Desert Moon (2001) de Shinji Aoyama

par Selenie  -  8 Décembre 2020, 11:14  -  #Critiques de films

Après plusieurs films depuis "Helpless" (1996), le réalisateur japonais Shinji Aoyama connaît enfin la reconnaissance internationale au Festival de Cannes avec son film "Eurêka" (2000). Après avoir été également assistant réalisateur de Kiyoshi Kurosawa notamment sur "The Guard from the Underground" (1992), ce succès critique et un bel accueil international lui permet de se lancer aussitôt avec ce nouveau film... Sans doute trop obnubilé par son travail Nagai a perdu sa femme et sa fille qui se sont enfuies. Perdant un peu pied, moins assidu à son travail la start-up qu'il a fondé est au bord de la faillite. tandis qu'il apprend que ses associés tentent un rachat par un concurrent il embauche un inconnu pour retrouver sa femme...

Le casting est composé de vedettes japonaises surtout populaires au Japon, à l'exception notable de quelques seconds rôles qui ont pu être remarqué sur de grands films. Le rôle de Nagai est incarné par Hirsohi Mikami vu dans "Mishima" (1985) de Paul Schrader et "Tockyo decadence" (1996) de Tyu Murakami, son épouse est jouée par Maho Toyota qui retrouvera son réalisateur-scénariste pour "Sad Vacation" (2007) et qu'on verra dans "Samuraï Gangsters" (2008) de Masahiko Tsugawa, et leur fille est jouée par la jeune Yukiko Ikaro qui sera particulièrement remarquée avec le succès mondial du film d'horreur "Dark Water" (2002) de Hideo Nakata. Dans les rôles secondaires, citons Shuuji Kashiwabara vu dans "Blood and Bones" (2005) de Yoichi Sai et "Alien vs Ninja" (2011) de Seiji Chiba, Isao Natsuyagi vu dans plusieurs succès dont "La Femme Scorpion" (1972) de Shun'ya Ito, "Virus" (1980) de Kinji Fukasaku et "Tel Père, Tel Fils" (2013) de Hirokazu Kore-Eda, Kenichi Hagiwara vu dans le monument "Kagemusha" (1980) de Akira Kurosawa, et enfin Itsuji Itao vu entre autre dans "Air Doll" (2009) de Hirokazu Kore-Eda... Nagai se laisser aller depuis le départ de sa femme et de sa fille, mais sa rencontre avec Keechie lui redonne un espoir, ou plutôt l'opportunité de retrouver sa famille. Mais Keechie est un marginal prêt à tout pour du pognon et profite au maximum de ses... opportunités ! Nagai et Keechie sont deux facettes de la société, l'un a tout mais peut aussi tout perdre, l'autre à rien et rien à perdre. La dimension sociale n'est pourtant pas approfondie, le parallèle entre les deux hommes s'arrêtent presque à cette constatation car les personnages de Keechie et de l'épouse évoluent de manière peu cohérente ou peu compréhensive.

En effet, Keechie se voit "contraint" d'une mission plutôt hasardeuse (forcer une famille à se réunir tout en profitant d'une séance de sexe avantageuse), tandis que l'épouse fuit, se réfugie dans un havre de paix mais devient alcoolo ! On ne comprend pas très bien où veut en venir le cinéaste avec ces deux personnages qui agissent finalement de façon trop bizarre, où du moins sans qu'on soit franchement convaincu. Certains passages semblent ainsi bien superflus où étonnament sans conséquence (le meurtre ?!) ce qui crée aussi un rythme saccadée, avec un jeu d'acteur pas toujours inspiré (cabotinage, rire forcé). Sur l'ensemble on pense à une évocation moderne à la Yashiro Ozu ; si ce dernier grand maître du cinéma japonais décryptait avec subtilité l'effondrement des moeurs traditionnels  et notamment de la famille, Shinji Aoyama semble vouloir montrer que mes moeurs ont évolué, pas forcément pour le meilleur mais également avec un once d'optimisme optant pour une solution plus "libertaire" du couple et de la famille tout en rappelant les responsabilité de chacun vis à vis de la société. C'est un peu lourd, voir fastidieux, le film forme un récit dont on perçoit le potentiel et le propos, mais le réalisateur-scénariste complique sans doute son scénario avec des détails inconsistants et une direction d'acteur pas assez précise. Plus pour les détails, on constate plusieurs passages maladroits (fillette qui regarde pas la fenêtre alors que l'agencement de la maison ne lui permet pas de voir, monsieur qui enfile des chaussures déjà lacées...). En conclusion, un drame social qui part un peu trop dans tous les sens, qui finit par ennuyer tout simplement tant on ne comprend pas ses personnages, sans compter la partie "société" dont on se moque royalement. 

 

Note :            

 

09/20

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