Le Vieux Fusil (1975) de Robert Enrico

par Selenie  -  14 Décembre 2015, 11:36  -  #Critiques de films

Ce film est connu pour être le premier film césarisé lors de la première cérémonie des Césars en  1976, Meilleur Film, Meilleur acteur et Meilleure musique... Inspiré du tragique évènement de Oradour-sur-Glane (massacre de 632 hommes, femmes et enfants en juin 1944 par les panzers Division Das Reich). Le film est un des rares film de vengeance français à l'époque où les Vigilante Movie ("Un justicier dans la ville", "Délivrance",...) embrase Hollywood. Mais l'exception française donne un film plus atypique et plus subtil. À l'origine le docteur devait être joué par Lino Ventura avec qui Robert Enrico avait déjà tourné sur "Les Grandes Gueules" (1965), "Les Aventuriers" (1967) et "Boulevard du Rhum" (1971) mais l'acteur déclina l'offre à cause de la violence du film. C'est donc Philippe Noiret, qui venait de tourner "Le Secret" (1974) de Robert Enrico, qui reprend le rôle en couple avec la sublime Romy Schneider qui, elle, venait de jouer dans le drame "L'Important c'est d'aimer" (1975) de Andrej Zulawski.

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Le film débute juste après le débarquement de Normandie, le docteur Julien Dandieu soigne ses malades à l'hôpital sous les surveillances de la Milice comme des SS. La tension montant d'un cran, il décide de mettre sa femme et sa fille à l'abri dans un château, sorte de maison secondaire. Il va les rejoindre quelques jours après... Le scénario se divise en deux parties parallèles avec des flash-backs qui prennent leur importance au fur et à mesure que la vengeance prend forme. Débutant normalement, le récit change à partir du moment où le docteur apprend le drame, à partir du chagrin, alors qu'il se lance dans sa vendetta comme par automatisme il se remémore ses plus beaux souvenirs jusqu'à la fin où se colle son souvenir de sa rencontre avec sa femme. Donc au fur et à mesure que le docteur s'enfonce lui aussi dans le sang il remonte dans le temps pour se remémorer ses plus beaux souvenirs avec deux questions qui se profilent : la réelle raison pour laquelle sa femme a accepté de l'épouser ?! La vengeance est-elle une sorte de lavage de cerveau pour mieux oublier et repartir en avant, survivre à la douleur ?! Tourné dans les décors naturels des châteaux de Bruniquel, le film se transforme en un huis clos terrifiant où la morale n'a pas lieu d'être et qui se maintient que grâce à l'empathie qu'on a pour le docteur Dandieu magnifiquement interprété par la bonhommie funeste de Philippe Noiret. Le premier film des Césars est un chef d'oeuvre sublime et unique. Un succès public à 3 400 000 entrées France qui s'est confirmé avec le temps. A conseiller, à voir et à revoir.

 

Note :              

 

19/20

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