Le Ministère de la Salle Guerre (2024) de Guy Ritchie

par Selenie  -  28 Juillet 2026, 08:54  -  #Critiques de films

En 2015, Paramount acquiert les droits du livre "The Ministry of Ungentlemanly Warfare : How Churchill's Secret Warriors Set Europe Ablaze and Gave Birth to Modern Black Ops" (2014) de Damien Lewis sans vraiment savoir quoi en faire malgré un matériau forcément passionnant et si prometteur sur les origines et les opérations du fameux Special Operations Executive (S.O.E. - Tout savoir ICI !). En 2021 il est enfin annoncé le lancement de la production avec notamment Jerry Bruckheimer, célèbre producteur de blockbusters des années 80-90 et en perte de vitesse depuis une quinzaine d'années malgré quelques bonnes surprises comme "Top Gun : Maverick" (2022) et "F1" (2024) tous deux de Joseph Kosinski. La réalisation est confiée au britannique Guy Ritchie, qui déjà abordé l'espionnage avec "Agents Très Spéciaux : Code UNCLE" (2015) ou "Operation Fortune : Ruse de Guerre" (2023), la guerre avec "The Covenant" (2024) ou encore le côté films en costume comme le dyptique "Sherlock Holmes" (2009-2011) ou "Le Roi Arthur : la Légende d'Excalibur" (2017), et autant dire qu'il n'est pas au niveau de ses premiers films. Il collabore avec plusieurs scénaristes, Eric Johnson qui retrouve après "Traque à Boston" (2016) de Peter Berg son collègue Paul Tamasy connu pour ses scénarios de "Fighter" (2010) de David O. Russell et "The Finest Hours" (2016) de Craig Gillepsie, puis enfin Arash Amel scénariste de "Grace de Monaco" (2014) de Olivier Dahan et "Private War" (2019) de Matthew Heineman. Il semble que la promo n'ait pas été à la hauteur, le film ne sort finalement que dans un nombre limité de pays où il reçoit en majorité des critiques très tièdes pour un gros échec commercial ne récoltant au box-office Monde que la moitié de son budget de 60 millions de dollars... Alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage, Churchill autorise une opération de sabotage en Afrique dans une zone pourtant neutre mais qui permettrait d'éteindre ou de ralentir les forces sous-marines allemandes. Une unité d'action est mise en place, mais sans autorisation officielle les membres de cette unité savent qu'il s'agit plus ou moins d'une mission suicide... 

