Le milieu carcéral, prison et pénitencier : années 30-60

par selenie  -  14 Septembre 2009, 13:49  -  #Le cinéma par thèmes

Dans le cinéma le milieu carcéral a toujours été très présent ; à l'instar du film de procès le film "de prison" est un genre en soi. Souvent un film sur la prison se sert d'une intrigue plus ou moins simple afin de ne pas se disperser.

La plupart des films sur le milieu carcéral veulent en faire une description réaliste et montrer l'envers du décor. Les premiers films sur le sujet appuient là où ça fait mal le quotidien des prisonniers, on s'en doute, était surement plus difficile qu'aujourd'hui....

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"Je suis un évadé" (1932) de Mervyn Le Roy (photo en haut gauche) et "Je n'ai pas tué Lincoln" (1936) de John Ford (photo en haut droite) raconte le quotidien d'un prisonnier qui subit les brimades et humiliations des gardiens du pénitencier. Dans le film de Ford on partage d'autant plus les souffrances qu'on le sait innocent du crime dont on l'accuse.

 Bette Davis, Spencer Tracy, Michael Curtiz dans Vingt mille ans sous les verrous (Photo Christophe L)

"20000 ans sous les verrous" (1932) de Michael Curtiz est un superbe film noir. Tom Connors (Spencer Tracy) est un dur à cuir qui ne veut pas se plier au système croyant sortir rapidement grâce à son avocat véreux. Cependant le directeur, dur mais honnête, arrive à assagir petit à petit le détenu. Tom apprend que sa fiancée Fay (Bette Davis) a eu un accident de voiture il part la voir après une permission. Mais chez Fay il tombe nez à nez avec le responsable de son emprisonnement, l'avenir va s'en trouver changer...

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"A chaque aube je meurs" (1939) de William Keighley est d'abord un film noir  mais l'univers du pénitencier a toute son importance. Frank Ross (James Cagney impressionnant) jeune journaliste s'est attaqué à un politicien véreux et se retrouve condamné à 20 ans de travaux forcés. Il fait connaissance avec "Hood" Stacey (Georges Raft) un caïd respecté. Entre les gardiens brutaux et les injustices il devient l'ami de Stacey et passe un marché avec lui afin qu'il l'aide à l'innocenter... Tout ne se passera pas ciomme prévu...
"Un chant d'amour" (1950) de Jean Genet dont j'ai déjà parler dans mon article sur l'homosexualité, raconte la relation entre deux prisonniers et le gardien qui les épie.

 Burt Lancaster, Hume Cronyn, Jeff Corey, Jules Dassin dans Les Démons de la liberté (Photo)

"Les démons de la Liberté" (1947) de Jules Dassin raconte la lutte entre un détenu (Burt Lancaster) et son maton pendant qu'il échafaude un plan d'évasion. Il semble que le film carcéral ne soit pas un genre très répandu avant les années 70 ; la fin des années 60 on dû aussi libérer une certaine conscience collective sur le sujet.

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Les années 50 offrent trois films sur des prisons de femmes... "Caged" (1950) de John Cromwell raconte la détention de Marie Allen (Eleanor Parker) emprisonnée pour avoir volée 40 dollars. Elle doit subir le système de déshumination et d'humiliation du milieu carcéral. Un film noir superbe, sans doute le premier film aussi vrai sur la détention du point de vue féminin.

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Un film de prison sur les femmes, "Femmes en prison" (1955) de Lewis Seiler. Dans une prison les détenues doivent survivre malgré une matonne particulièrement sévère. Film avec Ida Lupino a ne pas confondre avec "Prison de femmes" (1938) de Roger Richebé, film français avec Renée St Cyr et Viviane Romance... Ce dernier film ayant un titre inadéquate puisque le film repose essentiellement sur l'après prison et le mariage de l'héroïne avant que son passé caché ne soit divulgué.

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"Je veux vivre" (1958) de Robert Wise raconte la prison du point de vue unique du couloir de la mort. Barbara Graham (Susan Hayward dans un de ses meilleurs rôles) attends son exécution tandis qu'un journaliste tente par tous les moyens de prouver son innocence avant la date fatidique. Ce film occulte un peu trop les conditions de détention mais la détresse de Barbara au fur à mesure que la date approche reste un point fort non négligeable.

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"Le trou" (1960) de Jacques Becker retrace le plan d'évasion de 5 détenus qui, pour se faire, creuse un tunnel. Michel Constantin y trouve un de ses premiers rôles important et Jean-Pierre Melville considérait ce film comme "le plus beau film français".

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"Le prisonnier d'Alcatraz" (1962) de John Frankheimer raconte l'histoire de Robert Stroud, condamné à perpétuité. Après avoir recueilli un oiseau il devient passionné de ornithologie mais c'est sans compter sur le directeur de la prison (Karl Malden). D'après une histoire vraie malgré un embellissement sur la personnalité réel de Robert Stroud.

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Durant la période des années 30-60 le cinéma est plus interessé par les prisons en temps de guerre, les exemples sont beaucoup plus nombreux. D'abord le film de référence français, "Un condamné à mort s'est échappé" (1956) de Robert Bresson ; un Lieutenant enfermé par les allemands au Fort de Montluc s'échappe avec un autre prisonnier.

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"Stalag 17" (1953) de Billy Wilder raconte comment des prisonniers d'un stalag recherche un traitre parmi eux qui fait avorter toutes les tentatives d'évasion. Un des meilleurs rôle de William Holden.

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Il y a évidemment le chef d'oeuvre de David Lean "Le pont de la rivière Kwaï" que tout le monde connait. Chef d'oeuvre souvent copier jamais égaler... "Furyo" (1982) de Nagisa Oshima et "Chung Kaï" (2001) de David Cunnigham en sont les plus prestigieux copieur.

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"La grande évasion" (1962) de John Sturges reste également un summum du genre. Son casting impressionnant (Steve McQueen en tête suivi entre autres de James Garner, Charles Bronson, Donald Pleasance... etc...) et ses scènes de bravoure en on fait un succès mérité.

Dans un autre genre le magnifique film de Sidney Lumet serait à mettre dans ce même groupe ; "La colline des hommes perdus" (1965) raconte comment des officiers tentent de transfomer 6 soldats en "vrais hommes" dans un camp disciplinaire allié durant la seconde guerre mondiale. Une guerre psychologique, dure et âpre s'installe entre les hommes et leurs geôliers.


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selenie 19/09/2009 18:06

bien vu... Encore un billet sur les années 90 avant d'arrivée à notre année... Patience !

eelsoliver 16/09/2009 14:02

Etonnant que tu ne fasses pas un parallèle avec le dernier film d'Audiard, un prophète. Après oui, je sais, tu vas me répondre que c'est un billet sur les films des années 30 à 60...