Pile ou Face (2026) de Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis
Troisième long métrage du duo italien Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis après "Il Solengo" (2015) et surtout le singulier et très réussi "La Légende du Roi Crabe" (2022). Pour ce nouveau projet le duo s'inspire comme à leur habitude d'une légende, en l'occurence partant des faits réels de la tournée du Wild West Show de Buffalo Bill en Europe, qui passa donc deux fois à Rome, il paraîtrait qu'il y aurait eu un duel entre les cowboys de Buffalo Bill et les vachers italiens pour dompter un cheval sauvage, et la légende dit que ce serait les italiens qui auraient gagné le duel. Les deux réalisateurs-scénaristes ont imaginé leur histoire en partant de cette légende, en co-signant leur scénario avec également Carlo Salsa scénariste de films comme "La Bataille des Coeurs Perdus" (2022) de Giorgia Farina ou "Holiday" (2023) de Edoardo Gabbriellini... Rosa, jeune épouse d'un noble, tombe amoureuse de Santino, un buttero qui a gagné un concours de capture de veau au lasso contre le légendaire Buffalo Bill. Mais le mari de Rosa est retrouvé mort, la tête de Santino est alors mise à prix. Rosa et son buttero s'enfuient dans la nature, Buffalo Bill s'empresse alors de les poursuivre comme une ultime chasse à l'homme à la façon du far-west...
Buffalo Bill est incarné par John C. Reilly qu'on n'avait plus vu depuis "Licorice Pizza" (2022) de Paul Thomas Anderson et "Stars at Noon" (2023) de Claire Denis. Rosa est jouée par la frenchy Nadia Tereszkiewicz vue récemment dans "Belladone" (2025) de Alanté Kavaïté et "Deux Pianos" (2025) de Arnaud Desplechin et qui joue là dans son second film étranger après "La Dernière Reine" (2023) de Damien Ounouri et Adila Bendimerad, tandis que Santino est joué par l'italien Alessandro Borghi vu dans "Suburra" (2015) de Stefano Sollima, "Dalida" (2016) de Lisa Azuelos ou "Romulus et Remus" (2019) de Matteo Rovere puis retrouve après "Delta" (2022) de Michele Vannucci son partenaire Mirko Artuso apparu dans "Menocchio" (2018) de Alberto Fasulo, "The Italian Banker" (2021) de Alessandro Rossetto ou "Squali" (2024) de Alberto Rizzi, Peter Lanzani vu dans "El Clan" (2015) de Pablo Trapero, "L'ange" (2018) de Luis Ortega ou "4 x 4" (2019) de Mariano Cohn, Gabriele Silli qui retrouve ses amis réalisateurs après "La Légende du Roi Crabe" (2022), puis enfin, comme un clin d'oeil, Gianni Garko connu comme étant Sartana dans plusieurs westerns spaghetti entre 1966 et 1970, mais aussi vu dans "Le Boss" (1973) de Fernandi di Leo, "L'Emmurée Vivante" (1977) de Lucio Fulci et qu'on n'avait plus vu au cinéma depuis "Au Nom du Peuple Souverain" (1990) de Luigi Magni... Voilà un film qui ne manque pas d'audace en offrant un western italien sans le spaghetti, et qui mêle une étonnante mixture entre la fable romanesque et le film d'aventure cocasse servi par un casting tout aussi hétéroclyte. Ainsi on peut y voir un film de vendetta où un couple qui n'aurait jamais du se rencontrer tombe amoureux et doit fuir, un western dans la province italienne où un magnat veut se venger et engage une légende américaine sur le retour.
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Le film est situé à une époque où la Conquête de l'Ouest est finit déjà depuis de nombreuses années, et qui percute le nouveau 20ème siècle où l'Italie se remet de sa débâcle en Ethiopie. Sous couvert d'un style étonnant et singulier à première vue, le scénario est pourtant semé de clichés comme la jeune femme plus rebelle qu'il n'y paraît épouse d'un vieil aristocrate réactionnaire et misogyne, un Buffalo Bill mégalomane, un commanditaire riche et vengeur tout puissant... etc... Certaines idées émergent mais sans tenir sur la durée, notamment sur l'émancipation de la femme qui repose finalement sur la seule performance de l'actrice Nadia Tereszkiewicz avec un personnage faussement farouche et rebelle. Ensuite le virage "fantastico-burlesque" est assez culotté mais il manque sans doute un humour plus appuyé même si il était noir ou plus caustique. Niveau visuel, on note une image plus granuleuse (Super 8) pour les scènes les plus réalistes, et une image plus lisse en numérique pour les autres passages. Le duo italien signe une comédie singulière, un petit OFNI (Objet Filmé Non Identifié) auquel il manque du souffle (épique) et d'un humour plus probant.
Note :
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