Capitaines Courageux (1937) de Victor Fleming

par Selenie  -  13 Juin 2016, 08:40  -  #Critiques de films

Grand film adapté du célèbre roman "presque" éponyme "Capitaines Courageux, une histoire du banc de Terre-Neuve" (1897) de Rudyard Kipling auquel on doit aussi "Le Livre de la Jungle" (1894) et qui, malheureusement, décède juste avant en 1936... Oeuvre majeure sur le parcours initiatique d'un jeune ado pourri gâté qui va finalement grandir plus vite que prévu à l'insu de son plein gré... 1937, la toute puissance des Studios (ici la MGM) permet sans soucis de réunir des castings de folie et "Capitaines Courageux" est on ne peut plus garni à ce niveau. Aux commandes on trouve le réalisateur Victor Fleming alors particulièrement apprécié des grands acteurs de l'époque, qui atteindra son apogée en 1939 avec coup sur coup "Le Magicien d'Oz" et "Autant en emporte le vent". Des géants du grand écran sont à l'affiche jusqu'aux seconds rôles. Le papa milliardaire est joué par Melvin Douglas surtout connu pour avoir été le partenaire ultime de Greta Garbo dans ses deux comédies "Ninotchka" (1939) de George Cukor et "La femme aux deux visages" (1941) de Ernst Lubisth. Le capitaine Disko est joué par Lionel Barrymore, monstre sacré d'une dynastie qui tourna plus de 200 films entre 1911 et 1953, frère de Ethel et John, ce dernier étant le grand-père de l'actrice Drew Barrymore. Le marin bougon Long Jack est joué par John Carradine, grande gueule du cinéma des années 30 à 80, père des acteurs David, Keith et Robert Carradine. On trouve en fiston de Disko la bouille de Mickey Rooney, futur époux de Ava Gardner, enfant-star du système de l'Âge d'Or hollywoodien à l'instar de son ami Freddie Bartholomew avec lequel il a déjà joué notamment dans "Le petit Lord Fauntleroy" (1936) de John Cromwell. Freddie Bartholomew interprète justement le jeune Harvey, jeune ado de 13-14 ans pourri gâté qui croit que l'argent peut tout et permet tout.

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Et enfin, la marin Manuel qui le repêche dans les eaux et ramène Harvey sur le bateau de pêche est incarné par Spencer Tracy monstre sacré qu'on ne présente plus qui tournera encore à quatre reprise avec Fleming... Un casting sublime pour une oeuvre qui l'est tout autant magnifiquement mis en scène par Fleming qui s'y connaissait en amitié virile ! Harvey est un gamin pourri gâté, dorloté et choyé qui ne voit que par la puissance de l'argent avant que son papa ne s'aperçoive qu'il est grand temps de lui remettre les pieds sur terre, mais qui ne voit pas qu'avant cela un bon pied au cul lui ferait le plus grand bien ! Par un heureux accident, le gamin se retrouve sur un bateau de pêche où tu n'as rien sans rien et où il faut mériter ton salaire en travaillant dur. L'apprentissage se fera qu'il le veuille ou non par la force des choses. Le film est fidèle au roman, et retranscrit parfaitement le propos de Kipling qui démontre aisément les bienfaits d'une certaine éducation que les enfants d'aujourd'hui ne connaissent pas ou plus. Simplement mais efficacement le jeune Harvey va comprendre, apprendre et finalement grandir. Le film est un chef d'oeuvre du genre, un film d'aventure initiatique particulièrement pertinent mais qui ne manque jamais de légèreté et parfois de gravité (n'est-ce pas ça aussi la vie ?!). En prime les performances admirables de tous les acteurs pour un film en osmose complète, dont un Spencer Tracy qui obtiendra son premier Oscar pour son rôle. Beaucoup d'émotion, avec un film qui ne manque pas de pédagogie (à conseiller dès la primaire à l'école !) qui ne pêche, peut-être, que par un épilogue sans doute un peu trop long. A voir, à revoir et à conseiller !

 

Note :             

 

19/20

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