Greenland - Migration (2025) de Ric Roman Waugh

par Selenie  -  16 Juillet 2026, 15:11  -  #Critiques de films

On peut s'étonner de cette suite, car d'habitude on le comprend aisément pour l'appât du gain promis par un succès mondial du film original mais ici, il s'agit d'une suite du très correct "Greenland - le Dernier Refuge" (2020) qui n'a amassé "que" près de 60 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 45 ce qui est très peu. Mais, outre que le film a souffert de la pandémie Covid lors de sa sortie en salles, il semblerait que le succès lors des diffusions en streaming a persuadé les financiers pour cette suite, à tel point que le budget est même monté à 90 millions de dollars - un pari objectivement incompréhensible ! Cette suite est réalisé par le réalisateur du premier opus, Ric Roman Waugh et retrouve donc son producteur-acteur Gerard Butler, mais aussi son scénariste Chris Sparling connu pour avoir écrit auparavant "Buried" (2010) et "Blackwood, le Pensionnat" (2018) tous deux de Rodrigo Cortès, cette fois il co-écrit avec un second auteur, Mitchell LaFortune qui venait de signer "Kandahar" (2023) avec le même duo Waugh-Butler. Le film est d'ores et déjà un pari perdu, un échec cuisant, puisqu'il récolte moins de 49 millions de dollars au box-office, soit sensiblement moins que l'original mais pour un budget deux fois supérieur... Après l'impact dévastateur d'une comète qui a laissé la Terre en ruines, la famille Garrity qui était réfugiée dans un bunker au Groenland quitte leur asile en catastrophe. Il commence alors un nouveau périple dans un monde dévasté pour tenter d'atteindre un nouvel Eden dans le sud de la France... 

On retrouve donc la famille Garrity, d'abord avec les parents incarnés par Gerard Butler qui a connu Ric Roman Waugh pour "La Chute du Président" (2019), vu récemment dans l'autre suite "Criminal Squad : Pantera" (2025) de Christian Gudegast puis le remake live "Dragons" (2025) de Dean DeBlois, et retrouve donc après "Greenland - le Dernier Refuge" (2020) son réalisateur et sa partenaire Morena Baccarin surtout connue comme la copine d'un certain "Deadpool" (2016-2024) et vue récemment dans "Team Demolition" (2026) de Angel Manuel Soto, tandis que leur fils n'est plus joué par Roger Dale Floyd qui est remplacé par Roman Griffin Davis révélé dans l'excellent "Jojo Rabbit" (2019) de Taika Waititi et vu récemment dans "Marche ou Crève" (2025) de Francis Lawrence. Citons ensuite Amber Rose Revah vue entre autre dans "Agora" (2009) de Alejandro Amenabar, "From Paris with Love" (2010) de Pierre Morel ou "Dîner à l'Anglaise" (2024) de Matt Winn, Gordon Alexander cascadeur réputé durant de nombreuses années devenu acteur à part entière aperçu dans "En Plain Vol" (2024) de F. Gary Gray et "28 Jours plus Tard" (2025) de Danny Boyle, Peter Polycarpou apparu dans "Evita" (1996) de Alan Parker ou "The Brutalist" (2024) de Brady Corbet, William Abadie vu dans "Infidèle" (2002) de Adrian Lyne, "La Panthère Rose" (2006) de Shawn Levy ou "Anya" (2020) de Ben Cookson, Nelia Valery Da Costa remarquée dans "Carnivores" (2016) de Yannick et Jeremy Renier ou "L'Eté Dernier" (2023) de Catherine Breillat, Tommie Earl Jenkins apparu dans "Papi Chulo" (2018) de John Butler ou "Mission Impossible : the Final Reckoning" (2025) de Christopher McQuarrie, puis Trond Fausa Aurvag aperçu dans "Norway of Life" (2006) de Jens Lien ou "Oppenheimer" (2023) de Christopher Nolan... Cette suite étant aussi inattendue qu'incompréhensible on ne peut pas dire qu'on soit confiant, notamment sur la nécessité même d'une suite, et enfin sur un minimum d'ambition ne serait-ce que pour la dimension spectaculaire ou épique. Ainsi le film débute un peu comme le récent et déjà sus-cité "28 Jours plus Tard" (2025), à savoir une famille réfugiée dont le père part de temps en temps "chasser" avant de devoir partir pour un autre lieu plus sécurisé. Le périple ensuite reprend le cahier des charges habituel du genre, et pourquoi pas, même quand c'est simple et classique ça peut rester efficace.

Le soucis est que le film est semé de petits détails, parfois insignifiants, parfois plus gênants, mais qui restent surtout voyants parce que trop nombreux ; on peut citer l'insuline qui devient très vite bizarrement accessoire, et surtout une caricature ridicule de la France (béret, voiture de la Poste...) associé à des décors si peu gaulois, sans compter un dénouement contextuel incohérent... ATTENTION SPOILERS !... le nouvel asile, le nouvel Eden est en fait le cratère originel, là où est justement la comète s'est écrasé. Etonnant tout de même (ou pas ?!) que se soit devenu un tel oasis... FIN SPOILERS !...  Néanmoins, ça reste de petits détails, la quête de jours meilleurs ou les rebondissements inhérents à ce genre de voyage restent des éléments prenants, le tout est un peu facile, jusque dans le pathos final mais dans un tel récit ça reste plausible car la question de la survie est centrale et évidemment pas une promesse. En conclusion, un film bancal, une suite inutile mais une histoire dont les émotions parviennent nous toucher même si c'est aux forceps.

 

Note :                 

09/20
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