Adieu du Clown Jerry Lewis

par Selenie  -  28 Août 2017, 21:15  -  #Décès de star - Bio

Fin des vacances très triste avec une hécatombe qui débute avec Jerry Lewis qui est mort ce dimanche 20 août 2017 à l'âge de 91 ans.

Né en 1926 dans le New-Jersey Joseph Levitch a des parents russes juifs dont le père était acteur de spectacle de variétés sous le nom de Danny lewis. Le jeune Joseph Levitch quitte l'école à 15 ans et débute sur scène avec le numéro dit du "Record Act" où il mime des chanteurs pendant que les disques passent. Il rencontre ensuite un certain Dean Martin en 1946 qui est engagé au même moment que lui dans un cabaret. Les deux compères improvisent des sketchs reposant sur l'équilibre entre le doux et droit Dean Martin et l'idiot burlesque Jerry Lewis. Le succès est immédiat et ils forment vite le plus célèbre duo comique des Etats-Unis.

Leur duo est si connu qu'ils tournent leur premier long métrage ensemble dans "Ma Bonne Amie Irma" (1949) de George Marshall. Ils vont ainsi tourner ensemble pas moins de 17 films jusqu'à "Un Vrai Cinglé de Cinéma" (1956) de Frank Tashlin. La lassitude et l'envie de voir autre chose font que les deux compères se séparent en 1956 au sommet de leur popularité.

 

Il joue ensuite en solo le premier rôle dans "Le Délinquant Involontaire" (1957) de Don McGuire et poursuite ensuite avec quelques films avant que la Paramount lui propose un contrat pour 14 films en sept ans pour 10 millions de dollars + 60% des bénéfices ! Fort de ce juteux contrat de confiance il se lance lui-même en tant qu'acteur-réalisateur-scénariste-producteur de "Le Dingue du Palace" (1960 - ci-dessous) qui est un film sans dialogue reposant sur des gags visuels. C'est avec ce film qu'il devient pionnier du Regie Video, où le système est de pouvoir visualiser directement sur le plateau les scènes tout justes tournées.

Le succès étant toujours au rendez-vous il enchaine avec des films comme "Le Zinzin de Hollywood" (1961), "Le Tombeur de ces Dames" (1961) et surtout "Docteur Jekyll and Mister Love" (1963 - ci-dessous). Ce dernier film, pastiche du célèbre classique, est dénigré par la presse américaine mais il est encensé par la critique française et notamment par les Cahiers du Cinéma qui le surnomme "le Roi du Crazy"... Il voyage alors en France où il est accueilli comme il se doit.

En Mars 1965 il a un grave accident lors d'une cascade râtée où il se blesse deux vertèbres qui ont bien failli le paralyser à vie. Après une journée de paralysie il doit prendre des anti-douleurs pendant plusieurs années allant même jusqu'à penser au suicide. On lui implantera des électrodes dans la colonne vertébrale et un dispositif type Pacemaker dans l'abdomen. Il dira aller mieux après avoir découvert la Neurostimulation en 2002.

 

Cet accident correspond malheureusement avec le début du déclin, surtout dans son pays qui ne voit en lui qu'un simple trublion dont les films comme "Tiens bon la rampe Jerry" (1966) de Gordon Douglas, "Jerry la Grande Gueule" (1967 - ci-dessous) de lui-même et "Cramponne-toi Jerry" (1969) de George Marshall sont des échecs cinglants.

Il se lance alors dans un projet plus ambitieux avec son film "The Day the Clown Cried" (1972) sur un clown qui tente d'amuser les enfants dans un camp de concentration. Un film qui inspirera sans aucun doute "La Vie est Belle" (1998) de Roberto Begnini... Malheureusement ce film ne sortira jamais suite à des complications de productions, à tel point que Jerry Lewis quitte Hollywood pour plusieurs années...

Il revient enfin avec un nouveau film en tant qu'acteur-réalisateur-scénariste avec le film "Au Boulot... Jerry !" (1980) qui est un succès à la surprise générale ! Revenu sur le devant de la scène il accepte de remettre un César d'Honneur en 1980 à notre Louis de Funès national, alter Ego hexagonal lors d'une cérémonie devenue culte grâce à lui. Dans la foulée il obtient un des deux rôles principaux dans un film "sérieux" face à Robert De Niro dans "La Valse des Pantins" (1983) de Martin Scorcese. La réception critique est élogieuse même aux Etats-Unis mais cette fois c'est le public qui ne va pas voir le film.

 

Déçu, il part pour la France où il reste une star comique incontournable et y tourne les comédies "Retenez moi... Où je fais un Malheur" (1983 - ci-dessous) de Michel Gérard avec Michel Blanc et Charlotte de Turkheim suivi de "Par où t'es rentré ? On t'as pas vu sortir" (1984) de Philippe Clair avec Marthe Villallonga et Jackie Sardou. 

Toujours adulé en France il est invité à présenter la 1ère Edition du Téléthon en France en 1987 alors qu'il est un des premiers organisateurs de l'évènement dès le début des années 60 aux Etats-Unis.

 

Ses échecs au box-office américain ajouté à ses soucis de santé de plus en plus récurrents, Jerry Lewis tourne de moins en moins. Il joue dans "Arizona Dream" (1993 - ci-dessous) de Emir Kusturica et produit aussi les comédies "Le Professeur Foldingue" (1996) de Tom Shadyac et "La Famille Foldingue" (2000) de Peter Segal.

Ses derniers rôles sur grand écran sont un vieil homme retrouvant le goût de la vie après le décès de sa femme dans "Max Rose" (2013) de Daniel Noah et celui du père de Nicolas Cage dans "Le Casse" (2016) de Alex et Benjamin Brewer.

 

Jerry Lewis a été marié deux fois (1944-1980 dont sont issus 6 enfants et depuis 1983 et une fille adoptée).

 

Jerry Lewis a annoncé en 2011 qu'il participait à sa dernière édition du Téléthon.

Jerry Lewis a été une grande star comique de 1946 à 1966 avant de connaitre un déclin difficile notamment dans son propre pays alors même qu'il a révolutionné le Slapstick et le burlesque en général. Aujourd'hui de grandes stars reconnaissent son influence comme Robin Williams, Billy Cristal et Jim Carrey.

 

Jerry Lewis a donc rejoint Dean Martinau Panthéon du 7ème Art ce dimanche 20 août 2017 à l'âge de 91 ans.

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