Lovelace (2013) de Rob Epstein et Jeffrey Friedman

par Selenie  -  11 Juin 2014, 15:56  -  #Critiques de films

Le duo Epstein-Friedman , spécialiste documentaire, ont pris goût à la fiction avec "Howl" (2012) biopic sur Allen Ginsberg dont le poème "Howl" fut attaqué en justice pour obscénité... Il retrouve d'ailleurs leur acteur James Franco pour l'apparition en Hugh Heffner pour ce second biopic sur Linda Lovelace, première star internationale du porno après la sortie du film "Gorge Profonde" (1972)... Sujet casse-gueule s'il en est et particulièrement hot. A la même époque un projet concurrent a failli exister avec Linda Lohan dans le rôle-titre ; mine de rien c'était un choix sans doute plus judicieux que Amanda Seyfried, charmante mais trop lisse pour un tel rôle. D'ailleurs c'est à l'image du film. Jamais ce film n'atteint l'ampleur et l'audace qu'un tel sujet offrait pourtant.

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Pour rappel... Linda Lovelace devient Gorge Profonde pour faire plaisir à son mari et mentor, Chuck Traynor, s'en suis un succès planétaire avant qu'on apprenne des années plus tard qu'elle fut battue, violoée et on en passe... On reste assez éberlué par la naïveté de Lovelace, par son idiotie et ce, dès le début puisqu'avant le film X elle semble ne rien savoir des activités de son mari... Le soucis c'est que le film se base essentiellement sur les déclarations victimisées et tardives de Linda Lovelace, le tout pour faire pleurer dans les chaumières. Peter Sarsgaard joue Chuck Traynor qui n'est pas sans rappeler son rôle dans "Une Education" (2010) de Lone Scherfig version Ike Turner ("Tina" en 1993 de Brian Gibson). Les scène de sexe semblent non assumées par les réalisateurs, tandis que le montage nous place d'emblée en pigeon, nous forçant à l'empathie pour Lovelace, pauvre petite innocente. Cette façon de nous forcer à accepter un point de vue unilatéral donne malheureusement l'inverse. Le film victimise Linda Lovelace mais en créant trop de raccourcis, la descente aux enfers n'est pas traitées à fond. On a l'impression que le sujet a consumé l'ambition des réalisateurs. Bref ils n'avaient nullement l'étoffe ni les épaules pour ce film. Les seconds rôles prennent d'ailleurs largement la place, tous assez bien interprétés et écrits. Le choc des violences, le dégoût de la chair, les coulisses du tournage, le calvaire de la chute... Tout n'est qu'effleuré, on est bien loin de "Boogie Nights" (1997) de Paul Thomas Anderson. "Gorge Profonde", 25000 dollars de budget pour 600 millions de dollars de recette, ça vous intéresse ?! Voyez plutôt le documentaire "Inside Deep Throat" (2005)...

 

Note :           

 

06/20