Les Matins Merveilleux (2026) de Avril Besson
Premier long métrage de Avril Besson qui voit le jour après des années de tentatives infructueuses. Pour convaincre les financiers elle a signé le couirt-métrage "Queen Size" (2023), qu'elle a imaginé comme un "véritable teaser émotionnel" dixit la cinéaste. Elle a ainsi pu recevoir entre autre le soutien des producteurs des films "Onoda, 10000 Nuits dans la Jungle" (2021) et "L'Inconnue" (2026) tous deux de Arthur Harari. Réalisatrice-scénariste, Avril Besson co-écrit son scénario avec Pauline Baduel qui a écrit le film "Ollie" (2024) de Antoine Besse, puis en collaboration avec Fanny Sidney, actrice de son film qui a déjà elle-même réalisé ou écrit quelques courts métrages... Alors qu'elle revient de l'enterrement de sa grand-mère, Charlie est en route pour la Côte d'Azur dans sa Twingo et une collection de vieux vinyles. Elle s'installe bientôt dans une station balnéaire où elle va faire des rencontres curieuses comme Marina dont le rêve idéal serait une pizzeria dans son village, ou Titou caviste rêveur...
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Charlie est incarnée par India Hair vue dernièrement dans "Trois Amies" (2024) de Emmanuel Mouret, "Les Barbares" (2024) de et avec Julie Delpy ou "Histoires Parallèles" (2026) de Asghar Farhadi. Marina est jouée par Raya Martigny qui retrouve logiquement sa réalisatrice après le court "Queen Size" (2023) et aperçue depuis dans "Les Reines du Drame" (2024) de Alexis Langlois, tandis que Titou est joué par Eric Cantona dans un rôle bien plus passionnant que ces derniers potages d'action que sont "AKA" (2023) de Morgan S. Dalibert ou "The Killer" (2024) de John Woo. Citons ensuite Mathias Minne aperçu dans "Brillantes" (2021) de Sylvie Gautier ou "Les Cyclades" (2023) de Marc Fitoussi, Fanny Sidney apparue notamment dans "Respire" (2014) de Mélanie Laurent, "Hippocrate" (2014) de Thomas Lilti ou "Adieu Jean-Pat" (2025) de Cécilia Rouaud, puis Laure Rivaud-Pearce apparue dans "Toni en Famille" (2023) de Nathan Ambrosioni, "Un Coup de Dés" (2023) de et avec Yvan Attal ou "Connemara" (2025) de Alex Lutz... Le film débute avec un ton mélancolique et absurde aussi savoureux que fantaisiste qui lorgne du côté des meilleurs films de Bruno Podalydès. Au départ on suit donc avec tendresse le périple endeuillé de Charlie/Hair mais très vite, arrivée à la petite station balnéaire le scénario va se construire sur deux facettes inégales, l'une inspirée touchante décalée entre Podalydès et le duo Kervern-Delépine, puis l'autre plombée par une histoire d'amour qui ne fonctionne jamais à l'écran.
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D'abord, l'idée de la station balnéaire hors-saison est plutôt judicieuse, créant un parallèle entre une station estivale désertée et donc comme vidée de toute âme, solitaire, avec Charlie/Hair, en deuil, un peu paumée au début tant il lui semble avoir perdue une partie d'elle-même. Puis le récit se construit autour de deux personnages, celui de Marina/Martigny qui ne nous touche jamais, trop dans la caricature et surtout qui ne semble exister que par la complaisance aux drogues dures et une certaine inconscience assumée... ATTENTION SPOILERS !... elle se vante d'avoir goûtée aux drogues dures, en offre à Charlie comme si c'était un bonbon, offre de l'alcool à une gamine de 16 ans... FIN SPOILERS !... sans compter que Raya Martigny joue très mal, jouant plutôt son propre rôle sans aucune nuance ou implication émotionnelle. L'idylle est à la fois téléphonée et si peu crédible, on y croit pas. Les personnages secondaires gravitant autour de Marina/Martigny sont accessoires, on se demande toujours si un enjeu ou une intrigue va émerger. Par contre, la partie où Titou/Cantona entre en jeu est très nettement la plus réussie. Cantona offre une performance en contre-emploi total, avec autant de charme que d'auto-dérision en doux passionné nostalgique du disco, et surtout toutes les meilleures scènes du film sont en lien direct ou indirecte avec Titou/Cantona, de la séquence assez magique de la danse disco au passage pleine d'émotion de la vidéo "vintage" avec la maman. C'est aussi la partie Titou qui nous en dévoile plus sur Charlie/Hair, qui nous montre les plus belles séquences alors que la partie Marina/Martigny reste ancrée dans une sorte de téléfilm insipide et indigeste. Dommage, au final, on conseille de remonter le film et rester sur un court métrage focalisé sur la rencontre avec Titou...
Note :
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