Abdel et la Comtesse (2018) de Isabelle Dorval.

par Selenie  -  10 Mai 2018, 17:05  -  #Critiques de films

Nouveau film de Isabelle Dorval, avec madame José Garcia avec qui elle avait notamment tourné "Rire et Châtiment" (2002). Le film lui fut proposé par les producteurs-scénaristes Amélie De Chassey et Pierre Kubel, ce dernier étant connu notamment pour son travail sur "La Première Etoile" (2009) et "La Deuxième Etoile" (2017) de et avec Lucien jean-Baptiste, ce dernier faisant un caméo en fin de film. On suit donc une comtesse qui doit faire face à une succession difficile alors même qu'elle rencontre un délinquant issu d'une cité.

La comtesse est interprétée Charlotte De Turckheim, elle-même étant de la noblesse alsacienne et renoue avec son statut qu'elle avait déjà abordé dans son film "Les Aristos" (2006). Le jeune délinquant est joué par le méconnu Amir El Kacem, lancé par le film "Une Histoire de Fou" (2014) de Robert Guédiguian et également en salle actuellement dans "Comme des Rois" (2018) de Xabi Molia et trouve là son premier rôle principal. La fille de la comtesse est jouée par Margaux Chatelier, vue dans la trilogie "Belle et Sébastien" (2013-2015-2018), l'amie est jouée par Sam Karman et la gouvernante par Anne Consigny. L'histoire se base sur le choc des cultures et des générations et insiste aussi beaucoup sur la définition qu'on peut avoir du sens de l'honneur. Le tout est d'être capable de croire à ce sens de l'honneur chez les délinquants des cités. Il faut aussi croire à un délinquant qui serait un véritable pro de l'art, au point d'être aussi impressionnant qu'un véritable antiquaire. Passées ces deux conditions, la comédie est plutôt plaisante grâce notamment à la jolie osmose entre Charlotte De Turckheim et Amir El Kacem. Le scénario lui-même reste parfaitement convenu et sans surprise. Pas d'audace sur le fond, encore moins dans la forme. Très politiquement correct et démagogique, accumulant ainsi les clichés que ce soit vis à vis des aristos ou des jeunes de cité. Tout n'est pas à jeter, il y a une sincérité qui transparaît. On notera également des aberrations comme le mandat de perquisition qui n'a jamais existé en France. Mais heureusement, outre l'entente du duo Turckheim-El Kacem, le niveau humour est plutôt efficace.

Les meilleurs moments du film sont tous dans les face-à-face entre les deux personnages principaux, l'apprentissage et l'échange entre le délinquant et la comtesse sont particulièrement drôles. Pour l'anecdote, le tournage a eu lieu au Château de Blossac, à côté de Rennes (35). Une comédie parfois maladroite, au propos sans doute un peu trop ambitieux au vu du scénario simpliste mais on passe un moment agréable grâce aux joutes d'apprentissage entre la comtesse et Abdel.

 

Note :                 

12/20

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