Pour commencer n'oublions pas évidemment sir Winston Churchill, incarné de façon bien oubliable part Rory Kinnear vu récemment dans "Men" (2022) de Alex Garland mais surtout remarqué dans la saga 007 (2008-2021) heureuse coïncidence puisqu'il croise dans ce film un certain Ian Fleming accessoirement créateur de James Bond joué ici par Freddie Fox qui retrouve Guy Ritchie après "Le Roi Arthur : la Légende d'Excalibur" (2017) à l'instar de Cary Elwes qui était dans "Operation Fortune : Ruse de Guerre" (2023) et vu dans les deux "Mission Impossible Reckoning" (2023-2025) de Christopher McQuarrie quelques années après une première rencontre avec Ethan Hunt/Tom Cruise dans "Mission Impossible : Fallout" (2018) du même McQuarrie par Henry Cavill éternel Superman dans pas moins de six films à partir de "Man of Steel" (2013-2023), il est ainsi le leader de l'unité du SOE composée de Alan Ritchson aperçu dans "Hunger Games : l'Embrasement" (2013) de Francis Lawrence ou "Fast and Furious 10" (2023) de Louis Leterrier, Alex Pettyfer ancien espoir en pleine ascension avec "Numéro Quatre" (2011) de D.J. Caruso et "Sortilège" (2011) de Daniel Barnz avant de devenir tout aussi vite has been vivotant dans des petites productions, Hero Fiennes-Tiffin aux deux titres de gloire que sont ses oncles Ralph Fiennes et Joseph Fiennes et d'avoir joué le joli coeur dans les navrants "After" (2019-2023), Henry Golding vu dans "Crazy Rich Asians" (2018) de Jon Chu ou "Snake Eyes" (2021) de Robert Schwentke et qui retrouve son réalisateur Guy Ritchie après "The Gentlemen" (2020), Babs Olusanmokun qui était lui dans "Un Homme en Colère" (2021) de Guy Ritchie et apparu dans "Dune" (2021) de Denis Villeneuve, puis enfin l'atout charme avec Eiza Gonzales remarquée dans "Baby Driver" (2017) de Edgar Wright, "Alita : Battle Angel" (2019) de Robert Rodriguez, "Godzilla vs Kong" (2021) de Adam Wingard ou "Ambulance" (2022) de Michael Bay. Citons ensuite Danny Sapani vu dans "Trance" (2013) de Danny Boyle, le dyptique "Black Panther" (2018-2022) de Ryan Coogler ou "The Amateur" (2025) de James Hawes, Henry Zaga vu dans "Queer" (2024) de Luca Guadagnino ou "Warfare" (2025) de Ray Mendoza et Alex Garland, James Wilby qui a débuté chez James Ivory puis remarqué dans "Gosford Park" (2001) de Robert Altman ou "Mascarade" (2022) de Nicolas Bedos, puis enfin, n'oublions pas le principal antagoniste incarné par Til Schweiger qui retrouve Freddie Fox après "Les Trois Mousquetaires" (2011) de Paul W.S. Anderson, qui apparu dans une autre version de la légende "Le Roi Arthur" (2004) de Antoine Fuqua et surtout, ironie du sort, qui se retrouve dans un rôle aux antipodes de celui icônique de "Inglourious Basterds" (2009) de Quentin Tarantino... Le premier vrai soucis du film est qu'il prend comme matériau de base un livre, "The Ministry of Ungentlemanly Warfare : How Churchill's Secret Warriors Set Europe Ablaze and Gave Birth to Modern Black Ops" (2014) de Damien Lewis, qui est un document historique passionnant sur un des services les plus secrets de 39-45 et que finalement on constate que pratiquement rien n'en reste dans le film. En substance le film n'avait nul besoin de ce livre tant il s'en sert pour si peu, pour se donner une légitimité que le film n'atteint jamais. En résumé, le film reprend quelques noms historiques connus en premier lieu desquels Churchill et Ian Fleming, puis certains des membres de l'unité du S.O.E., reprend aussi les grandes lignes de l'Opération Postmaster (Tout savoir ICI !). Outre la dimension historique de très faible intérêt, les scénaristes ont de surcroît réécrit l'Histoire en suggérant devait pousser les américains à entrer en guerre, alors même qu'ils étaient déjà en guerre depuis plusieurs mois lors de cette opération. Un détail sans doute... Mais le pire dans le film est que Guy Ritchie fait un tel melting-pot sur le fond comme sur la forme que le film devient un produit superficiel, sans âme ni personnalité. On note ainsi de nombreux clins d'oeil à d'autres films, surtout à ceux de Henry Cavill, puis évidemment aux Classiques missions suicides comme "Les 12 Salopards" (1967) de Robert Aldrich (pour ne citer que celui-là).

Mais on se dit aussi qu'il y a un droit à un hommage pop corn décérébré à des héros de 39-45, pourquoi pas ?! Même si c'est alors un peu stupide de citer le livre en question, et il aurait alors fallu accentuer l'humour et plutôt atténuer l'action movie qui a tout du bourrinage hollywoodien façon Michael Bay. On n'en peut plus de ces "héros" qui réussissent à tuer toutes leurs cibles quasi les yeux fermés alors qu'en face les méchants nazis râtent tout à tel point qu'on a une petite pensée pour "L'Agence Tous Risques" (1983-1987) les morts en plus. Si on accepte le film comme un pur action movie absurde et régressif, finalement le vrai soucis reste le casting, d'abord avec un Churchill rarement aussi peu inspiré, avec une équipe bodybuildée à souhait bien loin des véritables héros "so british" si icônique dans "Le Pont de la Rivière Kwaï" (1957) de David Lean par exemple, mais que dire de Mlle Marjorie Stewart, véritable espionne du S.O.E., qu'il est dificile de voire en jolie juive britannique avec le physique de Eiza Gonzales. Par là même... ATTENTION SPOILERS !... son personnage se retrouve sur le pire raccord du film, où comment l'allemand Heinrich Luhr/Schweiger ordonne de menotter Mlle Stewart/Gonzales dans une sorte de lupanar de torture avant de quitter précipitamment les lieux. Puis plusieurs minutes après, sans savoir comment ni pourquoi, des allemands amènent la prisonnière en voiture sur le mort en plein marasme pyrotechnique ; sans queue ni tête, invraisemblable et incohérent que ce soit d'un point de vue technique de cinéma, ou encore pire d'un point de vue stratégique et/ou opérationnel pour les allemands, d'autant plus pour l'officier Luhr qui n'a pu ordonné un tel transport... FIN SPOILERS !... Un film au sujet de fond qui méritait tellement mieux, pour au final un film bancal, sans ampleur ni ambition, mais effectivement, on peut aussi éteindre son cerveau et profiter de l'"hommage pop corn décérébré"... 

 

Note :                 

10/20
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