Mort de George A. Romero

par Selenie  -  17 Juillet 2017, 10:55  -  #Décès de star - Bio

Une Légende du 7ème Art nous a quitté ce week-end, le réalisateur George A. Romero est mort ce dimanche 16 juillet 2017 à l'âge de 77 ans.

Né en 1940 à New-York, le jeune George Andrew Romero se passionne très vite pour le tournage notamment après avoir reçu en cadeau une caméra 8mm. Il tourne ainsi ses premiers courts à l'âge de 14 ans, il connait d'ailleurs un petit soucis avec la police d'alors après avoir fait tomber un mannequin en feu de sa fenêtre d'immeuble. Plus tard il s'inscrit à l'Université Carnegie-Mellon de Pittsburgh. Toujours attiré par le cinéma il continue à travailler sur des courts métrages et la publicité. Il fonde avec des amis sa propre société Ten Productions, pour se faire ils réussissent à réunir un budget de 114000 dollars dont 60000 provenant de leurs propres poches. C'est ainsi que George A. Romero produit et réalise son premier long métrage, écrit avec son ami John A. Russo. Ils signent ainsi le film d'horreur "La Nuit des Morts-Vivants" (1968 - les 3 photos ci-dessous).

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"La Nuit des Morts-VIvants" est tourné en Noir et Blanc en 16mm et devient instantanément culte. Outre le film "L'Invasion des Profanateurs de Sépultures" (1956) de Don Siegel, c'est bel et bien Romero qui s'impose comme le maitre du film de Zombies, titre qu'il confirmera par la suite. Mais c'est bien ce film qui entre à la postérité du genre, un film qui sera plusieurs fois copié et recopié dont le remake le plus connu, le film éponyme (1990) de Paul Savini.

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Film de zombies interdit au moins de 16 ans mais c'est aussi un film qui allie Horreur et Fantastique avec une charge en règle politico-sociale qui va devenir sa marque de fabrique, dénonçant la société de consommation et le racisme entre autres. Malheureusement, George A. Romero ne touchera jamais rien pour ce film car il avait omis d'appliquer le Copyright !!!

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La réalisateur tourne ensuite deux films placés plus le genre épouvante pur mais le succès sera beaucoup plus confidentiel. Il retourne alors à ce qu'il sait mieux faire, le film de zombies. Il tourne alors "La Nuit des Fous-Vivants" (1973) suivi de l'excellent "Martin" (1977) dans lequel d'un ado mal dans sa peau qui devient une sorte de mante religieuse... Des années plus tard on y pensera par exemple devant "La Mutante" (1995) de Roger Donaldson.

Il tourne ensuite ce qui reste, sans doute, son meilleur film, au titre aussi économique que limpide avec "Zombie" ou "Dawn of the Dead" (1978). Ce film fut tourné avec le soutien d'un autre maitre du film d'horreur Dario Argento, et du maitre du maquillage Tom Savini. Ce film sera interdit au moins de 18 ans.

A cette même période le réalisateur est choisi pour réaliser le film "Les Vampires de Salem" , adaptation du roman "Salem" (1977) de Stephen King mais Romero abandonne lorsqu'il apprend que les producteurs préfèrent en faire une série. Mais à cette occasion Romero sympathise avec l'auteur et décident de travailler ensemble sur le film à Sketch "CreepShow" (1982) qui a un joli succès.

 

Il revient ensuite à ses premières amours avec le film "Le Jour des Morts-Vivants" (1985 - ci-dessous) où cette fois le monde est passé sous contrôle des morts-vivants, et si le film est toujours très sombre il y a cette fois un humour plus présent.

A priori le réalisateur cherche à se renouveler à la fin des années 80. Il délaisse donc les zombies et tourne "Incident de Parcours" (1988 - ci-dessous) où un jeune paraplégique se retrouve avec un singe domestiqué et manipulateur. Ensuite il retrouve Dario Argento pour un long métrage en association pour deux contes fantastiques adaptés de Allan Edgar Poe dans "Deux Yeux Maléfiques" (1990).

A cette même période, en 1989, il doit signer l'adaptation de "Simetierre" (1983) de Stephen King mais laisse tomber le projet quand les producteurs insistent pour changer la fin. Mais il retrouve l'auteur pour le film "La Part des Ténèbres" (1992) du roman éponyme (1985) de Stephen King, malheureusement cette fois le film est un échec.

 

Mine de rien cet échec marque un coup d'arrêt pour la carrière du réalisateur. Il doit signer avec Dario Argento (les deux réalisateurs ci-dessous) un remake de ce dernier, "Les Frissons de l'Angoisse" (1975), prévu en 3D à l'origine mais le projet tombe à l'eau suite à des désaccords entre les deux maestros.

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A la fin des années 90 il est envisagé par les producteurs qu'il réalise et écrit le film "Resident Evil" (1999). Un projet qui le tenait à coeur, à tel point qu'il a demandé à un assistant de jouer aux deux premiers jeux vidéos et de les enregistrer afin d'écrire un scénario en corrélation. Malheureusement son scénario est pourtant refusé. Depuis on sait que c'est Paul W.S. Anderson qui a repris la saga à son compte.

 

Après de nombreuses années dans les coulisses il revient enfin avec "Bruiser" (2000 - ci-dessus), sorte de variations sur l'homme-invisible couplé à un revenge movie mais le succès n'est pas au rendez-vous.

Il revient alors à ce qui a fait son succès. Il signe donc "Land of the Dead" (2005 - ci-dessous) avec cette fois, et pour la première fois, des stars en tête d'affiche avec Dennis Hopper, John Leguizamo et Asia Argento. Cette fois Romero insiste encore plus sur la critique de la société, mais dans un style aussi moins subtil.

Il enchaine aussitôt avec "Diary of the Dead" (2007 - ci-(dessous) où il reprend à son compte la mode du Found Footage (les héros tourne également leur propre aventure). mais cette fois sans stars. Il enchaine enfin avec "Survival of the Dead" (2009) qui n'est rien d'autre que la suite directe au précédent avec notamment le prologue du colonel.

Son dernier reste à ce jour très confidentiel, il s'agit de "Diamond Dead" (2010) une comédie musical d'horreur avec Rock et Zombies. 

 

En 2014, le réalisateur se fait auteur de bande-dessinée avec "Empire of the Dead" qui sort régulièrement depuis. Il crée ainsi une nouvelle saga de Zombies où, pour la première fois, il réunit Zombies et Vampires.

 

George A. Romero a toujours instillé dans ses films une critique certaine de la société américaine (consommation, racisme, médiatisation...) et la plupart du temps ses histoires se déroulaient dans sa ville de Pittsbugh.

Rappelons et insistons enfin sur le fait que sans George A. Romero il n'y aurait pas de "28 jours plus tard" (2002) de Danny Boyle, ni de "Shaun of the Dead" (2005) de Edgar Wright et encore moins de série comme "The Walking Dead" (2010-...), série d'ailleurs critiquée et fustigée par Romero... 

 

George A. Romero est entré au Panthéon du cinéma, et surtout au Panthéon des Zombies ce dimanche 16 juillet 2017, mort d'un cancer du poumon à l'âge de 77 ans dans son sommeil après avoir visionné une dernière fois son film favori, "L'Homme Tranquille" (1952) de John Ford.