T'as Pécho ? (2020) de Adeline Picault

par Selenie  -  6 Août 2020, 08:00  -  #Critiques de films

Premier long métrage de Adeline Picault après son court métrage "Gardiennes" (2017). Son projet porte sur une question qui l'obsèderait depuis son adolescence : "Je suis humainement fascinée par ceux qui prétendent, sur un  sujet aussi mouvant et poétique que l'amour, qu'il n'y a qu'une seule et bonne manière de faire. Comment peut-on être aussi affirmatif alors que l'amour échappe à toute loi ?..."... La réalisatrice signe également le scénario de son histoire dont la thématique renvoie forcément à un sous-genre qui a déjà offert de nombreux films plus ou moins réussis. Mais on peut constater que la "petite adolescence" (12-15 ans) a surtout été abordé chez les filles de "Diabolo Menthe" (1977) de Diane Kurys à "Lol" (2009) de Liza Azuelos en passant par "La Boum" (1982) de Claude Pinoteau et "L'Effrontée" (1985) de Claude Miller, tandis que chez les gars on se souvient surtout du succès de "Les Beaux Gosses" (2009) de Riad Sattouf...

Arthur 15 ans tombe en pamoison devant Ouassima, belle collégienne sûre d'elle mais ne sachant pas comment draguer il préfère lui demander de donner des cours de drague sur comment "pécho" à lui et ses potes en échange de 10 euros la leçon... Les quatre copains qui n'ont donc jamais "pécho" sont interprétés par Paul Kircher / Arthur fils des acteurs Jérôme Kircher et Irène Jacob dans son premier rôle, Renély Alfred / Guigui aperçu dans "La Mélodie" (2017) de Rachid Hami, Théo Gross / Aubin aperçu dans "Les Bonnes Intentions" (2018) de Gilles Legrand et Max Fidèle/Samir repéré lors d'un casting sauvage Foire du Trône à Paris dans sa première expérience du genre. La belle Ouassima est incarnée par Inès d'Assomption / Ouassima qui a obtenu le rôle principal dans le court métrage "Une Vie Ordinaire" (2016) de Sonia Rolland. Les adultes sont joués par Ramzy Bédia qui accumule les bides depuis quelques mois comme "Forte" (2020) de Katia Lewkowitz, "Rendez-vous chez les Malawas" (2020) de James Huth et dernièrement "Les Blagues de Toto" (2020) de Pascal Bourdiaux, Vincent Macaigne vu dans "Chien" (2018) de Samuel Benchetrit et "Doubles Vies" (2019) de Olivier Assayas, puis Sophie-Marie Larrouy humoriste déjà aperçu dans "Embrasse-Moi !" (2018) de Océan et Cyprien Vial puis dans "Ami-Ami" (2018) de Victor Saint Macary... La réalisatrice-scénariste aborde un sujet si souvent traité au cinéma que la gageure n'est forcément pas simple. Son choix est clairement d'en faire une comédie, un teen movie drôle dont l'humour repose essentiellement sur les dialogues. La cinéaste précise : "Je ne fréquente pas d'ados, mais j'éprouve une affinité particulière pour cette tranche d'âge. J'ai imaginé des répliques poétiques ou drôles, comme lorsque je fais dire à un personnage : "Ca sent le cramé tellement ils sont chauds." Sur le plateau, certains ados validaient une expression : "Ah oui, c'est exactement ça !" quand d'autres restaient perplexes : "ça, je ne comprends pas.""...

Ce qui frappe donc c'est que Adeline Picault avoue ne pas s'être documenté sur la façon de parler des ados, qu'elle ne semble pas avoir écouté ses jeunes comédiens et qu'elle a donc écrit à l'intuition. Etonnant, et surtout dommageable car en imaginant que les ados parlent à coup de punchlines non stop elle retire tout naturel aux jeunes, et qu'à insister sur des dialogues semés de punchlines à tout va on sent le forcing. Ce n'est pas drôle. Ces dialogues ajoutent d'ailleurs à une caricature qui oscille entre ados débiles et/ou situations mièvres. Derrière la légèreté et la fantaisie il y a pourtant certains passages tendancieux, comme une ado qui menace d'accuser un camarade de viol ou décrire la drague comme un simple jeu de dupe entre mensonges et tromperies. Dommage car le film n'est pas dénué de qualités, on pense par exemple à toute la délicaesse d'une première fois, à la révélation Inès d'Assomption (même si le jeune Kircher s'en sort très bien), au rapport mère/fils plutôt original entre Arthur et sa mère... Malheureusement les qualités sont trop minimes comparées au reste souvent pathétique. Sur le sujet, bien que frustrant, il vaut mieux choisir le cinéma anglo-saxon comme par hasard "Le Monde de Charlie" (2013) de Stephen Chbosky/

 

Note :                

 

08/20

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