Décès du réalisateur Manoel De Oliveira

par Selenie  -  2 Avril 2015, 18:57  -  #Décès de star - Bio

Nous apprenons tout juste la mort du réalisateur portugais Manoel De Oliveira ce 02 avril 2015 à l'âge de 106 ans !... Il était le premier cinéaste centenaire toujours en activité de l'histoire du cinéma.

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Né en 1908 à Porto (Portugal) Manoel Candido Pinto de Oliveira est né au sein d'une famille de la bourgeoisie industriuelle. Le jeune Manoel s'est interessé très tôt au cinéma grâce à son père qui l'emmenait souvent voir les films de Chaplin et Max Linder. Il a étudié à Porto avant de poursuivre dans un collège jésuite en Galice. A 19 ans il s'sincrit à l'école d'acteur Reno Lupo et tourne déjà dans quelques films notamment dans le premier film parlant portugais "A Cançao de Lisboa" (1933).

 

Il tourne son premier court métrage documentaire muet "Douro Faina fluvial" (1931) avec une caméra portative Kinamo que lui avait offert son père en 1929. Tourné entre 1927-1929 le film sera assez mal accueilli même si certains aujourd'hui y décèle une ême de poète réaliste.

 

Il tourne encore quelques courts et moyens métrages, apparait comme acteurs dans d'autres oeuvres avant de connaitre uen première reconnaissance avec son premier long métrage "Aniki Bobo" (1942 - ci-dessous) sur le quotidien d'enfants dans les quartiers populaires de Porto. Un film qui annonce le néo-réalisme italienne.

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Juste après il décide de parcourir l'Allemagne, autant pour découvrir le monde que d'échapper à la dictature de Salazar. En Allemagne il étudie différentes techniques et revient au Portugal. Mais la difficulté de vivre du cinéma sous la dictature l'oblige à stopper et à reprendre les rênes de l'entreprise familiale.

 

Après plusieurs projets avortés il réalise enfin son second long métrage "Les Mystères du printemps" (1962), une évocation de la passion du Christ sur lequel il s'éloigne du réalisme de ses débuts. Il réalise ensuite son dernier couirts avec "La Chasse" (1964) sur la solidarité, un film qui déplait au gouvernement et bloque ses projets jusqu'au décès de Salazar.

 

Il tourne alors "Le Passé et le Présent" (1971), une satire sur la bourgeoisie. Il enchaine avec "Benilde ou la Vierge Marie" (1974), adaptée d'un roman sur une jeune femme qui connait l'immaculée conception. 

 

La chute de la dictature salariste en 1974 permet à De Oliveira d'enfin vivre à plein de sa passion pour le cinéma. A partir de ce moment le réalisateur va sortir des films régulièrement.

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Mais le succès reste assez confidentiel même au Portugal. Le reconnaissance vient petit à petit, commençant à vraiment sortir du lot au milieu des années 80 avec "Les souliers de satin" (1985 - ci-dessus), adaptation-fleuve de l'oeuvre de Claudel et "Les Cannibales" (1988) présenté au Festival de Cannes.

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La première vraie consécration arrive finalement tard avec le film "Val Abraham" (1993 - ci-dessus), une adaptation très libre sur Madame Bovary très remarqué au Festival de Cannes. A partir de ce moment le réalisateur pourra faire appel à des stars internationales et ce, dès "Le couvent" (1194) avec Catherine Deneuve et John Malkovitch... 

 

De Deneuve il passe à Marcello Mastroianni pour "Voyage au début du monde" (1996) et à la fille Chiara pour "La Lettre" (1999).

 

Etonnamment plus le réalisateur vieillit et plus il tourne pour finir par touner un film par an. L'an 2000 arrive, Manuel De Oliveira a déjà 92 ans...

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Sur ces dernières années citons "Je rentre à la maison" (2001), "Le Miroir magique" (2005), "Belle toujours" (2006 - ci-dessus) une variation autour de "Belle de Jour", "Christophe Colomb, l'énigme" (2007), "L'étrange affaire Angélica" (2010 - ci-dessous) et son dernier long métrage en date "Gebo et l'ombre" (2011) avec Jene Moreau et Claudia Cardinale.

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En 2008, pour ses 100 ans le Festival de Cannes lui remet une Palme d'Or pour l'ensemble de sa carrière, une première Palme (remis par un de ses acteurs fétiches Michel Piccoli) pour le seul et unique réalisateur encore en activité et le seul qui a connu le cinéma muet !

 

Manoel De Oliveira a toujours tourné avec des fidèles, outre le producteur Paulo Branco et l'acteur Luis Miguel Cintra il faut citer ses fidèles depuis sa reconnaissance des années 93-95 comme Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Ricardo Trepa, John Malkovich... Manuel De Oliveira sera également fidèle à la romancière Agustina Bessa-Luis qu'il a adapté plusieurs fois.

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Manoel De Oliveira est unique en son genre, une carrière d'une longévité inouïe que les aléas de l'Histoire n'ont jamais pu stopper sa passion du cinéma. Et rappelons-le encore, qu'à plus de 100 il fut le seul cinéaste à avoir été actif en ayant connu le cinéma muet.

 

Manoel De Oliveira est décédé ce jour du 02 avril 2015 à l'âge remarquable de 106 ans.

Princécranoir 04/04/2015 10:17

C'est toujours déchirant de voir disparaître un tel personnage, un homme qui a traversé quasiment toute l'histoire du cinéma. Que l'on aime ou pas son œuvre, qu'on ait vu ou non ses films, cette disparition méritait mieux qu'un entrefilet dans les médias. Merci pour cet hommage. De la petite poignée de films que j'ai vue de lui, je retiens le superbe "je rentre à la maison" avec un Piccoli en comédien qui veut raccrocher, ainsi que son premier long bien sûr, "aniki bobo" et ses gamins des Porto.