Le Fantôme de l'Opéra (2026) de Alexandre Castagnetti

par Selenie  -  29 Octobre 2026, 09:35  -  #Critiques de films

Enième adaptation du célèbre roman éponyme (1910) de Gaston Leroux, qui a connu d'innombrables adaptations au théâtre, à la télévision et une douzaine de longs métrages, toutes étant des évocations plus ou moins fidèles au roman, dont les plus connus sont "Le Fantôme de l'Opéra" (1925) de Rupert Julian, (1943) de Arthur Lubin, (1962) de Terence Fisher, (1974) de Brian De Palma, (1998) de Dario Argento ou (2004) de Joel Schumacher... Ce projet ambitieux est étonnamment porté par Alexandre Castagnetti connu jusqu'ici pour des comédies plus ou moins populaires aux qualités très diverses comme "Amour et Turbulences" (2013), "Le Grimoire d'Arkandias" (2014), le dyptique "Tamara" (2016-2018) ou "L'Ecole est à Nous" (2022). Le pari est d'autant plus hasardeux est qu'il s'agit d'une adaptation moderne, l'histoire est transposé de nos jours avec un scénario signé du réalisateur-scénariste en collaboration avec Camille Fontaine, réalisatrice du film "Par Accident" (2015) mais surtout scénariste sur des films tels que "Coco avant Chanel" (2009) de Anne Fontaine (sans lien de parenté), "Une Belle Equipe" (2020) de Mohamed Hamidi ou "Second Tour" (2023) de et avec Albert Dupontel... Dans le Paris d'aujourd'hui, Anastasia, jeune danseuse intègre l'Opéra de Paris. Alors qu'elle répète Orpheus, un opéra considéré comme maudit, elle tombe amoureuse d'un mystérieux pianiste. A l'approche de la première représentation plusieurs accidents inexpliqués et incidents sèment le trouble tandis qu'Anastasia plonge dans une histoire d'amour impossible... 

Anastasia est interprétée par Deva Cassel, fille de Vincent Cassel et Monica Bellucci aperçue dans "Le Bel Eté" (2023) de Laura Luchetti et ayant prêté sa voix à Ennui dans "Vice Versa 2" (2024) de Kelsey Mann. Le "fantôme" est incarné par Julien de Saint-Jean aperçu dans "Le Comte de Monte Cristo" (2024) de Mathieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, "Fils de" (2025) de Carlos Abascal Peiro ou "Love Me Tender" (2025) de Anna Cazenave Cambet. Citons ensuite Romain Duris qui connaît bien les parents de Deva grâce aux films "Dobermann" (1997) de Jan Kounen, "Fleuve Noir" (2018) de Erick Zonca ou le dyptique "Les Trois Mousquetaires" (2023) de Martin Bourboulon et vu plus récemment dans "Furcy, Né Libre" (2025) de Abd Al Malik ou "Fils de Personne" (2026) de Safy Nebbou, Laïka Blanc-Francard aperçue dans la série TV "The Walking Dead ; Daryl Dixon" (2023-2024) avant le film "Cassandre" (2025) de Hélène Merlin, Axel Auriant apparu dans "Nos Futurs" (2015) de Rémi Bezançon ou "Slalom" (2020) de Charlène Favier, Miglen Mirtchev qui retrouve Duris après "Déjà Mort" (1998) de Olivier Dahan et vu depuis dans "Les Marins Perdus" (2002) de Claire Devers, "Un Conte de Noël" (2008) de Arnaud Desplechin, "Polina, Danser sa Vie" (2016) de Angelin Preljocaj et Valérie Müller ou "Le Consentement" (2023) de Vanessa Filho, Frédéric Maranber apparu dans "Anti-Squat" (2023) de Micolas Silhol, "Elyas" (2024) de Florent Emilio-Siri ou "A Toute Allure" (2024) de Lucas Bernard, puis enfin n'oublions pas les trois véritables danseurs Etoiles de l'Opéra de Paris, deux actuels avec Guillaume Diop et Loup-Marcaud Derouard, puis entre 2007 et 2026 Dorothée Gilbert... N'oublions pas la chorégraphe du film ,qui a son importance, Marion Motin, connue pour avoir travailler sur scène pour Madonna, Sh'ym ou Robbie Williams, et qui a déjà collaboré au cinéma notamment sur "En Attendant Bojangles" (2022) de Régis Roinsard après lequel elle retrouve donc Romain Duris... Les premières minutes sont assez classiques, une première pré-générique qui doit instaurer un mystère forcément macabre mais trop convenu pour vraiment marquer les esprits, puis une seconde qui ferait presque pleurer dans les chaumières. Bref, le début du film n'est pas très prometteur. Par là même, certains remarqueront que Deva Cassel est bien mignonne (vive la génétique) mais elle n'a clairement pas le physique d'une danseuse étoile. On ne lui en tient pas trop rigueur, elle se débrouille très bien et avec sa doublure ainsi que la chorégraphie sans aucun doute choisie en conséquence l'illusion est suffisante. Ce film est sans doute le premier qui situe le récit aujourd'hui, avec la modernité technologique contemporaine, et avec une jeunesse et une discipline bien différente qu'à la fin du 19ème siècle. Ainsi on s'agace de la partie "jeunes en discothèque", superflue inutile et trop longue. Elle dénote d'autant plus que au sein de l'Opéra on perçoit toutes les influences du réalisateur Alexandre Castagnetti.

D'abord, sur le rapport entre amour et fantôme on pense beaucoup au chef d'oeuvre "Une Aventure de Mme Muir" (1947) de J.L. Makiewicz, dans le style et la ligne directrice de l'intrigue on penche forcément pour le côté giallo da la version "Le Fantôme de l'Opéra" (1998) de Dario Argento avec "Black Swan" (2009) de Darren Aronofsky, et enfin, une séquence renvoie forcément au bal des masques dans "Eyes Wide Shut" (1999) de Stanley Kubrick. Des références solides et plutôt logiques malheureusement le scénario fait des choix lourdingues et poussifs qui retirent toute finesse au récit au point d'estomper tout le mystère dont l'histoire a pourtant forcément besoin. Ainsi, on s'agace d'un passage surexplicatif (le coach qui raconte le mythe comme en cours scolaire), d'une réflexion sur la relation antinomique commerce-art vulgarisée vite fait bien fait, tandis qu'on sent que le réalisateur aurait sans doute aimé ajouter une touche d'érotisme sans jamais oser. Résultat, un film tiède, sans chair ni passion, trop sage qui surnage uniquement grâce à un travail esthétique remarquable, le visuel est magnifique, plusieurs plans et séquences sont dignes de l'Opéra, avec en prime 10mn de spectacle final qui vaut le détour. Une grande déception donc au vu du matériau d'origine mais à conseiller tout de même.

 

Note :                 

12/20
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