky se repose un peu sur ses lauriers. Si l'odyssée reste magnifique il est un blockbuster trop classique dans le sens où le divertissement hollywoodien prend le pas sur la stylisation Aronofsky, l'oeil sombre et pessimiste du réalisateur est ici trop lumineux, en témoigne cette fin trop fade et optimiste. Notons également que les visions de Noé sont peu originaux et redondants. Les 2h20 passent vite, ça reste passionnant notamment dans la perte de contrôle de Noé, son ambiguité. Cependant il est dommage que le souffle épique soit si discret et que Aronofsky n'est pas apposé sa patte, car malgré tout on évite ici d'attiser le feu et de limiter la casse envers une polémique qui manquera de toute façon pas d'exister. Note obtenue de justesse.

 

Note :            

 

14/20

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :