Skyfall (2012) de Sam Mendes

par Selenie  -  1 Juin 2020, 08:53  -  #Critiques de films

Ce 23ème opus de la saga tombe à pic pour le 50ème anniversaire de la saga de EON Productions qui a débuté avec "James Bond contre Dr. No" (1962) de Terence Young. Ce qui accentue la pression pour ce film qui, de fait, est quasiment le film la plus attendu de l'année 2012. Ce film fait suite à la portion qui a débuté avec Daniel Craig dans le rôle titre avec "Casino Royale" (2006) de Martin Campbell et "Quantum of Solace" (2008) de Marc Forster. Si désormais il est admis que l'histoire ne soit pas directement tirée d'une oeuvre de Ian Fleming, ce Bond est le premier a être tourné entièrement en numériqueet le premier ayant droit à une conversion IMAX. Le titre (littéralement "Chute du Ciel") fait référence au manoir familial des Bond (et donc à ses secrets) déjà abordé dans le 10ème roman de Fleming adapté au cinéma avec "Au Service Secret de sa Majesté" (1969) de Peter Hunt. Manoir qui a été inspiré directement à l'auteur par son propre manoir familial, le manoir de Dalness en Ecosse. L'histoire est toujours signée de Neal Purvis et Robert Wade présents depuis "Le Monde ne Suffit pas" (1999) de Michael Apted, mais cette fois sans Paul Haggis qui a été pris par ses propres films et a donc été remplacé par John Logan qui n'est pas moins réputé avec une filmo comportant des titres comme "Gladiator" (2000) de Ridley Scott et "Sweeney Todd" (2007) de Tim Burton. Exit Marc Forster qui a un tantinet déçu avec "Quantum of Solace", et le choix a cette fois surpris son monde puisque c'est Sam Mendes qui reprend les commandes. La plupart du temps, EON Productions a choisi des réalisateurs moins prestigieux alors que Mendes a un statut bien au-delà avec de grands films comme le chef d'oeuvre "American Beauty" (2000) ou "Jarhead" (2005)... Le MI6 a été hacké et attaqué à la bombe. Un attentat qui semble viser directment M. Alors que M se retrouve à se justifier devant le parlement qui veut la pousser vers la retraite James Bond va trouver celui qui est derrière tout ça, Silva un ex-double zéro du MI6... Il est certain que le choix du réalisateur et surtout le fait qu'il ait accepté ce poste n'est pas anodin et qu'il a influé sur le scénario comme d'une grande partie de la distribution. En effet, on remarque que certains postes clefs ont changé de main avec notamment le Directeur Photo Roger Deakins et le compositeur Thomas Newman qui ont tous deux déjà travaillé avec Sam Mendes sur  "Les Sentiers de la Perdition" (2002) et "Les Noces Rebelles" (2008).

Mendes retrouve aussi pour l'occasion Daniel Craig après "Les Sentiers de la Perdition" alors qu'il n'était pas encore star et qui depuis a confirmé son statut avec d'autres films comme "Les Insurgés" (2008) de Edward Zwick et le remake "Millenium" (2011) de David Fincher. On retrouve pour la 7ème et ultime fois dans une James Bond Judi Dench/M vue entre temps dans "My Week with Marylin" (2011) de Simon Curtis et "Indian Place" (2012) de John Madden mais surtout on retrouve deux personnages récurrents et centraux à la saga qui avait disparu avec le retour aux sources "Casino Royale". Ainsi se présente à 007 Naomie Harris/Moneypenny qui a croisé un autre 007 dans "Coup d'Eclat" (2004) de Brett Ratner (tournage durant lequel l'acteur a appris qu'il ne serait plus James Bond !) et vue en Calypso dans "Pirates des Caraïbes : Le Secret du Coffre Maudit" (2006) et "Pirates des Caraïbes : Jusqu'au Bout du Monde" (2007) tous deux de Gore Verbinski, puis Ben Wishaw/Q qui retrouve également Daniel Craig après "Layer Cake" (2004) de Matthew Vaughn et vu depuis dans "Le Parfum" (2006) de Tom Tykwer et "Bright Star" (2009) de Jane Campion. De nouveaux personnages sont joués par Ralph Fiennes qui vient alors de terminer sa saga en Voldemort dans les "Harry Potter" (2001-2012), et Albert Finney en garde-chasse du domaine familial des Bond qui joue là son dernier rôle au cinéma et dont on peut citer dans ses derniers films "Big Fish" (2003) de Tim Burton et "7h58 ce samedi-là" (2007) de Sidney Lumet. Et enfin, on constate que cet opus n'est pas dispandieux en matière de méchant et de Bond Girls, avec dans la première catégorie Javier Bardem déjà vu notamment dans "Mar Adentro" (2004) de Alejandro Amenabar, "No Country for a Old Men" (2007) des frères Coen et "Vicky Cristina Barcelona" (2008) de Woody Allen, puis chez les Girls une seule séductrice (outre Moneypenny !) interprétée par la française Bérénice Marlohe qui, sans CV solide a obtenu le rôle au culot, mais qui ne sera pas franchement payé en retour puisqu'à ce jour le seul film à remarquer dans sa filmo se résume à  "Song to Song" (2015) de Terrence Malick... On plonge avec délectation dans cette suite qui offre un pré-générique inédit où James Bond qui ressuscite pour un retour aux sources de bon augure. La bonne idée du scénario est le mariage entre le passé (de M et de Bond) et en même temps de placer cet opus comme un nouveau départ (entre M et Bond !). Le récit avance à coup de rebondissements efficaces comme l'explosion du MI6 qui rappelle forcémement celui dans "Le Monde ne Suffit pas" (1999) de Michael Apted. Le scénario instaure un joli suspens (rare à ce point tant les Bond ont un cahier des charges lourd) mais le récit déçoit ensuite, à partir de l'arrivée du méchant. 

