Judas Kiss (1998) de Sebastian Gutierrez
Premier long métrage de l'americano-vénézuelien Sebastian Gutierrez, réalisateur-scénariste qui écrira aussi pour les autres étant le futur scénariste entre autre de "Gothika" (2003) de Mathieu Kassovitz, "Des Serpents dans l'Avion" (2006) de David Richard Ellis ou "The Eye" (2008) de David Moreau et Xavier palud. Mais avant de signer ses propres films son premier projet fait suite à une vidéo "Swerve" (1995) après laquelle il retrouve sa productrice-scénariste Deanna Fuller pour un polar au féminin. Le cinéaste précise ainsi : "Je voulais raconter l'histoire d'une femme forte et sexy, la placer au milieu d'un groupe d'hommes et voir ce qui lui arrive. Ce sont de jeunes truands mus par un idéal naïf de rêve américain. Les trois garçons sont très différents les uns des autres mais chacun à sa manière est amoureux de Coco. Je crois que c'est comme ça que ça se passe en réalité. Dans les groupes de guerilla ou de kidnappeurs, il y a toujours une femme qui dirige d'une manière ou d'une autre. Je n'avais pas envie de faire un de ces films noirs actuels qui revendiquent l'influence de la Nouvelle Vague française et des cinéastes de Hong-Kong. J'étais bien plus intéressé par les relations, la sensualité et l'humour qui se développent entre les personnages. (...) Judas Kiss a été largement inspiré par ma lecture compulsive de romans à sensations comme ceux de Jim Thompson ou Barry Gifford qui regorgent toujours de coups du sort et de trahisons. Si pour trouver le financement du film, j'ai insisté sur le fait que c'était un thriller policier, mon ambition secrète était de raconter l'histoire éternelle du personnage de Coco qui reconstitue sa version des événements à l'aide de flashbacks.". Le film remporte le Prix de la Critique au Festival du film policier de Cognac en 1999. Le film est logiquement interdit au moins de 12 ans... Coco et Junior, deux amants escrocs décident de voir plus grand en kidnappant un génie de l'informatique. Pour se lancer dans cette nouvelle opération ils s'associent avec un spécialiste des réseaux de télécommunications et informatiques, puis avec un gros bras à sang chaud. Mais si l'enlèvement réussi Coco est obligée de tuer une femme témoin qui va s'avérer être l'épouse d'un sénateur aussi puissant que véreux. L'enquête est confiée à un policier et à une agent du FBI...
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Les deux amants escrocs sont incarnés par Carla Gugino vue dans "Blessures Secrètes" (1993) de Michael Caton-Jones ou "Snake Eyes" (1998) de Brian De Palma, remarquée plus tard dans "Watchmen" (2009) et "Sucker Punch" (2011) tous deux de Zack Snyder et retrouvera son réalisateur dans "Rise" (2007), "Elektra Luxx" (2010) et "Girl Walks into a Bar" (2011), puis Simon Baker-Denny remarqué dans "L.A. Confidential" (1997) de Curtis Hanson mais qui sera surtout populaire à la télévision avec la future série TV "The Mentalist" (2008-2015). Leurs deux associés sont joués par Gil Bellows remarqué dans "Les Evadés" (1994) de Frank Darabont mais qui est surtout connu pour avoir été le premier amour de "Ally McBeal" (1997-2000), et Til Schweiger vu dans "Un Tueur pour Cible" (1998) de Antoine Fuqua et plus tard dans "Inglourious Basterds" (2009) de Quentin Tarantino ou "Atomic Blonde" (2017) de David Leitch. Les deux enquêteurs sont incarnés par Emma Thompson vue dans "Les Vestiges du Jour" (1993) de James Ivory ou "Au Nom du Père" (1993) de Jim Sheridan, et Alan Rickman vu dans "Piège de Cristal" (1988) de John McTiernan ou "Robin des Bois, Prince