Moulin (2026) de Laszlo Némès
2026 semble une année riche de la mémoire de 39-45 dans le cinéma avec rien qu'en France, "Des Rayons et des Ombres" (2026) de Xavier Giannoli, le fameux dyptique "La Bataille de Gaulle" (2026) de Antonin Baudry et l'excellent "Notre Salut" (2026) de Emmanuel Marre. Cette fois il s'agit d'un biopic dont on s'étonne que jamais un film ne soit encore sortit sur l'immense personnalité de Jean Moulin (Tout savoir ICI !). Et la réalisation est confié à un hongrois, remarqué dès son premier long métrage avec "Le Fils de Saul" (2015) qui se déroulait déjà durant la Seconde Guerre Mondiale mais dans un Camp de Concentration pour lequel il a reçu le Grand Prix au Festival de Cannes 2015 et l'Oscar du meilleur film étranger 2016. Le cinéaste a ensuite signé "Sunset" (2018) et "Orphelin" (2025). Ce biopic est le premier film du cinéaste dont il ne signe pas le scénario, en effet le projet lui a été proposé par le producteur Alain Goldman avec un scénario écrit par Olivier Demangel à qui on doit des scénarios comme "Atlantique" (2019) de Mati Diop, "Tirailleurs" (2022) de Mathieu Vadepied, "Mercato" (2025) de Tristan Séguéla ou "Le Roi Soleil" (2025) de Vincent Maël Cardona. Laszlo Némès y a vu une "mission" et un projet personnel, entre le devoir de mémoire et comme une lettre d'amour à la France où il vit depuis 1989... Juin 1943, alors qu'il est en mission depuis des mois en France pour unifier les différents réseaux de Résistance, Jean Moulin est arrêté lors d'une réunion secrète par la Gestapo avec plusieurs camarades. Il est transporté au QG de la Gestapo à Lyon où il subit des jours de tortures sous la direction de Klaus Barbie...
Le rôle titre est incarné par Gilles Lellouche vu récemment dans "Le Crime du 3ème étage" (2026) de Rémi Bezançon et "La Vénus Electrique" (2026) de Pierre Salvadori, il retrouve après "Les Aventures Extraodinaires d'Adèle Blanc-Sec" (2010) de Luc Besson et "Sous le Même Toit" (2017) de Dominique Farrugia sa partenaire Louise Bourgoin vue dernièrement dans "Je le Jure" (2025) de Samuel Théis et "La Pire Mère au Monde" (2025) de Pierre Mazingarbe. Le tortionnaire est incarné par l'acteur allemand Lars Eidinger vu entre autre dans "High Life" (2018) de Claire Denis, "Proxima" (2019) de Alice Winocour, "Dumbo" (2019) de Tim Burton ou "Les Leçons Persanes" (2020) de Vadim Perelman. Citons ensuite Marcin Czarnik qui a joué dans tous les films du réalisateur et vu aussi dans "L'Ombre de Staline" (2019) de Agnieszka Holland, et retrouve donc après "Le Fils de Saul" (2015) et "Sunset" (2018) l'acteur Christian Harting vu plus récemment dans "Black Box" (2023) de Asli Özge et "Nuremberg" (2023) de Nikolaï Lebedev, Félix Lefebvre vu dans "Ni Chaînes Ni Maîtres" (2024) de Simon Moutaïrou, "Le Domaine" (2025) de Giovanni Aloi ou "L'Epreuve du Feu" (2025) de Aurélien Peyre, Pierre Nisse qui retrouve Gilles Lellouche après "Mea Culpa" (2012) de Fred Cavayé et apparu depuis dans "Grave" (2016) de Julia Ducournau, "Adoration" (2019) de Fabrice Du Welz ou "L'Envol" (2022) de Pietro Marcello, puis enfin Hortense Quentin de Gromard aperçue dans la comédie "Joli Joli" (2024) de Diastème... Le film est d'emblée assez mal amené, alors que la promo promet un face à face Moulin vs Barbie sur fond de torture on remarque que près de la première moitié du film se fait sans Klaus Barbie/Eidinger, suivant Moulin/Lellouche entre son arrivée en France et sa capture. Le véritable problème du film se résume en deux points, le fait qu'on est dans une sorte de résumé vite fait bien fait, une sorte de mini cours d'Histoire vulgarisé, mais surtout, en revisitant et/ou en imaginant de trop nombreux passages ce qui annihile forcément toute force historique.
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Le plus grossier est le personnage de la comtesse/Bourgoin, qui est complètement fictif et ne sert strictement à rien malgré une scène de "danse" aussi malaisante que douloureuse. A contrario, le personnage du co-détenu/Lefebvre est plausible comme l'était par exemple le personnage de la résistante jouée par Anamaria Vartolomei dans "La Bataille de la Gaulle" (2026) de Antonin Baudry. Le film manque cruellement de courage (paradoxalement ce qui n'a pas manqué à Moulin !), où comment le film occulte tout ce qui entoure la dénonciation (qui ou pourquoi comment ?!) qui se résume à quelques noms plus ou moins insinués. La partie où Moulin/Lellouche est détenu prend la seconde moitié du film, mais la torture et ce qu'il aurait subi se résume à une demi-heure avec tout en hors champs, arasant tout ce qui pourrait choqué trop fortement. Enfin il y a Gilles Lellouche, qui fait le job mais qui n'arrive jamais à s'effacer derrière le personnage. Physiquement trop éloigné du héros, malgré ses efforts il fait du Lellouche, ce qu'on aime dans la plupart de ses films mais pour un personnage historique aussi emblématique c'est plus discutable, surtout qu'on a encore en tête la classe discrète de Félix Kysyl dans (encore) "La Bataille de la Gaulle" (2026). Finalement la grosse erreur du film est le choix de la construction narrative ; en effet il aurait fallu écourter la première partie pour, peut-être, créer un parallèle entre le calvaire de Moulin face à Barbie et les conséquences au sein de la Résistance entre la poursuite du combat et la recherche du traître. Une déception encore, un héros qui méritait tellement mieux que ce cours d'Histoire raccourci et faussé et on se dit que mieux vaut revoir, et de loin, le seul et unique chef d'oeuvre sur la Résistance : "L'Armée des Ombres" (1969) de Jean-Pierre Melville
Note :
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