L'Idéal (2016) de Frédéric Beigbeder

par Selenie  -  17 Juin 2016, 09:32  -  #Critiques de films

Ex-publiciste et écrivain Frédéric Beigbeder signe là son second long métrage en tant que réalisateur (et scénariste, après la comédie romantique "L'Amour dure trois ans" (2011). Pour ce second film, il fait d'ailleurs appel à deux de ses acteurs Jonathan Lambert et surtout Gaspard Proust, alter ego de l'auteur qui, en quelque sorte reprend le rôle tenu à l'origine par Jean Dujardin dans "99 francs" (2007) de Jan Kounen ; ce dernier étant une adaptation de Beigbeder qui signa par la même occasion le scénario. Car en effet "L'Idéal" est une speudo-suite de "99 francs" où comment Octave, agent publicitaire, quitte ce milieu dégueulasse et surperficiel pour un autre monde qui ne l'est pas moins, celui de la mode. Une autre vision de l'univers de la mode peu de temps après la claque esthétique "The Neon Demon" (2016) de Nicolas Winding Refn, mais évidemment Beigbeder n'est certainement pas un cinéaste virtuose. Néanmoins le réalisateur-scénariste-auteur parle de ce qu'il connait et y instille une bonne dose d'autobiographie personnelle et professionnelle.

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S'il n'a pas l'oeil "visuel" d'un Kounen pour "99 francs", on reconnait de suite le style cynique et direct du romancier qui jette un regard sans concession, cruel et jouissif sur les coulisses aussi drôles que pathétiques du système cannibale de la mode. Il ne fait pas dans la finesse c'est certain, ça manque parfois un peu de mesure mais c'est aussi le charme de Beigbeder : oser et gratter jusqu'à ce que la satire et la caricature imposent une comédie délirante et irrévérencieuse à l'image du sale gosse que Beigbeder est. Et pourtant si à l'image ça reste moins hallucinogène que le style Kounen (ou NWR), Beigbeder signe une comédie corrosive qui frappe toujours juste même si c'est parfois maladroit, notamment en arasant le propos avec un happy end trop gentil. Outre le Jonathan Lambert et l'excellent Gaspard Proust, on note la présence hyper glamour de Audrey Fleurot bombe anatomique que Beigbeder a invitée judicieusement dans son dernier numéro de son magazine "Lui" (que je conseille !). Mais on remarque aussi la jolie Anamaria Vartolomei qu'on avait particulièrement remarquée dans un film tout aussi osé (dans un autre genre) "My Little Princess" (2011) de Eva Ionesco. Ca reste le film le plus personnel de Beigbeder qui en profite pour placer sa propre playlist pour la musique et qui s'offre une fête mémorable qui est de toute façon attendue. En tous cas le romancier-réalisateur dénonce et expose des vérités certes immorales et immondes mais dans un style où l'autodérision permet tout. Il manque une dimension plus "hallucinogène" pour apporter une approche un peu moins didactique. Mais ça reste une comédie efficace et assez décalée pour passer un bon moment avec en prime des acteurs en osmose qui s'amusent.

 

Note :           

 

13/20

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