des Voleurs" (1991) de Kevin Reynolds, et surtout les deux acteurs sont très amis à la ville et ont déjà tourné ensemble dans "Raison et Sentiments" (1995) de Ang Lee, pour "L'Invitée de l'Hiver" (1997) de Rickman lui-même, puis plus tard pour la saga "Harry Potter" (2001-2011) ou "Love Actually" (2003) de Richard Curtis. Citons ensuite Hal Holbrook vu dans "Magnum Force" (1973) de Ted Post, "Les Hommes du Président" (1976) de Alan J. Pakula ou "La Firme" (1993) de Sydney Pollack, Philip Baker Hall vu la même année dans "The Truman Show" (1998) de Peter Weir, "Rush Hour" (1998) de Brett Ratner et "Ennemi d'Etat" (1998) de Tony Scott et retrouvera juste après dans "Le Talentueux Mr Ripley" (1999) de Anthony Minghella sa partenaire Lisa Eichhorn remarquée dans "Les Européens" (1979) de James Ivory ou "Yanks" (1979) de John Schlesinger, Joey Slotnick alors entre "Twister" (1996) de Jan De Bont et "Hollow Man" (2000) de Paul Verhoeven, Greg Wise qui retrouve le duo Thompson-Rickman après "Raison et Sentiments" (1995) et vu plus tard dans "Johnny English" (2003) de Peter Howitt ou "Private War" (2018) de Matthew Heineman, Richard Riehle vu dans "Black Rain" (1989) de Ridley Scott, "Le Fugitif" (1993) de Andrew Davis ou "Casino" (1995) de Martin Scorcese, Roscoe Lee Browne vu dans "L'Etau" (1969) de Alfred Hitchcock, "L'Âge de Cristal" (1976) de Michael Anderson ou "L'Affaire Chelsea Deardon" (1986) de Ivan Reitman, puis enfin Jack Conley vu dans "La Porte du Paradis" (1980) de Michael Cimino, "Appolo 13" (1995) de Ron Howard ou "L.A. Confidential" (1997) avec Simon Baker... Rappelons que les influences du réalisateur sont les écrivains Jim Thompson qui sera adapté avec "Guet-apens" (1972) de Sam Peckinpah et "The killer inside me" (2010) de Michael Winterbottom et Barry Gifford porté sur grand écran avec le grand "Sailor et Lula" (1990) de David Lynch. Le scénario mêle flash-backs et chronologie alternative mais sans en abuser, on a ainsi un récit qui reste limpide et linéaire. Dès les premières minutes plusieurs bonnes idées cassent un peu les codes du genres pour une singularité savoureuse comme le fait que la "gentille" tue de sang froid un témoin gênant, que les quatre ravisseurs semblent des escrocs façon pieds nickelés alors qu'ils sont plutôt pros en fait, et mention spéciale au duo d'enquêteurs Thompson-Rickman qui saupoudre leur enquête d'une séduction mutuelle alors que leur enquête ne saurait souffrir de leur coup de foudre.
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Sans être totalement original les rebondissements et/ou révélations sont pourtant bien amenés, l'enjeu autour du sénateur est bien trouvé, mais surtout on aime que le film s'emballe au point qu'on ne sait jamais qui va survivre et qui va mourir. Ainsi, emmené par un casting aussi riche qu'hétéroclyte on plonge avec délectation dans ce polar doté d'un scénario malin avec un petit suspense sympathique et une bonne dose d'humour qui ajoute un ton décalé bien venu. Le côté sensuel voir sexuel apporte du peps et une liberté de ton plutôt fun même si on frôle la vulgarité gratuite. Carla Gugino est d'ailleurs une bombe électrisante dans ce film, comme si une pin'up des années 40 avait appris à survivre das les années 90. Il y a un petit côté Tarantino mais sans la qualité des dialogues ni le sens du cadrage. Sebastian Gutierrez signe un premier film prometteur, qui est à savourer car il reste aussi son meilleur film, malheureusement le cinéaste ne tiendra pas sa promesse...
Note :
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