Le Domaine (2025) de Giovanni Aloi
Second long métrage de l'italien francophone Giovanni Aloi après son intéressant "La Troisième Guerre" (2021). Pour ce nouveau projet il s'est inspiré librement d'un fait divers sanglant, la tuerie de Belhade, où en décembre 1985 des tueurs du milieu bordelais ont abattu trois personnes dans un relais de chasse avant d'y mettre le feu. Néanmoins, le cinéaste précise : "... nous nous sommes volontairement assez peu renseignés sur la vraie tuerie de Belhade. Il nous importait juste de garder ce microcosme de province." Le réalisateur-scénariste co-écrit son scénario avec Dominique Baumard qui vient de sortir son film "Les Règles de l'Art" (2025), en collaboration avec l'écrivain Sébastien Gendron, Thierry Lounas scénariste de "La Nuée" (2021) de Just Philippt, et avec Claire Bonnefoy réalisatrice de "Conte Nuptial" (2024)... Damien, étudiant à la dérive, accepte un emploi dans un relais de chasse tenu par deux malfrats locaux. Ces derniers utilisent leur domaine pour leurs affaires où se mêlent jeux d'argents et prostitution. Mais lorsque un escort disparaît, Damien se retrouve dans une spirale de violence...
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Damien est incarné par Félix Lefebvre qui continue son bonhomme de chemin depuis "L'Heure de la Sortie" (2019) de Sébastien Marnier avec tout récemment "Une Vie Rêvée" (2024) de Morgan Simon et surtout l'excellent "Ni Chaînes Ni Maîtres" (2024) de Simon Moutaïrou. Les deux malfrats sont joués par Patrick d'Assumçao vu entre autre dans "Selon la Police" (2022) de Frédéric Videau ou "La Passion de Dodin Bouffant" (2023) de Tran Anh Hung, et partage avec son partenaire d'avoir été révélé par un film de Alain Guiraudie avec "L'Inconnu du Lac" (2013) pour lui, avec "Rester Vertical" (2016) pour Raphaël Thiéry vu ensuite dans "L'Envol" (2022) de Pietro Marcello, "Pauvres Créatures" (2023) de Yorgos Lanthimos ou "L'Homme d'Argile" (2024) de Anaïs Tellenne. Citons ensuite Lina-Camélia Lumbroso remarquée dans "La Tour" (2023) de Guillaume Nicloux, Rachid Guellaz aperçu dans "Gueules Noires" (2023) de Mathieu Turi ou "Quand tu seras Grand" (2023) de Andréa Bescond et Eric Métayer, Marguerite Perrotte apparue dans "Le Voyage en Pyjama" (2024) de Pascal Thomas, puis enfin et surtout Lola Le Lann révélée dans "Un Moment d'Egarement" (2015) de Jean-François Richet mais étonnament qio ne transformera pas l'essai avec seulement deux autres films depuis avec "Bluebird" (2018) de Jérémie Guez et "Versus" (2019) de François Valla... Le film s'inscrit dans la veine des drames policier sur fond de faits divers, dans un style réaliste, à la narration limpide au plus près de ses personnages, on pense aux si simples et si terrifiants "La Cérémonie" (1995) de Claude Chabrol ou "Les Blessures Assassines" (2000) de Jean-Pierre Denis, mais Giovanni Aloi reprend le concept de la voix Off qu'il avait déjà utilisé pour "La Troisième Guerre" (2021), mais là où elle est surtout superflue car explicative elle est ici un témoignane post-drama, post-trauma même qui sonne comme une tentative d'introspection dans des souvenirs flous. Il est juste dommage que la frontière entre réalité des faits et fantasmes ne soit pas plus et mieux assumée.
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L'autre point central est le choix de l'environnement, du contexte social avec le choix de la ville portuaire et industrielle de Saint-Nazaire comme symbole d'une ville sinistrée, urbaine et bétonnée et donc où on perçoit un niveau social précaire d'où les rêves biaisés de la jeunesse elle-même symbolisée par Damien/Lefebvre qui se laisse aller, "à l'insu de son plein gré" dans un engrenage qui le dépasse. Dans le style il est juste dommage que le réalisateur n'est pas assumé à fond son concept, ainsi la voix Off suggère que le r écit est vu par les souvenirs de Damien, pourtant on voit des séquences qu'il ne peut avoir vu, et si il l'imagine la narration n'est pas clair non plus. Néanmoins, la singularité du chalet et les deux associés (excellent duo D'Assumçao et Thiéry) créent une atmosphère malaisante à souhait malgré que le récit soit kégèrement timoré (il manque un côté plus malsain au vu du contexte de la prostitution). Une histoire à fort potentiel, de bonnes idées, un casting solide, mais finalement un film un peu trop sage et timide pour convaincre pleinement.
Note :
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