L'alcoolisme au cinéma : partie 1

par selenie  -  28 Septembre 2009, 06:00  -  #Le cinéma par thèmes

Après avoir vu "Le dernier verre pour la route" (2009) de Philippe Godeau qui vient de sortir je me suis dit qu'effectivement le thème de l'alcoolisme est une chose rare au cinéma. L'alcoolisme et les alcooliques sont légions dans les films mais le traitement, le fond du problème, l'alcoolisme comme base du film est extrêmement rare.

Je n'ai pas trouvé plus de 10 films qui aient l'alcoolisme comme base de leur intrigue !

 Ray Milland, Billy Wilder dans Le Poison (Photo Christophe L)

Le premier, et d'importance, est "Le poison" (1945) de Billy Wilder. Birnam (Ray Milland impérial) est alcoolique et passe sa vie dans les bars. Il sera sauvé grâce à l'amour de sa femme (Jane Wyman). Ce film est un des premiers qui traite le problème de fond avec en prime le premier prix d'interprétation du Festival de Cannes pour Ray Milland en 1946.

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Sans être vraiment au sein de l'histoire il y a "Les orgueilleux" (1953) de Yves Allégret sur la rencontre entre une veuve (Michèle Morgan) et un médecin alcoolique (Gérard Philippe) dans un Mexique saigné par une épidémie. Ce film magnifique est toutefois plus proche du film sentimentale que l'érotisme et la sensualité ambiante ont contribué à son succès et à sa postérité.

Un autre film français frôle le sujet, "Gervaise" (1956) de René Clément raconte la rencontre entre Gervaise (Maria Shell) blanchisseuse qui élève seule ses deux enfants avec Coupeau un homme travailleur jusqu'au jour où Coupeau se met à boire... Comme beaucoup de film ici il s'agit surtout du quotidien de Gervaise, de sa malchance qui la conduira à souffrir encore avec ce nouvel homme.

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Cette même année 1956 un autre film touche déjà plus au problème avec "Le disque rouge" (photo ci-dessus à gauche) de Pietro Germi. Un conducteur de train (Germi lui-même) s'enfonce dans l'alcool mais sera soutenu par sa femme.

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Une petite parenthèse pour un film qui reste pour moi le meilleur du genre western... "Rio Bravo" (1959) de Howard Hawks n'est pas un film sur l'alcoolisme mais je ne pouvais passer à côté de l'une des meilleurs composition d'alcoolique avec le personnage de Dude  l'adjoint alcoolique de Chance (John Wayne) joué par un Dean Martin génial qui joue à merveille les subtilités et les humiliations que lui valent sa soif maladive. L'intrigue reste le plus beau des westerns. Ce rôle a son importance et surtout Dude reste l'un des plus beaux rôles d'alcoolique du cinéma.

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Un film français culte arrive après "Rio Bravo" ... "Un singe en hiver" (1962) de Henri Verneuil servi par des dialogues magnifiques d'Audiard. Albert Quentin (Jean Gabin génial) promet à sa femme (Suzanne Flon splendide entre fatalisme et compréhension) d'arrêter de boire mais c'était sans compter sa rencontre avec Fouquet (Belmondo) un jeune qui rêve de liberté totale et de voyage. Quentin s'y reconnait et se laisse tenter par la nostalgie et une deuxième jeunesse. Le film ne parle pas à proprement parler d'alcoolisme, l'alcoolisme reste un drame mais ici le film prend le parti d'accompagner deux hommes dans leur pérénigration tels deux gosses parti faire les 400 coups.

 Blake Edwards dans Le Jour du vin et des roses (Photo)

Cette même année "Le jour du vin et des roses" (1962) de Blake Edwards revient plus an centre du problème. Joe (Jack Lemmon trop rare dans ce genre de compo), un alcoolique, épouse Kirsten (Lee Remick) et devient le papa d'une petite fille. Avec sa petite famille il s'arrête de boire. Mais l'abstinence ne dure pas longtemps et il entraine dans sa déchéance son épouse... Un très bon film étonnament peu hollywoodien avec une vision très juste des problèmes d'alcoolisme.

Après ces deux magnifiques films on peut dire que l'alcoolisme comme fond d'un film traverse une traversée du désert non négligeable. L'époque qui suit 62, Viet-nam, ségrégation, décolonisation, guerre froide, époque 68-69... etc... font que l'alcoolisme est peut-être un problème qui tombe en désuétude. Il faut attendre les années 80 avant de retouver des films dignes d'intérêt...

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"Notre histoire" (1984) de Bertrand Blier raconte la rencontre aventureuse entre une jeune femme (Nathalie Baye) et un alcoolique (Delon). Suite à cette rencontre l'homme s'incruste dans la vie de la jeune femme... Malgré des dialogues bien écrits le film peut en laisser plus d'un sur le côté, c'est du Blier et on sait que le casting ne fait pas toujours tout.

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"Au-dessous du volcan" (1984) de John Huston raconte la déchéance d'un ex-consul (Albert Finney dans un de ses meilleurs rôles) après que sa femme l'ai quitté (Jaqueline Bisset tellement belle). Le fait que le film se déroule au Mexique apporte une ambiance spéciale qui mènera au drame attendu... Un film trop méconnu du géant John Huston (qui s'y connaissait en biture !) que n'aurait pas renié un Hemingway par exemple.

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Le dernier des années 80 est "Barfly" (1987) de Barbet Schroeder. Le film retrace une aprtie de la vie du célèbre poète Charles Bukowski (aussi scénariste de ce film). Bukowski (Mickey Rourke impérial) passe son temps entre ses deux amours Wanda (Faye Dunawaye) et l'alcool... Entre Bukowski et l'interprétation de Rourke le film reste un film culte.


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eelsoliver 07/10/2009 11:17

certes...

selenie 02/10/2009 16:54

Je suis d'accord avec toi mais lorsque je dis culte je ne dis pas génie ou chef d'oeuvre... Je ne vais pas recommencer (j'ai déjà écrit un artcile sur le "culte") mais "Barfly" est culte dans le fait qu'il a marqué une époque et que Bukowski est une icône de la littérature contemporaine... Sur le même niveau "9semaine 1/2" est aussi un film culte et pourtant qu'y a-t-il à part une liaison classique et la sensualité de Basinger ?!

eelsoliver 30/09/2009 23:09

ouais film culte... pr barfly, disons que ce sont juste deux acteurs en train de picoler pendant tout le film. Je caricature un pue mais sincèrement, je ne vois ce que ce film a de culte. Y'aurait pas Faye dunaway et Rourke, tout le monde s'en moquerait.