Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Selenie

Loin de la foule déchainée (2015) de Thomas Vinterberg

4 Juin 2015, 10:23am

Publié par Selenie

6ème adaptation du célèbre roman (top 50 des plus grands romans établi par la BBC) de Thomas Hardy (auteur également de "Tess d'Uberbille" adapté par Roman Polanski en 1979). On se souvient surtout du film de John Schlesinger (1967) avec Terence Stamp et Julie Christie... On est plus surpris, par contre, que ce soit le réalisateur danois Thomas Vinterberg qui s'attaque à ce projet. Adepte du Dogme 95, il signe là un film très éloigné du précepte et même très éloigné du réalisateur tout court. Réalisateur ayant obtenu le Prix du Jury à Cannes en 1998 avec "Festen" et ayant offert un magnifique rôle à Mads Mikkelsen (primé Mailleur acteur à Cannes également) avec "La Chasse" (2012) on aurait pu espérer un film atypique, loin des canons hollywoodiens. Malheureusement aucune trace de dogme ou de style Vinterberg, ce dernier signe un film romanesque dans la plus pure tradition du genre.

411619.jpg (957×1300)306132.jpg (640×425)

Deux points forts tout de même, le casting et le travail sur les décors. Sur ces derniers on s'aperçoit que chaque scène voit un plan large sur les paysages magnifiques de Dorset, typique de l'imaginaire du romantisme victorien. Niveau casting Michael Sheen interprète un notable solitaire et faillible mais honnête et droit, John Sturridge est lui l'officier fougueux et Matthias Schoenaerts est le fermier transi qui attend son heure avec honneur et loyauté. La belle Bathsheba Everdeene est incarnée avec charme et justesse par Carey Mulligan... Une héroïne moderne et en avance sur son temps qui aura inspiré par la suite de nombreuses héroïnes, on pense surtout récemment à Katniss Everdeen dans "Hunger Games". Mais en y regardant de plus près est-ce vraiment un film au fond féministe ?! A l'instar d'une fausse modestie on distingue un message de faux féminisme. A contrario des grands auteurs du romanesque victorien auxquels on pense, il s'agit de femmes comme Jane Austen et les soeurs Brontë. Thomas Hardy est sans doute sensibilisé à la cause et est-ce le réalisateur du film qui met sa petite patte ?! En effet, si Bathsheba est une femme indépendante et fière, ne désirant nullement être chaperonnée par un époux, elle tombe pourtant bien vite dans le piège du plus ténébreux et commet plusieurs mauvais choix avant de s'apercevoir qu'en fin de compte elle a besoin d'un homme. Le plus décevant reste Vinterberg qui réalise là un film loin de ce qu'on aime chez lui ; un autre bon réalisateur aurait fait aussi bien. Le romanesque est bien présent, esthétiquement magnifique, des acteurs aux performances idéales, le film manque juste d'un soupçon de passion supplémentaire. 

 

Note :             

 

14/20

Commenter cet article