Recherche Susan Désespérément (1985) de Susan Seidelman
Après un premier film "Smithereens" (1982) présenté au Festival de Cannes 1982 sans pour autant avoir été réellement remarqué, la réalisatrice Susan Seidelman revient avec une histoire écrite par Leora Barish, qui signera ensuite "Golden Eighties" (1986) de Chantal Ackerman, son propre film et "Basic Instinct 2" (2004) de Michael Caton-Jones, en collaboration non créditée avec Floyd Byars qui retrouvera la réalisatrice pour son film suivant "Et la Femme créa l'Homme Parfait" (1987) de Susan Seidelman avant de signer "Masterminds" (1997) de Roger Christian et "Compulsion" (2013) de Egidio Coccimiglio. Cette petite comédie doit avant tout beaucoup à son casting, car il est plutôt surprenant que ce film obtienne deux nominations au César du meilleur film étranger et à l'Oscar de la meilleure actrice pour Rosanna Arquette qui obtiendra en fait le BAFTA du meilleur second rôle féminin. Le film reste surtout un joli succès commercial, rien que sur le sol américain il engrange plus de 27 millions de dollars pour 4.5 millions de dollars de budget. Néanmoins, il est évident que le film bénéficie de l'aura de sa tête d'affiche, avec le temps le film restera à la postérité pour avoir été le premier grand rôle de cinéma de la pop star Madonna, beaucoup moins pour ses qualités intrinsèques. La réalisatrice Susan Seidelman signera encore quelques films comme "Cookie" (1989) ou "She-Devil, la Diable" (1989) avant de continuer sa carrière à la télévision... Roberta, jeune épouse bourgeoise coincée du New-Jersey s'ennuie dans sa vie conjugale malgré le luxe qui l'entoure. Quand elle découvre dans les petites annonces "Recherche Susan Désespérément" elle décide de rencontrer cette Susan, mais finalement elle tente d'en savoir plus sur elle, qui est si différente et finit par tenter de lui ressembler, à ses risques et périls...
/image%2F0935117%2F20260806%2Fob_cc79d2_recherche-susan-desesperement-affiche.jpg)
La petite bourgeoise Roberta est jouée par Rosanna Arquette apparue auparavant dans "S.O.B." (1981) de Blake Edwards ou "Silverado" (1985) de Lawrence Kasdan, tandis que Susan est incarnée par Madonna, alors pop star en pleine gloire après ses albums "Madonna" (1983) et "Like a Virgin" (1984) qui aperçue déjà brièvement dans "A Certain Sacrifice" (1979-1981) et "Vision Quest" (1985), et retrouvera plus tard dans "Ombres et Brouillard" (1992) de Woody Allen, "Snake Eyes" (1993) de Abel Ferrara et "Brooklyn Boogie" (1995) de Wayne Wang l'acteur Victor Argo qui lui-même Rosanna Arquette et Will Patton après "After Hours" (1985) de Martin Scorcese, puis retrouvera dans "La Dernière Tentation du Christ" (1988) de Scorcese, "Brooklyn Boogie" (1995) et "New Rose Hotel" (1998) de Ferrara son partenaire John Lurie vu dans "Stranger than Paradise" (1984) de Jim Jarmush à l'instar de Richard Edson qui retrouvera dans "Do the Right Thing" (1989) de Spike Lee l'acteur John Turturro qui retrouve et retrouvera Michael Badalucco dans "Raging Bull" (1980) de Scorcese, puis "Miller's Crossing" (1990) des frères Coen et "Jungle Fever" (1991) de Spike Lee, Turturro retrouvera également Madonna dans "Girl 6" (1996) de Spike Lee puis dans "Summer of Sam" (1999) du même réalisateur il retrouvera Peter Maloney qui sera dans "JFK" (1991) de Oliver Stone avec Laurie Metcalf qui retrouvera Susan Seidelman et l'actrice Ann Magnusson dans "Et la Femme créa l'Homme Parfait" (1987). Citons ensuite Giancarlo Esposito aperçu dans "Taps" (1981) de Harold Becker ou "Cotton Club" (1984) de Francis Ford Coppola et qui retrouvera plusieurs partenaires dans "Brooklyn Boogie" (1995), Aidan Quinn aperçu dans "Reckless" (1984) de James Foley et qui sera à son apogée plus tard avec "Légendes d'Automne" (1994) de Edward Zwick et "Frankenstein" (1994) de Kenneth Branagh, Mark Blum qui se perdra ensuite dans des petits rôles dans les séries TV "New-York, Police Judiciaire" et "New-York Section Criminelle" (1993-2011), Robert Joy apparu dans "Ragtime" (1981) de Milos Forman puis plus tard "Radio Days" (1987) de Scorcese ou également "Ombres et Brouillard" (1992), Anna Thompson remarquée surtout plus tard à partir de "Impitoyable" (1992) de et avec Clint Eastwood ou "The Crow" (1994) de Alex Proyas, Timothy Carhart vu dans "S.O.S. Fantômes" (1984) de Ivan Reitman ou "Witness" (1985) de Peter Weir, puis enfin Shirley Stoler vue dans "Klute" (1971) de Alan J. Pakula ou "Voyage au Bout de l'Enfer" (1978) de Michael Cimino... Outre la B.O. forcément eighties, notons que la musique est signée de Thomas Newman qui sera surtout connu plus tard comme le compositeur fidèle de Sam Mendes de "American Beauty" (1999) à "Empire of Light" (2022)... Une épouse bourgeoise coincée s'ennuyant ferme finit par être obnubilée par une femme plus en marge, belle et rebelle, peu farouche, au look à la mode et donc un exemple à suivre pour se distinguer et sortir de la torpeur conjugale. Roberta/Arquette la bourgeoise en fait s'est simplement trouvé un petit jeu pour se divertir, suivre et copiée Susan/Madonna, stéréotype idéale de la bad girl des eighties. Elle commence à faire la détective en herbe pour en apprendre plus sur Madonna qui reste au début une énigme pour la petite bourgeoise coincée.
/image%2F0935117%2F20260812%2Fob_46b731_bcfldomgeadqu8y6air-s7azymd9eiljkyzn79.jpg)
Evidemment, ça serait d'un ennui profond s'il n'y avait pas autre chose, et la bonne idée est aussi celle qui semble la plus évidente, si Roberta Copie Susan, Roberta devient Susan. Le scénario est sur ce point plutôt bien ficelé et on s'amuse assez des quiproquos et interférences que génèrent une Roberta que certains prennent logiquement pour Susan dans des interactions assez crédibles. Mais on constate deux points faibles, le plus embêtants reste le rythme, trop monocorde et monotone, trop sage ce qui nous force à nous attarder sur le second point faible, les dialogues tout aussi sages voir parfois insipides. Quelques passages laissent perplexes comme l'époux qui n'est jamais choqué ou ému malgré qu'il soit cocu, tandis qu'on remarque surtout que le film est une pub culte et vintage de la mode des années 80 dont le porte-manteau de luxe reste Madonna dont la magazine Vogue avait par ailleurs noté à l'époque que "ce fut une véritable révolution. Mitaines, crucifix, motif léopard, lingerie apparente et boucles sauvages..." Cette iconographie est l'atout majeur du film, entre mode et Madonna, pourtant n'oublions pas Rosanna Arquette qui sort son épingle du jeu. Une petite comédie à la sororité mêlée de nostalgie à laquelle il manque encore plus de fun et de fantaisie.
Note :
![]()
![]()
/file%2F0935117%2F20241022%2Fob_cfab59_bf982c02ee39e172a259a3face755554.webp)