La Rivière de nos Amours (1955) de André De Toth

par Selenie  -  5 Septembre 2017, 08:40  -  #Critiques de films

Premier film produit par Kirk Douglas et sa nouvelle société Bryna (nom de sa mère), ce western s'inscrit dans la nouvelle vague des westerns qui redonnent une image plus "honnête" et plsu humaine  des indiens à l'instar de "La Flèche Brisée" (1950) de Delmer Daves et "Bronco Apache" (1954) de Robert Aldrich... Précisons qu'outre le titre officiel français aussi stupide que ridicule, le titre original est "The Indian Fighter" et qu'il fut un temps connu en France sous le titre de "L'Or des Sioux"...

Ce projet est tiré d'une histoire de Robert L. Richards, que Kirk Douglas confia à un duo de scénariste, Frank Davis (connu pour "Le Lys de Brooklyn" en 1945 de Elia Kazan et "Le Train" en 1964 de John Frankenheimer) et surtout le mythique Ben Hecht, peut-être le plus fameux de' l'Âge d'Or de "Scarface" (1932) de Howard Hawks à "Casino Royale" (1967) de John Huston en passant par "Les Hauts de Hurlevent" (1939) de Wylliam Wyller et "Les Enchainés" (1946) de Alfred Hitchcock. Pour le réalisateur l'acteur-producteur choisit le trop mésestimé André De Toth (un des 4 borgnes de Hollywood avec John Ford, Raoul Walsh et Fritz Lang) qui venait de faire sensation avec le film en 3D "L'Homme au Masque de Cire" (1953) et qui réalisera son chef d'oeuvre avec "La Chevauchée des Bannis" (1959). Douglas s'impose comme producteur à part entière par quelques choix qui pourraient paraitre bien banal si ce n'était un film de 1955. D'abord il embauche son ex-femme de Kirk (1943-1951) et maman de Michael (1944), Diana Douglas dont une de ses scènes (un baiser volé) offre un parfum particulier. Il choisit également une inconnue pour jouer le premier rôle féminin, ce sera Elsa Martinelli. Et enfin il insistera pour effectuer lui-même ses cascades, ce qui lui vaudra d'ailleurs un nez cassé. Notons enfin la présence de deux seconds rôles importants, Walter Matthaü qui joue là seulement son second film après un premier western dans "L'Homme du Kentucky" (1954) de et avec Burt Lancaster, ainsi que Lon Chaney Jr, fils de son illustre père mais qui ne connaitra qu'une carrière de seconds couteaux mais prolifiques. Le scénario n'a rien d'exceptionnel, et à contrario des films pro-indiens de Daves et Aldrich (entres autres) ce film-ci n'est pas focalisé sur son propos de fond mais sert aussi à une simple aventure sentimentale bien maladroite par ailleurs. S'il faut se rappeler qu'il s'agit d'un film de 1955 sur une histoire post-Guerre de Sécession il n'en demeure pas moins que la séduction par le héros s'apparente beaucoup à une simple agression sexuelle.

Passé ses deux scènes aussi faineantes que peu inspirées (très court et très misogyne comme approche) le récit est à l'image d'un western à la fois classique et efficace, déjà vu même, où un homme connaissant bien les indiens devient l'atout majeur à l'obtention d'une paix entre Blancs et indiens, et ce, même si ces derniers ont perdu d'avance. Le parallèle entre la soif de l'Or et le goût du Whisky est un peu facile, voir simpliste, mais l'évolution du récit est bien amené jusqu'à la séquence du troc indiens-colons. La dernière partie est décevante car trop simpliste et un happy end pas très judicieux, qui ressemble plus à la fin d'une Rom Com. Joli photographie, qu'on doit particulièrement à Wilfred M. Cline, directeur photo souvent associé en second pour sa spécialité du Technicolor, on lui doit notamment cette partie sur "Autant en emporte le Vent" (1939) de Victor Fleming. Cette première production de Kirk Douglas reste un bon et beau western humaniste mais souffre de la comparaison avec d'autres films bien plus réuissis et profonds.

 

Note :               

13/20

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Angelilie 06/09/2017 02:46

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