Mad Max : Fury Road (2015) de George Miller

par Selenie  -  15 Mai 2015, 14:20  -  #Critiques de films

Après une vingtaine d'année dans un cinéma pour enfant ("Babe", "Happy Feet"...), le réalisateur australien George Miller revient avec la saga qui l'a rendu célèbre et qui a fait de Mel Gibson une star internationale. Après de nombreuses années à tergiverser pour choisir un nouvel angle, le réalisateur-scénariste est enfin arrivé à un nouveau film. Ni remake, ni suite ou prequel, Miller a plutôt choisi un reboot du "Mad Max 2", un Mad Max revisité et remis au goût du jour. Projet qui surfe sur le culte du film originel, casse-gueule la plupart du temps... "Fury Road" tient pourtant toutes ses promesses et plus encore... Exit Mel Gibson qui laisse ici son rôle de Max Rockatansky à Tom Hardy, lui associant une femme aussi belle que dangereuse avec Emperator Furiosa jouée par Charlize Theron (impressionnante !). On ne reconnaitra pas le méchant Immortan Joe qui est interprété par Hugh Keays-Byrne qui n'est autre que Le Chirurgien, méchant du premier "Mad Max" (1979) !...

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Après un prologue en voix Off rapide qui pose la base d'un monde post-apocalyptique, le film démarre à 100 à l'heure pour ne plus quitter le rythme tonitruant pendant 2h de folie furieuse. Si Max est notre héros tant attendu, le véritable premier rôle est bien celui de Furiosa, traîtresse du tyran Immortan Joe qui tente de sauver les esclaves sexuelles de ce dernier en se sauvant le plus loin possible. La bonne idée est de rendre d'entrée Furiosa en égal de Max, ce dernier ayant un petit problème au début... Max se retrouve alors obligé d'aider une femme dangereuse qui cherche la rédemption et 5 femmes brisées (dont Zoé Kravitz et Rosie Huntington-Whiteley) à travers le désert avec une horde de War Boys emmenée par un tyran aussi hideux que psychopathe. On est frappé par la violence déchainée mais aussi par l'incroyable intensité qui se dégage à chaque plan, à chaque scène, avec une mise en scène virtusoe, une caméra aventureuse et une vraie audace de bout en bout. Les cascades toutes aussi inouïes les unes que les autres, à 80% tournées à l'ancienne (sans trucages numériques) avec 150 cascadeurs dont 65 inclus parmi l'armée des War Boys... En effet, les nouveaux jouets mécaniques du film passent par des engins jamais vus sur lesquels les risques sont aussi flagrants que probants. La rage kamikaze d'une horde de malades contre l'instinct de survie suicidaire d'une petite troupe donne un film qui porte parfaitement son titre. Dommage pour les quelques maladresses comme le personnage de Nux un peu vite rentré dans le rang, l'arche du défilé qui explose 2 fois (ou est-ce une seconde route ?! Ca serait de la mauvaise foi...), une fin un peu simple ou ce côté médical un peu poussif... Mais George Miller semble avoir pris le meilleur de "Mad Max 2" et de "Mad Max : au-delà du dôme du tonnerre" et d'avoir digéré 30 ans d'évolution cinéma pour signer et offrir un opéra sanglant et bestial, une course effrénée vers une liberté à laquelle on ne croit pourtant plus. Un mélange des genres qui donne au final un film d'action parmi les meilleurs jamais vus. On en sort sonné, bouche-bée, une claque visuelle et émotionnelle pour ce qui est aujourd'hui même (un peu) meilleur que "Mad Max 2"...

 

Note :              

 

19/20