L'Orchidée Noire (1958) de Martin Ritt
Après déjà trois longs métrages en seulement quelques mois avec "L'Homme qui tua la Peur" (1957), "Les Sensuels" (1957) et "Les Feux de l'Eté" (1958), le jeune réalisateur Martin Ritt ne s'arrête plus et enchaîne avec un mélodrame, surprenant légèrement quand on connaît la suite de sa filmo dont les titres les plus connus comme "Le Plus Sauvage d'entre Tous" (1963), "L'Espion qui venait du Froid" (1965) ou "Hombre" (1967). L'histoire est signée de Joseph Stefano surtout connu plus tard pour avoir écrit le chef d'oeuvre "Psychose" (1960) de Alfred Hitchcock avant de poursuivre sur les prochains "Psychose 4" (1990) de Mick Garris et le remake "Psycho" (1998) de Gus Van Sant. Notons que la magnifique photographie est signée de Robert Burks alors en pleine collaboration sur la meilleure période de Alfred Hitchcock avec pas moins de douze films de "L'Inconnu du Nord Express" (1951) et "Pas de Printemps pour Marnie" (1964). Au départ le rôle principal féminin était dévolu à Anna Magnani mais le producteur Carlo Ponti impose finalement sa femme, la star Sophia Loren... Rose Bianco est en deuil après l'assassinat de son époux gangster, tandis que son fils est en maison de correction. Son voisin Frank Valente, veuf également, commence aussitôt à la courtiser au grand dam de sa fille Mary qui s'apprête à se marier. Cette dernière partagée entre jalousie et haine refuse cette relation, mais malgré le malaise Rose finit par accepter d'épouser Frank. Les relations deviennent pourtant de plus en plus difficile...
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La veuve Rose est incarnée par Sophia Loren la star italienne de "L'Or de Naples" (1954) de Vittorio De Sica ou "Dommage que t Sois une Canaille" (1954) de Alessandro Blasetti, qui enchaîne alors les tournages depuis son arrivée à Hollywood en 1957 avec entre autre "Orgueil et Passion" (1957) de Stanley Kramer ou "La Cité Perdue" (1957) de Henry Hathaway, puis retrouve entre "Attila, Fléau de Dieu" (1954) de Pietro Francisci et "La Diablesse en Collant Rose" (1960) de George Cukor son partenaire Anthony Quinn vu dans "La Strada" 1954) de Federico Fellini, "La Vie Passionnée de Vincent Van Gogh" (1956) de Vincente Minnelli ou "Notre-Dame de Paris" (1956) de Jean Delannoy, il retrouvera dans "Don Angelo est Mort" (1973) de Richard Fleischer sa "fille" l'actrice Ina Balin remarquée aussi dans "Los Comancheros" (1961) de Michael Curtiz, ainsi que Robert Carricart qui retrouvera aussi de son côté dans "Qu'as-tu fait à la Guerre, Papa ?" (1966) de Blake Edwards l'acteur Vito Scotti vu auparavant dans "Pour Toi j'ai Tué" (1949) de Robert Siodmak ou "Traquenard" (1958) de Nicholas Ray. Citons ensuite Peter Mark Richman apparu dans "La Loi du Seigneur" (1956) de William Wyler ou "Demain ce seront des Hommes" (1957) de Jack Garfein, Virginia Vincent apparue dans "La Voleuse d'Amour" (1951) de John Cromwell ou "Je veux Vivre !" (1958) de Robert Wise, Frank Puglia vu dans "Les Deux Orphelines" (1921) de D.W. Griffith, "Captain Blood" (1935) et "Casablanca" (1942) tous deux de Michael Curtiz, Naomi Stevens vue plus tard dans "La Garçonnière" (1960) de Billy Wilder ou "La Vallée des Poupées" (1967) de Mark Robson, puis Whit Bissell vu dans "Quelque Part dans la Nuit" (1946) de Joseph L. Mankiewicz ou "L'Etrange Créature du Lac Noir" (1954) de Jack Arnold et retrouvera son réalisateur Martin Ritt pour "Le Plus Sauvage d'entre Tous" (1963) et "Casey's Shadow" (1978)... Avec ce film, Martin Ritt lorgne sur les plates-bandes de Douglas Sirk avec un mélo très classique dans les grandes lignes, mais qui se distingue aussi par quelques détails singuliers qui font la différence. Le film débute comme un drame déchirant avec une veuve mafieuse, endeuillée depuis très récemment et qui souffre aussi de l'emprisonnement de son fils adolescent, tandis que son prétendant veuf est lui même empêché par une grande fille aussi jalouse que possessive au grand dam aussi de son propre fiancé. Le scénario oscille donc constamment entre instants de bonheur souvent fugaces et des passages plus tragiques, où l'agressivité verbale impose malaise et déconvenue.
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Les instants de bonheur restent attendus et normaux quand il s'agit de la fille Mary et son fiancé, ils sont beaucoup plus tendre et touchant quand ils 'agit des deux veufs qui tentent de s'offrir un nouvel avenir à deux. On savoure ainsi le premier sourire échangé dans le train ou la danse improvisée. Les passages plus dramatiques dévoilent surtout les failles post-traumatiques d'une fille devenue adulte sans doute trop vite, qui a tout fait pour son père dont le fiancé lucide lui rappelle qu'il faut arrêter de "materner" son père. De l'autre côté, il y a le jeune fils en maison de correction qui permet surtout de placer un premier message d'espoir symboliser avant tout par un directeur humain et compréhensif, a contre courant de ce qu'on voit souvent dans le genre. Les acteurs sont tous impeccables, notamment ceux qui jouent le fiancé et les enfants, mais surtout c'est la belle osmose au sein du couple Loren-Quinn qui nous charme, Sophia Loren en veuve séduisante et digne face à un Anthony Quinn presque à contre-emploi flirtant avec une ligne jaune trop sentimentale voire mièvre mais l'équilibre est si ténu que le tout fonctionne parfaitement montrant qu'un homme d'âge mûr amoureux se rajeunit sans aucun doute. Il y a sans nul doute quelques facilités notamment et surtout lors du dénouement mais l'émotion nous submerge et c'est bien là ce qui compte.
Note :
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