Le Meilleur Reste à Venir (2019) de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière

par Selenie  -  23 Juillet 2020, 14:02  -  #Critiques de films

On se souvient de l'excellent "Le Prénom" (2012) du même duo, voici donc le second long métrage de Matthieu Delaporte et Arnaud de La Patellière, sans compter le thriller "Un Illustre Inconnu" (2014) de Matthieu Delaporte en solo mais au scénario co-signé par son acolyte. Rappelons également que le duo est co-scénariste des succès "Papa ou Maman 1 et 2" (2014-2015) de Martin Bourboulon. Pour cette nouvelle histoire le duo se sont fortement inspiré du livre "La Méthode Schopenhauer" (2005) de Irvin Yalom dans lequel un psychologue apprend qu'il a un cancer de la peau. Matthieu Delaporte précise : "J'ai un choc, car la description qu'il en fait correspond très précisément à un grain de beauté que j'ai sur la jambe. Alex, à qui je confie mon inquiétude, me supplie alors de foncer chez un dermato... Je vais donc en voir un au bout de la rue. Je lui explique ce qui m'arrive. Il me dit, "Déshabillez vous, je vais vous rassurer." Je m'exécute et, comment dire... À la tête du type, je comprends, que j'ai un gros problème. Je dois être opéré d'urgence ! L'opération se déroule bien mais je dois patienter un mois avant d'avoir les résultats des analyses... En gros, si, comme dans le livre, le mélanome s'est propagé, j'y reste. Sinon, je suis sauvé. C'est un suspens assez particulier (rires)."...

Arthur et César, deux quinquagénaires, sont amis depuis l'adolescence malgré leurs personnalités différentes. Suite à un quiproquo l'un et l'autre sont persuadés que leur ami est condamné par un cancer. Chacun décident alors de tout faire pour que les derniers mois soient inoubliables... Les deux rôles principaux sont incarnés par deux acteurs aussi différents que leurs personnages respectifs, Patrick Bruel et Fabrice Luchini. Les deux acteurs se retrouvent donc plus de trois décennies après "P.R.O.F.S." (1985) de Patrick Schulmann. Bruel retrouve les deux cinéastes après "Le Pénom", mais Luchini les retrouvent aussi après les avoir eu comme "co-producteurs" du premier film de sa fille à savoir "Sweet Valentine" (2010) de Emma Luchini. Cette même année on a pu voir Luchini dans le sympathique "Le Mystère Henri Pick" (2019) de Rémi Bezançon, puis Bruel pour un caméo dans "Holy Lands" (2019) de Amanda Sthers. Pour les rôles féminins, le trio Bruel-Delaporte-La Patellière retrouve après "Le Prénom" l'excellente Pascale Arbillot vue récemment dans "Miss" (2020) de Ruben Alves et "Balles Perdues" (2020) de Guillaume Pierret, et on remarquera la moins connue Zineb Triki vue dans "La Lutte des Classes" (2019) de Michel Leclerc... Un quiproquo au sein d'une amitié, une base vu et revu, complètement éculé même souvent traité dans un film choral comme "Le Coeur des Hommes" (2003) de Marc Esposito ou "Les Petits Mouchoirs" (2010) de Guillaume Canet pour ne citer que les récents et populaires.

Néanmoins le duo Delaporte-La Patellière ont assez de talent pour signer un scénario qui ne manque ni d'idées ni de subtilités même si ce n'est pas toujours idéal. D'abord le film prend un peu trop de temps à démarrer, l'histoire ne devant réellement intéressante qu'après la scène amenant justement le malentendu. Ce dernier est un peu tiré par les cheveux mais n'est-ce pas l'apanage de tout point de départ comique ?! En tous cas la suite permet une cohérence dans l'évolution du récit avec une régularité judicieuse. On est plus agacé par la sempiternelle et omniprésente touche bobo parisien qui parasite quasi toutes les comédies françaises ; à croire qu'il n'existe en France rien d'autre que le parisianisme bourgeois ! L'autre bémol vient de l'idylle de Luchini avec une beurette à laquelle on ne croit pas une seconde parce qu'elle survient trop facilement et malgré le charme de Zineb Triki. Mais on s'attache à ce duo qui fonctionne à merveille, leurs différences étant leur force pour ce mixte buddy movie road movie franchouillard. C'est plutôt drôle, c'est émouvant même si on tombe un peu trop dans le pathos à la fin pour un récit qui accumule le cahier des charges du genre. Rien d'exceptionnel mais la sauce prend grâce à un scénario solide, parfaitement calibré pour le plus grand nombre. Une comédie populaire et familial auquel il manque un peu d'audace et de gags plus efficaces pour vraiment sortir du lot. Ca reste un bon moment à défaut de surprendre.

 

Note :                

 

14/20

 

 

Pour info bonus, Note de mon fils de 11 ans :               

14/20

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