Tulip Fever (2018) de Justin Chadwick

par Selenie  -  2 Août 2018, 16:25  -  #Critiques de films

Ce film de 2017 est une des dernières productions du désormais paria Harvey Weinstein, il est même presque étonnant qu'il soit toujours crédité pour ce projet qui  a connu également plusieurs rebondissements dans sa production depuis sa mise en chantier. Cette adaptation du roman éponyme (1999) de Deborah Moggach devait à l'origine être tourné dès 2004 avec le réalisateur John Madden aux commandes et les stars Keira Knightley et Jude Law. Après une réforme fiscale le film fut stoppé et il aura fallu attendre une douzaine d'années avant de revoir le projet relancé. Cette fois le réalisateur est Justin Chadwick, abonné aux films historiques après "Deux Soeurs pour un Roi" (2008) et "Mandela : un long chemin vers la Liberté" (2013) tandis que le scénario est co-signé par la romancière et Tom Stoppard auquel on doit les scénarios de "Shakespeare in Love" (1999) de John Madden et "Orgueil et Préjugés" (2006) de Joe Wright. Le casting offre quelques surprises, on notera notamment que la grande dame Judi Dench jouait déjà dans les deux films précédemment cités mais aussi dans "Indian Palace" (2012) de John Madden dont le scénario fut signé de Deborah Moggach.

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Les deux rôles féminins principaux sont incarnés par Alicia Vikander et Holliday Grainger qui s'étaient déjà croisées en costume dans "Anna Karénine" (2012) de Joe Wright. Les deux rôles masculins principaux sont eux interprétés par Christoph Waltz qui retrouve le 17ème siècle après "Les Trois Mousquetaires" (2011) de Paul W.S. Anderson, puis Dane DeHaan qui change littéralement de genre après "Valerian et la Cité des Mille Planètes" (2017) de Luc Besson retrouvant ainsi sa partenaire Cara Delevingne. Et enfin, dans des rôles plus secondaires mais cruciaux, on retrouve Zach Galifianakis qui est d'habitude plus habitué aux comédies comme le récent "Les Espions d'à côté" (2017) de Greg Mottola, et Jack O'Connell qui a bien du mal a décollé malgré son talent et sa révélation dans "71" (2014) de Yann Demange et "Les poings contre les Murs" (2014) de David MacKenzie... 1636-1637, en Hollande alors en pleine tupilomanie (Tout savoir ICI !), des femmes et des hommes vont avoir leur destin en commun, se croiser et s'entrecroiser entre amour, passion et la folie spéculative autour des tulipes. Dans un contexte économico-historique majeur, des destins vont être chamboulés. Au premier abord on s'attend à un drame romanesque avec un triangle amoureux classique, un vieil époux étant trompé par sa belle et jeune épouse avec un jeune artiste peintre embauché par l'époux. Mais très vite on s'aperçoit que les rôles principaux ne sont pas obligatoirement ceux qu'on croit et on constate vite que le triangle amoureux a des ramifications et des conséquences bine plus complexes. C'est là le point fort du film, s'éloignant du récit classique de la belle et jeune bourgeoise qui trompe son vieux mari et son temps dans les bras d'un jeune plus fougueux.

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Le scénario ne se focalise jamais trop sur le triangle originel mais partage judicieusement la narration entre les différents protagonistes (à l'exception notable de la fille jouée par Cara Delevingne, très secondaire) avec, en prime, des rebondissements bien vus qui pourront même surprendre certains. On peut cependant rester perplexe sur une partie où un subterfuge s'avère tout de même trop peu vraisemblable. D'un point de vue historique la reconstitution est soignée avec une mise en valeur du bleu pas anodine. Des décors idéaux et des costumes sublimes parfaitement photographiés. On pourrait pinailler sur quelques précisions vis à vis de la spéculation tulipomaniaque mais ça n'est effectivement qu'un détail, le contexte restant en arrière-plan. S'il manque sans doute un peu de souffle et d'ampleur cela demeure un bon et beau film historico-romanesque.

 

Note :                   

 

14/20

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Siloé 26/08/2018 19:05

C'est très beau, cruel, mais très beau.
Les décorateurs ont du vraiment apprécier travailler sur ce projet.