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Selenie

Mort de Claude Rich

21 Juillet 2017, 14:15pm

Publié par Selenie

Triste semaine, après George A. Romero et Martin Landauon apprend la mort de l'acteur français Claude Rich hier 20 juillet 2017  à l'âge de 88 ans.

Né en 1929 à Strasbourg, il y reste jusqu'en 1935 année où sa famille vient vivre à Paris. Alors que sa mère espère qu'il deviendra prêtre il se prend de passion pour le théâtre lors de son séjour dans une pension durant la Seconde Guerre Mondiale dans les années 1942-1944. Il revient sur Paris pour la fin de la guerre à laquelle il participe en servant de postier pour la Résistance. 

 

A la fin de la guerre, pour aider sa mère (veuve depuis que son père soit mort de la grippe à 40 ans) il accepte un poste comme employé de banque tout en suivant des cours de comédie notamment auprès de Charles Dullin. Il intègre ensuite le Conservatoire où il rejoint ses camarades Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle et Jean-Paul Belmondo. Il en sort en 1953 année où il débute aussi officiellement sur les planches.

Après deux années actives au théâtre il obtient un rôle dans son premier long métrage, "Les Grandes Manoeuvres" (1955 - ci-dessus derrière la méconnue Brigitte Bardot) de René Clair avec Michèle Morgan et Gérard Philippe. Cependant c'est le théâtre qui prend encore toute la place et malgré quelques films il faut attendre le début des années 60 pour que sa carrière sur grand écran décolle vraiment.

Il retrouve son réalisateur René Clair pour "Tout l'or du monde" (1961), il joue dans "Le Caporal épinglé" (1961 - ci-dessus) de Jean Renoir, il prête sa voix si reconnaissable (mais non crédité !) dans le film à sketchs "Le Diable et les 10 Commandements" (1962) de Julien Duvivier où malheureusement il peut tourne pas avec le prestigieux casting. Il se fait enfin remarquer en jeune blanc-bec sûr de lui et présomptueux qui les "brise menu" à Lino Ventura dans le chef d'oeuvre "Les Tontons Flingueurs" (1963 - ci-dessous) de George Lautner. Cette fois sa carrière s'envole vraiment, par la même le théâtre devient plus rare.

Il grimpe doucement mais sûrement l'échelle du générique des affiches, il incarne ainsi le Général Leclerc dans "Paris brûle-t-il ?" (1966) de René Clément, recroise Louis de Funès dans "Oscar" (1967) de Edouard Molinaro et tourne pour d'autres univers dont "Les Compagnons de la Marguerite" (1967) de Jean-Pierre Mocky.

Et alors que, jusqu'ici, La Nouvelle Vague l'ait snobé il joue dans "La Mariée était en Noir" (1968) de François Truffaut et sa curiosité le pousse également vers des oeuvres plus expérimentales comme ce rôle d'un homme voyageant dans son passé dans le film "Je t'aime Je t'aime" (1968 - ci-dessous) de Alain Resnais. 

Tandis qu'il retourne un peu plus vers le théâtre les années 70 lui offrent pourtant ses premiers gros succès populaires, critiques et publics. C'est ainsi qu'on le voit dans "Stavisky" (1974) de Alain Resnais avec son ami Belmondo, dans "Adieu Poulet" (1975) de Pierre Granier-Deferre mais surtout il devient particulièrement populaire après les succès de "Le Crabe-Tambour" (1977) de Pierre Schoendoerffer et "La Guerre des Polices" (1979 - ci-dessous) de Robin Davis où il fait face à Claude Brasseur en flic implacable.

Les années 80 connaissent un gros ralentissement pour sa carrière autant sur les planches que sur les plateaux de tournage mais l'un peut aller avec l'autre. C'est ainsi qu'après avoir joué la pièce de 1989 à 1991 dans le rôle de Talleyrand il tourne l'adaptation cinéma de "Le Souper" (1992) de Edouard Molinaro pour lequel il retrouve Claude Brasseur (qui jouait Fouché). C'est alors la consécration en obtenant le César du Meilleur acteur 1993.

Ce succès lui permet de faire son retour en fanfare, et se permet même de tourner de temps en temps pour des téléfilms. "Le Souper" sera sa dernière pièce avant longtemps, se focalisant essentiellement sur le cinéma et appréciant de plus en plus les films en costumes.

 

Il joue dans "Le Colonel Chabert" (1994) de Yves Angelo, "La Fille de D'Artagnan" (1994) et "Capitaine Conan" (1996) tous deux de Bertrand Tavernier, "Lautrec" (1998) de Roger Planchon mais il ne refuse pas la comédie, genre avec lequel il termine en beauté le siècle avec le succès "Le Derrière" (1999 - ci-dessous) de et avec Valérie Lemercier et "La Bûche" (1999) de Danièle Thompson.

Il entre dans le nouveau millénaire en étant lui-même dans "Les Acteurs" (2000) de Bertrand Blier accompagné de nombreux amis et il participe à la superproduction "Astérix et Obélix : Mission Cléôpatre" (2002) de Alain Chabat dans le rôle de Panoramix,

Outre les films historiques il tourne de nombreuses comédies, comme "Le Coût de la Vie" (2003) de Philippe Le Guay, le dyptique "Le Mystère de la Chambre Jaune" (2003) et "Le Parfum de la Dame en Noir" (2005) de Bruno Podalydès, mais aussi "Le Cou de la Girafe" (2004) de Safy Nebbou et le film choral "Choeur" (2008) de Alain Resnais.

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Toujours très actif, il effectue à cette même période un retour sur les planches dès 2003 et après une dernière pièce en 2011 il joue ses derniers rôles sur grand écran avec "Aide-toi le ciel t'aidera" (2008 - ci-dessus) de François Dupeyron, "Et si on vivait tous ensemble ?" (2012 - ci-dessous) de Stephane Robelin, "Cherchez Hortense" (2012) de Pascal Bonitzer et "Ladygrey" (2014) de Alain Chocart qui sera malheureusement un gros échec.

Claude Rich a épousé l'actrice Catherine Renaudin en 1959, ils auront 2 fills et adopteront un fils. L'acteur était très croyant et allait à l'Eglise tous les dimanches.

 

Claude Rich a été un acteur prolifique et discret, avec plusieurs nomination aux Césars toujours pour des seconds mais grands rôles. Un acteur dont le sourire était une bien belle marque de vertu et d'humanité. Claude Rich reçu un César d'honneur en 2002 pour l'ensemble de sa carrière.

L'acteur est mort ce 20 juillet 2017 à l'âge de 88 ans.

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