Salaud, on t'aime (2014) de Claude Lelouch

par Selenie  -  3 Avril 2014, 15:58  -  #Critiques de films

Après le décevant "Ces amours-là" (2010) Claude Lelouch retrouve Johnny Hallyday 42 ans après "L'aventure c'est l'aventure". Hallyday retrouvant par la même occasion son ami Eddy Mitchell avec qui il avait déjà tourné il y a un demi-siècle ("Les parisiennes" en 62 et "Cherchez l'idole" en 64)... Débutons par préciser quer Lelouch réalise un film lelouchien, que ceux qui n'aiment pas d'habitude ne soient pas surpris !... Sacré Claude Lelouch, qui s'attache à raconter des histoires multiples où l'amour est omniprésent et sans aucun cynisme, assez rare pour le saluer. Cependant Lelouch oublie ses propres conseils : "... mon objectif est d'épurer au maximum le scénario. Ne pas perdre de vue l'essentiel. L'essentiel est essentiel"...

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Le retour du guerrier, c'est en soi ce que cherche son héros, photographe de guerre (comme l'a été Lelouch lui-même), après des années de vadrouille il se pose enfin et veut profiter de ses filles qu'il n'a pas vu grandir. Si la première heure et demie est plaisante on est éberlué par les 30 dernières minutes où les retournements de situations sont surtout des annonces à l'emporte pièce qui accumulent les invraisemblances et la superficiliaté ; on y croit pplus du tout !... Un gâchis... Si Johnny n'est pas le meilleur il s'en sort bien, mais le couple qu'il forme avec Sandrine Bonnaire manque cruellement de chair, voir d'osmose en déplaise à Lelouch ("ce n'est pas un couple de cinéma. C'est un couple possible. Ils se sont aimés, tout de suite"). Ensuite le réalisateur ne fait pas dans la dentelle avec des plans certes magnifiques mais à la symboliques aussi lourdes (renard et aigle) qu'un éléphant dans un magasin de procelaine. Comme toujours donc Lelouch pêche par un trop plein, pas assez subtil, se laissant aller à la passion en omettant une certaine cohérence de l'oeuvre. D'où des parties scandaleusement râtée (la fin surtout) et des scènes magnifiques ("Rio Bravo" et le drame principal qui est aussi le début de la fin), à l'image de sa filmographie.

 

Note :           

 

08/20