Deuil spécialement triste : Annie Girardot nous a quitté

par selenie  -  1 Mars 2011, 00:10  -  #Décès de star - Bio

Nous venons tout juste d'apprendre le décès d'uen de nos plus grandes actrices d'après-guerre. Annie Girardot est décédée à l'âgede 79 ans à l'hôpital Lariboisière à paris.

Annie Girardot est née en 1931 à Paris d'une mère sage-femme et d'un père déjà marié à une autre et qui ne le reconnaitra pas. Elle part pour Caen pour devenri comme sa maman sage-femme. Mais très vite elle se passionne pour la comédie et elle sera élève au Conservatoire de la Rue Blanche (devenu depuis Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre) à partir de 1949. A côté elle travaille pour différents cabarets sousle nom de Annie Girard notamment à La Rose Rouge, Montmartre ou encore au Lapin Agile...  Elle participe également à des revues avec la troupe de Robert Dhéry.

Elle sort du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique en 1954 avec deux prix et est engagée à la Comédie Française. Pour son interprétation dans la pièce "La machine à écrire" en 1956 aux côtés de Robert Hirsch est remarquée par Jean Cocteau qui dit d'elle alors : "le plus beau tempérament dramatique d'après-guerre".

http://storage.canalblog.com/05/50/415672/35278948.jpg

Elle débute avec des apparitions en 1950 mais son premier vrai rôle sera dans "Treize à table" (1955) de André Hunebelle où elle joue aux côtés de Micheline Presle. Elle y est remarquée et sera choisie pour donner la réplique à Jean Gabin dans deux films, "Le rouge est mis" (1957) de Gilles Grangier (photo ci-dessus) et "Maigret tend un piège" (1958) de Jean Delannoy.

Elle démissionne de la Comédie Française afin de se consacrer au grand écran essentiellement. En 1958 elle sera dirigée dans une pièce de théâtre pourtant, par un des plus grands cinéastes du cinéma à savoir Luchino Visconti pour la pièce "Deux sur une balançoire" dans laquelle elle joue avec Jean Marais.

Cette rencontre est décisive puisque ce même Luchino Visconti offre un rôle à Annie Girardot dans ce qui reste un énorme chef d'oeuvre du septième art (photo ci-dessus et ci-dessous). Dans "Rocco et ses frères" (1960) elle croise Alain Delon mais aussi Renato Salvadori qui deviendra son époux en 1962 et ce, jusqu'en 1988 date de la mort de Renato. Ils ne divorceront jamais malgré les violences conjugales mais se sépareront dans les années 70.


Elle tourne alors aussi bien en France quand Italie... "La proie pour l'ombre" (1961) de Alexandre Astruc, "Les camarades" (1963) de Mario Monicelli, "Le vice et la vertu" (1963) de Roger Vadim, "Le mari de la femme à barbe" (1963) de Marco Ferreri, "Erotissimo" (1968) de Gérard Pirès (photo ci-dessous), "La bande à Bonnot" (1968) de Philippe Fourastié, "Dillinger est mort" (1969) de Marco Ferreri...

http://img341.imageshack.us/img341/3558/erotissimo05.jpg

C'est pendant les sixties qu'elle rencontre un de ses réalisateurs fétiches avec "Vivre pour vivre" (1967) de Claude Lelouch ; suivront "La vie, l'amour, la mort" (1969), "Un homme qui me plait" (1969).

Annie Girardot touche à tout et grâce aux seventies elle va tourner dans des films plus populaires, plus grand public. C'est la décennie de la consécration.


Elle joue dans une comédie culte de cette époque, "La vieille fille" (1971) de Jean-Pierre Blanc avec Philippe Noiret. Elle tourne pour Michel Audiard dans "Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais... elle cause" (1970) et "Elle cause plus... elle flingue" (1972) - (photo ci-dessus).

Dans "Traitement de choc" (1972) de Alain Jessua elle a pour partenaire Alain Delon qui ne sera pas tendre avec elle ; il ne simule pas les claques qu'elle prend !

Elle est du casting de "La gifle" (1974) de Claude Pinoteau, elle retrouve Delon pour "Le gitan" (1974) de José Giovanni. Elle est aussi dans "Tendre poulet" (1978) de Philippe De Broca, "La clé sous la porte" (1978) de Yves Boisset, elle joue avec De Funès dans "La zizanie" (1978) de Claude Zidi, elle joue dans "Le grand embouteillage" (1979) de Luigi Comencini...

Entre 1967 et 1980 Annie Girardot, actrice populaire par excellence, va s'imposer dans 20 films à plus de 1 millions de spectateurs ! A l'époque il n'y a guère que Alain Delon et Jean-Paul Belmondo pour faire mieux.

