I Want your Sex (2026) de Gregg Araki

par Selenie  -  30 Juillet 2026, 14:14  -  #Critiques de films

12ème long métrage de l'américain Gregg Araki depuis son remarqué "Three Bewildered People in the Night" (1987), connu aussi pour entre autre "Mysterious Skin" (2004) ou "Kaboom" (2010) et qui n'avait plus tourné depuis "White Bird" (2014). Producteur-réalisateur-scénariste spécialisé des histoires autour de portraits d'une jeunesse en marge, plous ou moins paumée entre rage et nihilisme et souvent à la sexualité décomplexée, il revient avec une histoire plus "adulte" bien que centrée une nouvelle fois sur un jeune co-écrit avec Karley Sciortino, connue comme productrice-créatrice de la série TV "Now Apocalypse" (2019). Le film est interdit au moins de 12 ans... Elliott, jeune homme naïf en quête de sens, décroche un emploi qui semble trop beau pour être vrai. Il décroche un poste auprès de Erika Tracy, une artiste sulfureuse qui décide que Elliott va devenir sa "muse sexuelle". Les fantasmes les plus audacieux de Elliott semblent alors devenir réalité mais il va comprendre aussi qu'il entre dans un univers trouble où se mêlent désir, manipulation, trahison et pouvoir... 

Elliott est joué par Cooper Hoffman, fils du regretté Philip Seymour Hoffman déjà remarqué dans "Licorice Pizza" (2021) de Paul Thomas Anderson, "Wildcat" (2023) de Ethan Hawkes ou "Marche ou Crève" (2025) de Francis Lawrence, tandis que sa patronne Erika Tracy est incarnée par Olivia Wilde vue notamment dans "Rush" (2013) de Ron Howard, "Don't Worry Darling" (2022) de elle-même ou "Babylon" (2022) de Damien Chazelle, elle retrouve après son propre film "Booksmart" (2019) son partenaire Mason Gooding accessoirement fils de l'acteur Cuba Gooding Jr. surtout vu dans la franchise "Scream" (2022-2026) de Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin. Citons ensuite Charli XCX, star de la musique apparue déjà dans quelques films, d'abord pour sa voix dans le film d'animation "Angry Bird le Film" (2016) de Clay Kaytis et Fergal Reilly, ou "Sacrifice" (2025) de Romain Gavras, Daveed Diggs lauréat d'un Grammy Award et d'un Tony Award pour sa perfomance dans la comédie musicale Off-Broadway "Hamilton" (2015-2020) et aperçu sur grand écran dans "Blindspotting" (2018) de Carlos Lopez Estrada et "Velvet Buzzsaw" (2019) de Dan Gilroy, Chase Sui Wonders apparue dans "On the Rocks" (2020) de Sofia Coppola, "Bodies Bodies Bodies" (2022) de Halina Reijn ou "Souviens-Toi l'Eté Dernier" (2025) de Jennifer Kayton Robinson, Roxane Mesquida vue dans "Rubber" (2010), "Wrong Cops" (2013) et "Réalité" (2014) tous trois de Quentin Dupieux et qui retrouve Gregg Araki après "Kaboom" (2010), àl 'instar de Margaret Cho aperçue dans "Volte/Face" (1997) de John Woo ou "Bright" (2017) de David Ayer qui retrouve le réalisateur après "The Doom Generation" (1995) ainsi que son partenaire James Duval qui était aussi dans "Totally Fucked Up" (1993), "Nowhere" (1997) et "Kaboom" (2014), et vu entre temps dans "Go" (1999) de Doug Liman, "Donnie Darko" (2001) de Richard Kelly ou "May" (2002) de Lucky McKee, puis enfin Johnny Knoxville célèbre pour sa franchise "Jackass" (2000-2026) et vu notamment dans "A Dirty Shame" (2004) de John Waters, "Les Seigneurs de Dogtown" (2005) de Catherine Hardwicke ou "Le Dernier Rempart" (2013) de Kim Jee-Woon... Nouveau film sur une liaison sado-masochiste après les récents "Babygirl" (2025) de Halina Reijn et "Pillion" (2026) de Harry Lighton, et surtout sur la nuance autour de la soumission (En savoir plus ICI !) avec deux paramètres centraux, d'abord la relation patronne-employé et donc logiquement ouvre le prisme du harcèlement sexuel, et puis plus pernicieusement le quid du consentement, d'autant plus quand il s'agit d'un jeune homme soumis à une femme forte et dominatrice. Outre les thématiques annoncées, la mise en scène de Gregg Araki opte pour un contexte et un environnement visuel coloré et flashy presque anachronique avec des éléments visuels très seventies qui renvoient à la parenthèse enchantée et à une certaine idée de la liberté sexuelle. Elliott est une jeune homme qui fantasme sur sa patronne, une patronne qui le choisit de façon aussi inattendue que surprenante comme amant SM, si nous nous posons des questions sur un tel choix car, faut bien l'avouer, Elliott/Hoffman n'est pas un top model comparé aux autres assistants de Erika/Wilde, lui, Elliott en s'en pose aucune.

En effet, quel jeune homme dans la force de l'âge dirait non au plaisir avec une femme magnifique et avec, pourquoi pas, un avantage professionnel envisageable ?! Pas beaucoup... D'ailleurs, a contrario de la plupart des films sur le sujet, ici la "victime" assume et rappelle que si il était soumis voir même exploité il était tout aussi consentant. Pour les plus cinéphile, on peut percevoir un savoureux hommage au chef d'oeuvre "Boulevard du Crépuscule" (1950) de Billy Wilder ... ATTENTION SPOILERS !... le début du film, le corps dan la piscine, et le flash-backs pour raconter les événements qui ont amené à ce "plongeon", puis le cauchemar comme mise en abyme et ce visage qui "fond" renvoie à l'ultime plan de Norma/Swanson, on pourrait même percevoir une version rajeunie et modernisée de Norma/Swanson en Erika... FIN SPOILERS !... Mais surtout, Araki réussit là nous perdre dans les méandres des genres, débutant comme une comédie débridée à la John Waters ("Pink Flamingos" en 1972 ou "A Dirty Shame" en 2004) le film vire vers le thriller psycho-érotique avant de finir une comédie satirique de moeurs magnifiquement amenée avec un twist inattendu et un épilogue savoureux, le tout parsemé de partie "animée" ou "psychédélique" qui confirme la dimension fantasmée du récit. Le cinéaste brise les questions-réponses toute faites autour du harcèlement-soumission, abolit les frontières où victime, complice, auteur, coupable ou responsable sont aussi poreuses qu'inextricables. Certe Gregg Araki choisit parfois la facilité et râte sans doute la partie avec les deux amies de Elliott/Hoffman qui méritait un peu mieux, mais il signe une comédie caustique, lucide et pertinente qui permet de prendre le contre-pied aux films souvent plus consensuels sur le sujet. 

 

Note :          

14/20
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