White Bird (2014) de Gregg Araki

par Selenie  -  16 Octobre 2014, 19:32  -  #Critiques de films

4 ans après le surfait  "Kaboom" (2010) le cinquantenaire amoureux des teenagers revient avec l'adaptation du roman "Un Oiseau blanc dans le blizzard" (1999) de Laura Kasischke. L'histoire a tout d'un thriller mélodramatique mais on le rêve très vite comme un thriller psychologique... Il n'en sera rien ! Comme à son habitude Gregg Araki focalise sur la jeunesse et s'attarde sur la beauté plastique de son film. Vis à vis du roman Araki prend des libertés notamment en plaçant son histoire aux années 88-92 et déplaçant les lieux de l'Ohio à la Californie. Pourquoi pas, cela donne toute liberté au réalisateur pour une BO fun à son image. Outre les ados on sait que Araki apprécie de tordre le coup à l'American Way of Life et "White Bird" se rapproche assez du chef d'oeuvre "American Beauty" (1999) de Sam Mendes. Une ado et son père rentre à la maison et constate que maman a, semble-t-il, quitté la maison sans laisser aucune trace...

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Papa est cadre et maman s'épanouissait en femme au foyer modéle avant de devenir amère et aigrie à force de jalouser la jeunesse et la beauté de sa fille qui lui rappelle un lointain passé... Maman, Eve de son prénom, est interprété par la vénus Eva Green parfaite en Desperate Housewive dépressive. Papa est joué par Christopher Meloni (ex de la série "New-York Unité Spéciale" qui débute une carrière ciné plutôt séduisante) qui retrouve sa partenaire du récent "Sin City : j'ai tué pour elle" (2014) de Roberto Rodriguez... Le premier rôle est tenue par la nouvelle coqueluche des ados Shailene Woodley ("Divergente" de Neil Burger) qui fait un pas audacieux avec ce film où elle se dévoile comme une grande. Le couple Green-Meloni sont excellents, la jeune star Shailene Woodley s'en sort pas mal mais on émettra un bémol pour le reste du casting qui tient trop du panel certifié cahier des charges (qui ne corresporndent pas du tout au roman) avec le copain gay, la copine moins jolie issue d'une minorité et le beau gosse mixte entre Zac Efron et James Dean. Le film est beau à regarder grâce à  une mise en scène qui sait attirer l'oeil et l'intérêt mais à la fin on pense que Gregg Araki est resté trop lisse. L'enquête est placé en second plan mais sans importance puisqu'on devine la conclusion, par contre Araki place l'ado Kat au centre du film et son passage à l'âge adulte malheureusement on a bien du mal à y croire ou même à avoir de l'empathie pour elle. Maman disparait du jour au lendemain et elle s'en moque complètement, pensant plutôt à aller forniquer (?!) On reste perplexe également devant l'absence de perquisition. Araki dit "avoir été bouleversé par l'aspect lyrique et poétique de sa langue" en parlant du roman... Peut-être mais il ne s'ne sert de toute façon pas dans son film. Il décrit l'implosion d'une famille (qui était) modèle à l'américaine mais ça manque de cynisme pour être vraiment poil à gratter, un aspect plus "shyzophrène" aurait sans nul doute apporter un degré plus tragique. Finalement, comme trop souvent, Araki rend une copie non aboutie, sans doute parce qu'il pense trop à la forme. Un film nullement inintéressant, plutôt séduisant même mais ça manque de chair.

 

Note :            

 

12/20