Javier Bardem incarne un psychopathe savoureux mais il lui manque un entourage plus présent, pas un bras droit, pas un second fou furieux ce qui manque assurément. Mais le pire est le processus de vengeance : pourquoi tant d'années de préparation, d'opérations furtives, d'attaques informatiques et de jeux de pistes pour finalement foncer dans le tas à coup de massacre armée ?!?! Outre Bardem/Silva un peu seul en dangereux terroriste, on reste sur notre faim niveau James Bond Girl, Bérénice Marlohe est belle et s'en sort merveilleusement bien mais son rôle est si anecdotique qu'elle ne peut marquer le film de son empreinte. Esthétiquement le film est sans nul doute l'un des plus beaux, la photographie est sublime et si Londres a droit à quelques jolis plans c'est l'arrivée ern Ecosse qui nous laisse bouche bée. On apprécie également beaucoup le retour du thème musical culte de James Bond qui avait quasi disparu avec David Arnold. Thomas Newman réorchestre de façon subtile la musique, avec en prime la chanson de Adele. Cette dernière en fera un tube à plus de 7 millions d'exemplaires vendus avec en bonus l'Oscar et le Golden Globe de la meilleure chanson, symptomatique du succès phénoménal du film au box-office. Le film va atteindre plus de 1 milliard de dollars au box-office Monde ce qui en fait le plus gros succès de la saga, devenant notamment le plus gros succès de l'Histoire du Royaume-Uni devant "Avatar" (2009) de James Cameron, en France il dépasse "Goldfinger" (1964) de Guy Hamilton qui détenait le record de la saga. 

 

Note :           

16/20

 

Pour info bonus, Note de mon fils de 11 ans :               

15/20

 

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hannibal 14/06/2013 19:32

Pas transporté, mais le film est sauvé par l'approche d'un héros vieux, comme dans TDKR et grâce à Bardem !
Bref, je préfère les deux précédents (eh oui, j'ai adoré Quantum of Solace)...

Mais sinon ouais, c'était pas mal...

14/20

2flicsamiami 28/10/2012 10:12

Un des meilleurs, c'est clair.
Pas fait attention aux cercueils et au mannequin, je ferais attention quand je le reverrais en Bluray. Merci pour l'info en tout cas :)
Sinon, pour le méchant, je l'ai trouvé pour ma part excellent. Il me fait penser au Joker.

Wilyrah 27/10/2012 11:44

Déçu par le scénario, satisfait par la mise en scène.

selenie 27/10/2012 09:31

Mouais... On va dire ça, de toute façon j'indique bien que ce sont des détails :)

FredericTarantino 26/10/2012 22:54

Je l'ai vu cet après midi et je n'ai absolument pas été déçu en tout cas, je trouve que sur l'incohérence que tu cites, n'est pas fondé étant donné qu'on dit qu'il y a eu 6 morts, mais rien ne dit
pas que des blesses dans l'attentat sont morts entre temps. Bref Sam Mendes finit le travail entamés dans les deux précédents, s'approprier la franchise tout en mélangeant le passé et le présent,
un subtile mélange d'action, d'humour et d'émotion sous les airs de James Bond Old School. Une sacré réussite en tout cas