L'homme au pistolet d'or (1974) de Guy Hamilton

par Selenie  -  6 Avril 2020, 09:03  -  #Critiques de films

A ne pas confondre avec l'excellent western "L'Homme aux Colts d'Or" (1959) de Edward Dmytryk, ce 9ème film de la franchise James Bond est un peu particulier car il est le quatrième et dernier réalisé par Guy Hamilton depuis "Goldfinger" (1964) et après "Les Diamants sont Eternels" (1971) et "Vivre et Laisser Mourir" (1973). Mais c'est aussi le dernier du producteur "historique" Harry Saltzman qui vendra ses parts après ce film laissant les coudées franches à son comparse Albert R. Broccoli. Tiré du dernier roman de la saga (1965) de Ian Fleming paru à titre posthume, cette histoire se déroule normalement en Jamaïque mais les Caraïbes étant déjà au centre du précédent opus il fût décidé de situer l'histoire en Thaïlande. Ainsi, après avoir surfé sur la blaxploitation dans "Vivre ou Laisser Mourir" ce nouveau film va surfer sur les arts martiaux, la période étant aux succès de Bruce Lee avec "La Fureur de Vaincre" (1972) de Lo Wei et "La Fureur du Dragon" (1973) de Bruce Lee, et comme il en sera par exemple de même pour la SF dans "Moonraker" (1979) de Lewis Gilbert. Le premier choc pétrolier de 1973 aura aussi son importance dans le récit. Le scénario est signé du même duo que pour "Vivre ou Laisser Mourir" Richard Maibaum et Tom Mankiewicz...

Le MI6 reçoit une balle en or sur laquelle est gravée 007. Pour protéger son meilleur agent M décide de mettre en repos forcé James Bond alors qu'il enquêtait pour retrouver un scientifique inventeur d'un dispositif à énergie solaire qui pourrait remédier au choc pétrolier. Finalement, plutôt que d'attendre une éventuelle attaque, Bond préfère tenter de retrouver par lui-même le tueur qui le menace... Roger Moore endosse une seconde fois les costume de James Bond et retrouve son réalisateur et ses scénaristes. Il retrouve également les récurrents Lois Maxwell/Moneypenny, Desmond Llewelyn/Q et Bernard Lee/M mais aussi Clifton James alias shérif Pepper déjà envahissant dans "Vivre et Laisser Mourir". Les James Bond Girls sont jouées par  Maud Adams, alors mannequin la mieux payée au monde à la fin des années 60 et qui aura l'honneur de revenir dans la saga dans "Octopussy" (1983) et "Dangereusement Votre" (1985) tous deux de John Glen, puis Britt Ekland vue dans "La Loi du Milieu" (1971) de Mike Hodges et "The Wicker man" (1973) de Robin Hardy ; cette dernière avait postulé pour le personnage finalement dévolu à Maud Adams (maîtresse de Scaramanga) mais Guy Hamilton lui préféra le rôle de Mary Goodnight après l'avoir vu en bikini ! Pour les méchants, on notera la présence de l'acteur français Hervé Villechaize nain de 1m10 surtout connu pour son rôle de Tatoo dans la série TV "L'Île Fantastique" (1977-1983), et surtout, dans le rôle de Scaramanga, l'inénarrable Christopher Lee star de la Hammer vu dans des bijoux comme "Le Cauchemar de Dracula" (1959) ou "Le Chien de Baskerville" (1959) tous deux de Terence Fisher, mais plus connu des jeunes pour son rôle de Saroumane dans la saga "Le Seigneur des Anneaux" (2001-2002-2003) de Peter Jackson ; pour l'anecdote, Christopher Lee est un cousin par alliance de Fleming avec qui il jouait souvent au golf. D'ailleurs Fleming voulait à l'époque offrir le rôle de Docteur No à Lee pour le film "James Bond contre le Dr. No" (1962) de Terence Young...

Il faut bien l'avouer, le premier atout du film est la présence du géant Christopher Lee alors prince de la Hammer (société de production sprécialisée dans le fantastique et l'horreur) même si il semble par moment plus s'ennuyer qu'autre chose. D'ailleurs Scaramanga est un peu fade, pas assez menaçant. Comme toujours le film est très éloigné du roman et notamment, malgré l'éveil du féminisme dans le seventies, les Bond Girls sont une nouvelle fois de simples potiches comme par exemple Mary Goodnight (Britt Ekland), secrétaire de Bond qui est beaucoup plus intelligente dans le roman. Dans l'ensemble le film manque de rythme, ça traîne en longueur surtout parce qu'il y a un manque de panache et de punch. La faute à un Bond devenu trop "léger" (plus d'humour qu'avec les Sean Connery est une bonne chose mais à une dose moindre serait judicieux) et à un Scaramanga pas assez dangereux. Un soucis de climax symptomatique de la musique, pourtant signée de John Barry (décidément peu régulier !) que le compositeur lui-même considère comme une de ses pire composition : "C'est la bande originale que je déteste le plus. Pour moi elle n'a tout simplement jamais existé" ... Pourtant il y a un exotisme qui a son charme, les Bond Girls sont jolies à défauts d'être fatales, et certaines séquences restent marquantes dont une cascade inouïe d'une soiture qui effectue un saut à 360° ; l'auteur de cette cascade, W.J. Milligan Jr. l'a vendue au producteur en expliquant la cascade par des calculs informatiques et en promettant de pas l'exécuter pendant au moins deux ans. Le film reste une déception, trop bancal, où pratiquement tous les paramètres passent du bon au très médiocre en l'espace de quelques minutes. Précisons que "L'Homme au Pistolet d'Or" fut le premier film projeté au Kremlin (nous sommes en pleine Guerre Froide encore) et qu'après la projection un dignitaire soviétique aurait dit à propos de Scaramanga : "Nous ne l'avons pas très bien formé" ... Effectivement, le problème vient peut-être de ça !

 

Note :            

 

11/20

 

 

Pour info bonus, Note de mon fils de 10 ans :               

13/20

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pistolet a bille 06/11/2012 10:52

Il n'a pas eu autant de succès que les autres d'ailleurs.