Wonder Woman (2017) de Patty Jenkins

par Selenie  -  8 Juin 2017, 07:29  -  #Critiques de films

Est-ce qu'enfin Warner/DC Comics va se donner les moyens de concurrencer Disney/Marvel ?! En tous cas DC ose et offre avec ce film le premier film de super-héroïne depuis le navet "Elektra" (2005) de Rob Bowman, ainsi que le premier film réalisé par une femme depuis "The Punisher" (2008) de Lexi Alexander. La réalisatrice finalement choisit est Patty Jenkins à qui on doit le très bon "Monster" (2003) qui a valu l'Oscar à Charlize Theron. La volonté d'en faire un film féministe et féminin est assumé en témoigne également le choix de situer les débuts de Wonder Woman lors de la fin d la guerre 14-18 alors qu'en vérité le créateur du Comic William Moulton Marston (et précurseur du détecteur de mensonge pour l'anecdote, à mettre en parallèle avec le lasso de la super-héroïne !) situa son histoire à son époque contemporaine soit 1941. Mais Warner/DC choisit de déplacer le curseur chronologique afin de faire coïncider l'émergence de Wonder Woman avec les premiers pas des suffragettes... Judicieux et pertinent...

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On retrouve donc Wonder Woman et son propre destin après son apparition remarquée dans "Batman V Superman : l'aube de la Justice" (2016) de Zack Snyder, ce dernier restant producteur et maitre d'oeuvre de la franchise DC Comics. Le rôle titre revient à la jolie Gal Gadot (Miss Israël 2004) qui, avant ça, fut remarquée dans les films "Fast and Furious , 6 et 7" (2011-2013-2015). Une telle production se doit d'avoir son casting idéal, mélange malin de stars et d'acteurs de diverses origines. Le belâtre est joué avec classe et autodérision par Chris Pine, les mentors amazones par les jolies Connie Nielsen et Robin Wright, des amis improbables par le frenchy Saïd Taghmaoui et le "Trainspotting"-Man Ewen Bremner, tandis que les méchants sont joués par les vedettes Danny Huston, David Thewlis et l'espagnole Elena Anaya. Le film prend sans doute un peu trop son temps au début mais se doit de bien poser ses personnages, un passage trop explicatif et trop scolaire est pourtant un peu lourd d'une seule traite. Mais le pire est que le prologue donne surtout un premier passage remplit d'incohérences (une ile paradisiaque secrète même pour un dieu mais que de simples "humains" pénètrent sans difficultés ?! La question du navire amiral ne semble pas être un soucis majeur des amazones...).

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Le récit prend vraiment son envol quand Diana Prince quitte l'ile, le scénario prend alors toute son importance et offre là un réel plaisir à suivre les liens plus ou moins francs entre la mythologie, le présent et l'Histoire. A l'instar de Thor chez Marvel, Wonder Woman est donc le pendant féminin de la divinité de l'univers DC. Par contre on aurait aimé une Diana Prince moins invulnérable, par exemple Thor est un dieu mais il est parfois un minimum blessé et tout n'est pas si simple. Mais avec un budget de "seulement" 150 millions de dollars (soit 100 de moins que le dernier "Batman V Superman...") Patty Jenkins signe un vrai bon et beau film sur une super-héroïne qui méritait bien son film. On apprécie particulièrement la reconstitution des tranchées par exemple, et le soin apporté aux costumes. Sur le fond la mythologie Wonder Woman et des amazones tient la route et ouvre la porte à un univers plus complet. La découverte du monde par Diana Prince est savoureux sans en faire des tonnes, mais Gal Gadot porte bel et bien le film et porte haut le torse devant un Chris Pine héroïque mais tout aussi vain dans sa virilité toute basique. A l'instar de quelques incohérences il y a des séquences un peu stupides (Docteur Poison et son devenir ?! le sacrifice de Steve Trevor...  ATTENTION SPOILER ! Car le poison se retrouve dans l'air et faudra bien qu'il retombe ! FIN SPOILER)... Mais Patty Jenkins (et Zack Snyder) réussisse tout de même un joli coup, dans l'ensemble le film reste cohérent au sein de la saga, il ne manque ni d'émotion ni d'action avec en prime quelques bons moments d'humour. Vivement la suite...

 

Note :                 

15/20