Toril (2016) de Laurent Teyssier

par Selenie  -  15 Septembre 2016, 06:50  -  #Critiques de films

Premier long métrage pour ce réalisateur qui avait signé auparavant le court "8 et des poussières" (2009). Laurent Teyssier a bénéficié du système de la Maison Bleue, un centre créé comme cadre propice à l'écriture après que son projet ait été accepté par un collège de professionnels qui ont cru au potentiel et au talent du film et de son réalisateur. Il a ainsi gagné un "temps de résidence d'écriture" via ce programme soutenu par le département des Landes... Un beau projet donc pour ce film dont le scénario a su séduire un joli casting. L'excellent Vincent Rottiers qui se construit une belle carrière, l'expérimenté Bernard Blancan, le trop sous-exploité Karim Leklou (remarqué dans "Coup de chaud" de Raphaël Jacoulot et en salle aussi avec "Voir du pays" (2016) des soeurs Coulin, le méchant interprété par le charismatique acteur allemand Tim Seyfi (vu dans "Geronimo" de Tony Gatlif) ainsi que Sabrina Ouazani encore abonnée au rôle récurrent de petite amie sérieuse et mature (comme dans "L'Antigang" de Benjamin Rocher et "L'Outsider" de Christophe Barratier).

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Un joli casting pour un bon film titré "Toril" du nom du local où on place le taureau avant son entrée dans la corrida. On suit donc Philippe (Rottiers excellent), petit déliquant qui décide de risquer plus pour sauver l'exploitation de son père (Blancan tout aussi impeccable). Après un début qui place le contexte social et les difficultés financières, le film bascule petit à petit dans un polar où même la province est viciée par le crime. La violence économique fait face à la violence plus "charnelle" du monde criminel. Le scénario insiste sur le réalisme en montrant l'érosion du tissu culturel et social due aux crises économiques qui plombent le quotidien. Bientôt les enfants font un choix... Dans cette idée "Toril" est la version gauloise du récent "Comancheria" (2016) de David McKenzie. En prime, Teyssier signe une mise en scène inspirée usant de travelling, en étant proche des êtres tout en les enveloppant de l'environnement (paysage, corrida, marché). Laurent Teyssier signe un très bon polar social, maitrisé et prenant et qui évite l'écueil de la facilité malgré la conclusion finale. Prometteur.

 

Note :            

 

14/20

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