The Tribe (2014) de Myroslav Slaboshpytskiy

par Selenie  -  3 Octobre 2014, 23:50  -  #Critiques de films

Un des films les plus audacieux de l'année, qui s'est fait remarqué en obtenant le Grand Prix de la Semaine de la Critique au dernier Festival de Cannes 2014 est un film sans concession qui est dans la veine des films qui scandalisent certains ou qui s'impose culte d'emblée. Premier long métrage d'un réalisateur remarqué pour la qualité de ses courts métrages dont quelques-uns qui parlaient déjà de surdité comme "Glukhota" ou "Deafness"... Slaboshpytskiy signe là un drame puissant dont la forme jusqu'au-boutiste rejoint un fond terrifiant et triste. On plonge dans un internant spécialisé pour soud-muet où règne un climat malsain avec un réseau humain qui n'est pas sans rappeler les liens carcéraux avec ses trafics, ses bizutages, ses violences de toutes sortes...

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Dans la forme le réalisateur a choisi de diffuser son film sans sous-titre, quasimment muet son film impose une concentration qui peut être éprouvante car derrière le langage des signes il y aussi une violence inouïe. Au moins évitons-nous la violence des mots qu'on devine tout aussi effroyable. Mais malheureusement c'est là que se pose les limites de son concept. Malgré le soit disant hommage au Muet ce film ne l'est pas, au contraire il est hyper bavard et sans les sous-titres on exclut d'emblée la grosse majorité du public. En effet le scénario offre trop de scènes importantes où les mots ont assurément leur rôle sauf qu'on ne peut qu'imaginer le propos général. Ne pas confondre avec un vrai film du Muet qui sont consruit sur un scénario efficace, qui se focalise que sur les scènes vitales. Dans "The Tribe" il y a énormément de scènes (trop) longues, ajoutées au bavardages incessants le spectateur a trop souvent des moments de frustration. Dommage... Tourné dans une école de sourds à Kiev que le réalisateur a connu dans les années 80, ce dernier avoue que le decorum est le même aujourd'hui, le choc est d'autant plus sec et froid. Les élèves de cet institut sont sans cesse sous tension, tous impitoyables dans un centre qui semble dénué de règles bien établies. D'ailleurs on reste perplexe par l'absence total du coprs des enseignants et/ou surveillants. Emmené par des acteurs tous sourds et amateurs c'est pourtant une histoire qui nous happe, nous bouleverse, nous dérange pour des émotions pas toujours contrôlées dans le sens où ça manque peut-être un peu d'empathie. Tourné en pleine période de manifestations violentes en Ukraine, avec des membres de l'équipe de tournage qui participaient activement, on se dit que la tension environnante a dû apporter son lot d'angoisse. Néanmoins le réalisateur signe là un excellent film, aussi ambitieux qu'audacieux avec en prime une révélation éblouissante avec la jeune actrice Yana Novikova. A voir et à conseiller !

 

Note :            

 

14/20

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