L'Espion qui venait du froid (1965) de Martin Ritt

par Selenie  -  31 Mai 2016, 09:24  -  #Critiques de films

Une des premières adaptations cinéma d'un roman du génial John Le Carré... Ce dernier ex-espion lui-même connait la consécration avec ce roman éponyme (1963) où le contre-espionnage britannique use d'un complot aussi malin qu'alambiqué qui se sert d'un agent pour jouer le transfuge à l'insu de son plein gré. Alors en pleine filmo avec Paul Newman, le réalisateur Martin Ritt se fait un interlude entre leurs deux westerns "L'Outrage" (1964) et "Hombre" (1967) pour mettre en scène ce film d'espionnage déjà presque passé de mode. En effet, Sean Connery est alors déjà James Bond et ce genre de film d'espionnage réaliste peut en décontenancer plus d'un surtout que le choix du Noir et Blanc n'est pas des plus faciles à assumer.

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D'ailleurs, une fois n'est pas coutume, si le Noir et Blanc sied à merveille il faut avouer qu'il est un peu fade. Emmené par le duo Richard Burton/Claire Bloom, ex-amant qui se retrouvent après "Alexandre le Grand" (1956) de Robert Rossen et "Les Corps sauvages" (1958) de Tony Richardson, le film doit avant tout au matériau d'origine. Le roman de Le Carré est comme à son habitude d'une efficacité redoutable avec un récit merveilleusement construit. Le scénario est alors du pain béni, Martin Ritt plus habitué au film d'action s'en sort à merveille en signant un film jamais ennuyeux malgré le semblant de lenteur. Car il se passe toujours quelque chose même dans les détails qui pourraient sembler anodins. C'est la force de John Le Carré, rien n'est laissé au hasard. Là où les James Bond et les Jason Bourne jouent surtout la carte de l'exotisme et de l'action pure, les intrigues Le Carré sont avant tout dans les méandres des manigances et des conspirations sur fond d'idéologie plus ou moins honnête. Prenant jusqu'à la fin où le twist n'en est un que grâce à l'expérience, Le Carré qui installe une nouvelle fois son personnage fétiche George Smiley là où on ne l'attend pas forcément. Un grand film d'espionnage qui doit beaucoup évidemment au romancier.

 

Note :             

 

17/20

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