Bob le Flambeur (1956) de Jean-Pierre Melville

par Selenie  -  8 Juillet 2014, 12:12  -  #Critiques de films

Ce quatrième long métrage de Jean-Pierre Melville depuis "Les Enfants Terribles" (1949) est aussi le premier polar pour celui qui va donner ses lettres de noblesse au genre avec les futurs chefs d'oeuvres "Le second souffle" (1966) ou "Le Cercle Rouge" (1971). Melville signe là un film sur tous les fronts, puisqu'il est également adatateur, voix off, décorateur, directeur de production et scénariste du film... Ou plutôt co-scénariste avec Auguste Le Breton, ce dernier étant connu pour être l'auteur de romans adaptés au cinéma comme "Razzia sur la chnouf" ou "Le Clan des Siciliens". Ajoutons qu'il s'agit de la première production de Serge Silberman qui produira par la suite Jacques Becker, Luis Bunuel et Akira Kurosawa...

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Il est amusant de noter également que le directeur de la photographie Henri Decaë sera celui de Truffaut sur "Les 400 coups" et de Chabrol sur "Le Beau Serge", tous deux de la Nouvelle Vague ex des Cahiers du Cinéma qui ont salué à sa sortie les qualités de "Bob le Flambeur" avec en prime l'apparition de Melville interviewé par Jean Seberg dans "A bout de souffle"... Bref "Bob le Flambeur" semble destiné à la postérité... On suit donc un écumeur de casino, membre du Milieu parisien qui s'était plus ou moins rangé avant de tenter un coup ultime malgré les avertissements de son mai flic. Le Flambeur est interprété par Roger Duchesne, un acteur de second rôle qui n'avait plus tourné depuis 1943 à cause de son passé de collabo et qui, par ailleurs, de tournera qu'une seule fois après "Bob...". Cet acteur est symptomatique du reste du casting, le jeu des acteurs étant souvent limité (surtout le blanc-bec trop bavard sur l'oreiller), finalement on ne sauve que Guy Decomble (le prof de "Les 400 coups" !) et la sensuelle et jeune Isabelle Corey. Ensuite la voix Off (Melville lui-même) semble superflu et trop explicative. Mais le pire, outre la piètre interprétation, reste le final avec une fusillage bâclée et peu compréhensible et surtout une interrogation, Qu'est-ce qui permet l'arrestation de Bob le Flambeur ?! ... Mais avec ce film Melville, qui deviendra le plus grand réalisateur français, parfait son style et son cinéma dominé par les méandres qui mènent de l'appréhension à l'inexorable destin sur fond de solitude. Il faudra attendre encore un peu avant d'atteindre la perfection de son cinéma.

 

Note :                 

 

12/20

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