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Selenie

Le Septième Juré (1961) de Georges Lautner

19 Septembre 2016, 06:56am

Publié par Selenie

Non George Lautner n'est pas que le réalisateur de son plus grand chef d'oeuvre "Les Tontons Flingueurs" (1963) où des comédies policières siglées Bébel, c'est aussi un vrai grand réalisateur auquel on doit de petits bijoux souvent trop méconnus comme "Le Septième Juré" (1961), un chef d 'oeuvre souvent trop peu cité. Adapté du roman éponyme de Francis Didelot, le scénario est signé d'un certain Jacques Robert, auteur prolifique qui a longtemps été l'écrivain européen le plus porté à l'écran dont "Marie Octobre" (1958) de Julien Duvivier. Par ailleurs, Jacques Robert retrouve Lautner et Bernard Blier après "Le Monocle noir" (1961) et retrouvera encore Lautner avec cette fois Maurice Biraud pour la suite "L'Oeil du Monocle" (1962).

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Outre Blier (dont le fils Bertrand est assistant de Lautner), le casting est composé de Danièle Delorme et Francis Blanche (futur Tonton). Blier joue donc un pharmacien, notable respecté, qui tue après une tentative de viol une jeune femme aux moeurs "légères". Véritable assassin, il se retrouve juré du procès d'un innocent qu'il va tenter de faire disculper... L'intelligence du script est de montrer l'absence totale de remords au début, le pharmacien s'étonnant lui-même (voix off) de l'incroyable facilité de tuer et de s'en sortir sans soucis majeur... A l'exception près qu'il se retrouve juré, improbabilité qui le met dans une situation toute aussi inconfortable. Le film débute avec un meurtre de sang froid qui place tout de suite le film dans un thriller malsain avant de mettre en place le portrait d'un notable au-dessus de tout soupçon justement parce qu'il est un notable. La seconde partie est celle où, devenu juré, le pharmacien assassin va prendre son rôle très au sérieux (trop ?!) pour sauver celui qu'il sait innoncent. Bernard Blier incarne à la perfection ce bourgeois qui n'a pas de soucis de conscience pour le meurtre mais qui se sent plus mal quand un autre homme risque la guillotine à sa place. Le cynisme de la situation est merveilleusement décrite par une voix Off omniprésente, entêtante, qui n'est jamais fortuite tant elle nous plonge dans l'intimité même d'un homme à la fois assassin et juré de sa propre condition. En bonus, n'oublions pas le personnage du vétérinaire (excellent Maurice Biraud) sorte de philosophe "anar" qui semble d'une rare perspicacité. Mélange entre drame social et thriller tragi-comique mitonné à la Chabrol, ce film est un petit chef d'oeuvre. A savourer sans modération.

 

Note :               

 

18/20

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