En 1977 elle reçoit le César de la Meilleure actrice pour "Docteur Françoise Gailland" (1976) de Jean-Louis Bertucelli.

http://img222.imageshack.us/img222/5825/26291665.jpg

Le temps passe et malgré qu'elle est tournée avec les plus grands Annie Girardot n'est pas demandé par les réalisateurs les plus jeunes. Même François Truffaut lui adressa une lettre désavouant le travail fait sur le film "Mourir d'aimer" (1971) de André Cayatte (photo ci-dessus) ; ce rôle restera pourtant un de ses plus beaux.

Malgré elle sans doute Annie Girardot incarne la femme et la féminité en incarnant souvent des personnages généralement destinés aux hommes comme flic, reporter, médecin... Une femme nouvelle que les féministes ont repris comme un emblème ; à l'insu de son plein gré peut-être.

En 1980 Annie Girardot désire sortir un disque. Un certain Bob Decout est engagé pour écrire des chansons. Au final cet homme de 17 ans son cadet va devenir son compagnon jusqu'en 1993. Cet homme est sans doute la cause du début de la fin. Avec ce dernier elle monte deux spectacles qui la ruine complètement. La rumeur circule comme quoi elle se droguerait et que Bob decout n'est qu'un gigolo qui abuse de la bonté de Annie Girardot... Le cinéma va faire appelle à elle de moins en moins souvent.

Elle tourne régulièrement mais beaucoup moins et des films moins important malgré la fidélité de Claude Lelouch pour qui elle tourne dans "Partir revenir" (1985) et "Il y a des jours et des lunes" (1990). C'est encore ce dernier qui va la remettre en selle avec "Les misérables" (1995) où son personnage de Mme Thénardier va lui offrir le César 1996 du meilleur second rôle féminin. On se souvient tous de son allocution lors de la remise où en larme Annie Girardot clame son amour au cinéma tout en espérant que le cinéma l'aime encore (lien CESAR 1996).

Elle gagne le même César en 2002 pour "La pianiste" (2001) de Michael Haneke dans le rôle d'une mère étouffante.

http://www.letelegramme.com/images/2011/02/28/1221644_girardot.jpg

Le théâtre sera toujours présent dans la carrière de Annie Girardot. En 1974 elle connait un véritable triomphe dans la pièce "Madame Marguerite". Cette pièce devient son rôle fétiche et elle le reprendra jusqu'en 2002 ; date à laquelle elle est lauréate du Molière pour ce même rôle par Alain Delon (photo ci-dessus).

C'est en 2006 que la France apprend que Annie Girardot est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle serait malade depuis plusieurs années déjà. En 2007 Giulia Salvatori, sa fille, publie une biographie "La mémoire de ma mère" où elle consigne les souvenirs de sa maman.

Dans la comédie "Je préfère qu'on reste amis..." (2005) de Eric Toledo et Olivier Nakache Annie Girardot interprète une femme atteinte de la maladie d'Alzheimer.

En septembre 2008 TF1 diffuse le documentaire "Annie Girardot Ainsi va la vie" de Nicolas Beaulieu. Ce documentaire suit la vie de Annie Girardot dans son quotidien avec la maladie pendant huit mois. Un documentaire poignant et déchirant à voir absolument. Le tournage ne put aller jusqu'au bout suite à l'hospitalisation de Annie Girardot, elle vit de 2008 à sa mort en chambre médicalisée.

En 2010, lors d'une journée mondiale contre la maladie d'Alzheimer, Giulia Girardot déclare qu'Annie Girardot ne se souvient plus du tout d'avoir été une actrice.

Annie Girardot est morte ce lundi 28 février 2011.

Il est presque désolant de constater qu'une de nos plus grandes actrices (en tous cas l'une de mes 5 préférées) est choisit de partir seulement 2 jours à peine après la cérémonie des Césars... 

http://www.cinereves.com/photos/annie%20girardot%20rocco.JPG

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

rimbault 05/03/2011 19:54

Merci pour ces grands moments de cinemaMme GIRARDOTfaisait faisait partie des geants du cinema FRANCAIS comme GABIN VENTURA NOIRET et tant d autres elle restera a jamais dans nos memoires au revoir Madame

Elizabeth ROUX 05/03/2011 19:34

liste noireJ'ai adoré ce film ou ANNIE était la maman d'une jeune fille partie dans un accident de la route ! J'ai pleuré mais c'était tellement vivant. Au revoir, ANNIE, nous ne vous oublierons jamais, GIULIA, vous êtes son portrait craché, vous êtes magnifique !

Babeth de Saint-Brieuc

Winslow 01/03/2011 18:39

Une actrice française INOUBLIABLE !

eelsoliver 01/03/2011 09:06

Immense actrice du cinéma français: j'avais vu un reportage sur elle et sa maladie. Sincèrement, ça fait vraiment mal de voir quelqu'un sombrer de cette façon. RIP Annie !