Pillion (2026) de Harry Lighton
Premier long métrage du britannique Harry Lighton après quelques courts métrages comme "Sunday Morning Comming Down" (2016) ou "Pompeii" (2019) et surtout "Wren Boys" (2018) qui a été particulièrement remarqué. Pour son projet le réalisateur-scénariste adapte le roman "Box Hill" (2020) de Adam Mars-Jones dont il change quelques éléments, comme le fait d'ancrer l'histoire aujourd'hui et non pas en 1975, tandis que le titre du film désigne en fait le passager arrière d'une moto, il a même une connotation de soumission chez les motards gays. D'ailleurs pour s'imprégner du milieu le cinéaste a sollicité la collaboration du GCCBM le plus grand club de moto LGBT du Royaume-Uni. Le réalisateur-scénariste précise son idée : "Nous sommes tous aux prises avec des modèles et des dynamiques de relations, qu'elles soient sexuelles ou platoniques. Je voulais montrer que des contradictions existent dans les relations atypiques, où la brutalité et la tendresse coexistent." Pour aider à préparer leur rôle, le cinéaste a conseillé à son acteur principal de visionner le court métrage expérimental culte "Scorpio Rising" (1963) de Kenneth Anger. Le film a été présenté au Festival de Cannes 2025 où il a obtenu le prix du meilleur scénario original dans la section Un Certain Regard. Le film est interdit au moins de 16 ans...
Colin, jeune homme introverti rencontre Ray, un homme plus âgé, séduisant et charismatique leader d'un club de motards. Ray l'introduit dans sa communauté et de lui son partenaire soumis... Colin est joué par Harry Melling vu notamment dans "Macbeth" (2021) de Joel Coen, "The Pale Blue Eye" (2022) de Scott Cooper ou "Harvest" (2024) de Athina-Rachel Tsangari, tandis que Ray est incarné par Alexander Skarsgard vu dans "Clair-Obcsur" (2021) de Rebecca Hall, "The Northman" (2022) de Robert Eggers ou "Lee Miller" (2023) de Ellen Kuras. Citons ensuite Brian Martin aperçu dans le film "The Cup" (2013) de Simon Wincer et ensuite surtout vu à la télévision dont la série TV "Cesar Wagner" (2020-...), Georgina Hellier essentiellement vue à la télévision également comme dans la série TV "Industry" (2020-...), Douglas Hodge aperçu dans "Robin des Bois" (2010) de Ridley Scott, "Tulip Fever" (2017) de Justin Chadwick, "Red Sparrow" (2018) de Francis Lawrence, ou "Joker" (2019) de Todd Phillips, puis Lesley Sharp apparue dans "From Hell" (2001) de Albert et Allen Hugues, dans les séries TV "Scott & Bailey" (2011-2016) ou "Starlings" (2012-2013), tandis que la plupart des autres acteurs sont surtout apparus dans quelques épisodes télé... Le sujet n'a rien de nouveau, il suffit de se souvenir de quelques soumissions au cinéma (Voir ICI !) mais le réalisateur-scénariste britannique ajoute deux paramètres essentiels qui changent toute la dimension du film, la relation gay évidemment et l'univers de bikers donnant une anti-thèse totale par exemple au récent "The Bikeriders" (2024) de Jeff Nichols. On peut pourtant rester perplexe sur deux autres choix du cinéaste dans cette histoire SM. D'abord le fait que Colin/Melling a effectivement tout de la victime soumise et pas que dans une relation sexuelle SM mais on l'imagine bien "victime soumise" dans n'importe quelle situation du quotidien, ainsi le fait que Ray/Skarsgard le choisisse en fait un prédateur comme n'importe quel agresseur en ville qui choisit une cible facile.
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Le début de leur relation manque ainsi un peu de finesse et on tombe même dans une caricature trop brutale et/ou soudaine. Mais petit à petit on reste assez fasciné par cette relation unilatérale SM malsaine qui impose souvent quelques malaises nous interrogeant sur nos propres limites dominant-dominé. Mais on le côté SM est un peu biaisé, généralement il est de notoriété tacite que c'est un milieu avec des règles alors qu'ici il n'y en a aucune, vraiment aucune, l'un n'a presque pas besoin d'expliquer, l'autre accepte tout sans broncher, à tel point qu'il n'y a aucun nuance et qu'on n'est plus dans l'esclavage moderne : on accepte notre labeur car pas le choix, comme Colin/Melling accepte sa position juste pour assouvir une frustration qu'il renferme depuis toujours. On commence donc à s'ennuyer et à rester trop en retrait d'une relation à sens unique où un homme humilie un autre qui en redemande. On a vite fait le tour. Mais finalement Colin s'éveille à autre chose, tente une alternative et enfin le récit devient plus intéressant, malheureusement on est déjà dans la dernière partie. Les deux acteurs forment un duo magnétique, à la fois en osmose et si différent qu'on devine la fin forcément au diapason de leur préférence. Un drame sexuel singulier, unique même sans doute, qui mérite rien que pour ça le détour, mais on aurait aimé que la dernière partie soit la plus exploitée, la plus importante et centrale.
Note :
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