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Selenie

Contes cruels de la jeunesse (1960) de Nagisa Oshima

6 Février 2017, 09:46am

Publié par Selenie

Nagisa Oshima où la Nouvelle Vague japonaise à lui tout seul. Alors que les grands noms du cinéma nippon sont Kurosawa, Ozu, Mizoguchi une nouvelle génération arrive et à l'instar de Godard en France, le Japon a son Oshima. Il débute en réalisant une trilogie thématique sur la jeunesse, après "Une ville d'amour et d'espoir" (1959) et avant "L'Enterrement de soleil" (1960) il signe son second film de sa trilogie et son second long métrage en tant que réalisateur avec "Contes cruels de la jeunesse". Dès le début on sent l'influence de la Nouvelle Vague française et notamment "A bout de souffle" (1959) de Jean-Luc Godard. Oshima veut se démarquer des réalisateurs "classiques" qui l'ont précédé (il critiquait vertement les grands réalisateurs de son pays comme ont pue le faire Godard et Truffaut chez nous), il use donc de la caméra portée, ose des cadrages plus élaborés et/ou plus mobiles et tournage en extérieur.

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Mais c'est surtout dans les sujets abordés que le cinéaste va faire sensation et même scandale dans un pays où la morale est bien différente qu'en occident. Dans "Contes cruels de la jeunesse" le jeune couple est criminelle, n'ont que peu d'égard pour les anciens, et d'une certaine façon ils veulent vivre les années Yéyé. Oshima impose un style direct où on devine déjà son goût pour les sujets tendancieux et polémiques qui feront plus tard sa réputation. Dans ce 2ème film il aborde entre autres l'avortement et la prostitution. Futur réalisateur de son chef d'oeuvre "L'Empire des Sens" (1976), Oshima signe là un film qui est dans la veine de "Les Amants de la nuit" (1948) de Nicholas Ray, "A bout de souffle" (1959) de Godard ou encore "La Balade sauvage" (1975) de Terrence Malick et même dans un sens "L'Appât" (1995) de Bertrand Tavernier.

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Filmé en couleur pour bien ancré son film dans son monde d'aujourd'hui tout en créant le contraste couleur vive (optimiste) et le destin des deux jeunes (pessimiste). Le seul vrai soucis du film reste l'interprétation, les acteurs sont souvent un peu juste, pour un jeu soit trop caricatural, théâtral voir trop figé ce qui annihile malheureusement les scènes d'émotion. Dommage car sinon ce film gagnerait encore en puissance tragique et surtout y ajouterait dans le traitement des tabous. Oshima signe toutefois un très bon film qui augure des futurs grands films qu'il signera. A voir.

 

Note :              

16/20

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