La Bataille de Gaulle : J'écris ton Nom (2026) de Antonin Baudry

par Selenie  -  1 Juillet 2026, 14:20  -  #Critiques de films

Après la belle première partie de son dyptique avec "La Bataille de Gaulle : l'Âge de Fer" (2026) qui est focalisé sur les années 1940-1942, Antonin Baudry poursuit sa fresque historique et aborde ainsi logiquement les années 1943-1944. Le réalisateur du remarquable "Le Chant du Loup" (2019) reprend donc son adaptation d'après  le livre "De Gaulle : une Certaine Idée de la France" (2019) de Julian T. Jackson, historien britannique spécialiste de la France et de la Seconde Guerre Mondiale. Cette suite est intitulé "J'écris ton nom", et fait référence évidemment au superbe poème "Liberté" (ICI) de Paul Eluard... 1943, la France se relève et se bat dep lus en plus fort face à l'occupant. De Gaulle se bat aussi en coulisse contre l'impérialisme des Etats-Unis, alliés dont pourtant il faut se méfier. En métropole, Jean Moulin organise la Résistance pour tenter de faire front commun... 

Le Général De Gaulle est incarné par Simon Abkarian vu dernièrement dans "Selon la Police" (2022) de Frédéric Videau, "Overdose" (2022) de Olivier Marchal et "Le Quatrième Mur" (2024) de David Oelhoffen. Parmi les autres généraux français citons Thierry Lhermitte vu récemment dans "Chasse Gardée 2" (2025) de Frédéric Forestier et "Mauvaise Pioche" (2026) de et avec Gérard Jugnot, Benoît Magimel vu dans "Ni Chaînes Ni Maîtres" (2024) de Simon Moutaïrou et "Mi Amor" (2026) de Guillaume Nicloux puis Niels Schneider vu récemment dans "Badh" (2025) de Guillaume de Fontenay et "Les Tourmentés" (2025) de Lucas Belvaux. Parmi les compagnons de la Libération citons Karim Leklou vu dans "Le Roman de Jim" (2024) des frères Larrieu ou "L'Accident de Piano" (2025) de Quentin Dupieux, Kacey Mottet-Klein vu dans "Un Monde Violent" (2024) de Maxime Caperan et "Toutes pour Une" (2024) de Houda Benyamina, Loïc Corbery vu entre autre "Guermantes" (2021) de Christophe Honoré ou "Les Survivants" (2022) de Guillaume Renusson, Grégoire Colin qui retrouve Niels Schneider après "Badh" (2025) et vu depuis dans "Coutures" (2026) de Alice Winocour et "A Bras-le-Corps" (2025) de Marie-Elsa Sgualdo, Pablo Cobo apparu dans "Madre" (2019) de Rodrigo Sorogoyen ou "Tropic" (2022) de Edouard Salier, Pierre Aussedat apparu dans "Little Girl Blue" (2023) de Mona Achache ou "Love Me Tender" (2025) de Anna Cazenave, évidemment n'oublions pas un certain Jean Moulin incarné par Félix Kysyl vu dans "Des Preuves d'Amour" (2025) de Alice Douard et "Qui brille au Combat" (2025) de Joséphine Japy, qui fera donc face à Klaus Barbie alias François Göske vu dans "Le Corps Sauvage" (2019) de Cheyenne Carron ou "Les Enfants de la Résistance" (2026) de Christophe Barratier. Continuons avec les femmes de la Résistance avec Anamaria Vartolomei vue récemment dans "Mickey 17" (2025) de Bong Joon-Ho, Noémie Schmidt apparue dans "Le Monde après Nous" (2021) de Louda Ben Salah-Cazanas et dans "Années 20" (2021) de Elizabeth Vogler après lequel elle retrouve sa partenaire Alice de Lencquesaing vue dans "L'Evènement" (2021) de Audrey Diwan et "Aimons-Nous Vivants" (2025) de Jean-Pierre Améris. Puis enfin dans les chefs d'états et généraux alliés citons Campbell Scott aperçu dans les "The Amazing Spider-Man" (2012-2014) ou "Jurassic World : le Monde d'Après" (2022) de Colin Trevorrow, Simon Russell Beale qui incarne à nouveau Churchill après "La Ruse" (2022) de John Madden et vu depuis dans "Le Jeu de la Reine" (2023) de Karim Aïnouz et qui retrouve après "My Week with Marylin" (2011) de Simon Curtis son partenaire Pip Torrens aperçu dans "Danish Girl" (2015) de Tom Hooper ou "Blackwood, le Pensionnat" (2018) de Rodrigo Cortès, Daniel Betts qui retrouve 39-45 après "Fury" (2014) de David Ayer et "Alliés" (2016) de Robert Zemeckis et vu plus récemment dans l'excellent "Au Rythme de Vera" (2025) de Ido Fluk, puis enfin Stephen Campbell Moore apparu dans "Downton Abbay" (2019) de Michael Engler ou "The Union" (2024) de Julian Farino...

Notons que la musique n'est signé par Volker Bertelmann mais par un inconnu, Théo Cascio pour sa première B.O. cinéma... Le film débute donc en 1943, avec en parallèle deux grandes lignes narratives : la mise en place et la création du Comité National de la Résistance menées par un certain Jean Moulin, puis le combat en coulisse plus politique que guerrier de De Gaulle face à un Roosevelt qui a tout de l'ennemi tapit dans l'ombre, avec en arrière-plan l'importance toujours croissante de Leclerc jusqu'à la création de la fameuse 2ème Division Blindée. Cette fois, dans cette suite, on ressent moins l'effet "chapitre" du récit, les différents fils conducteurs s'entremêlent avec des ruptures de tons qui accentuent autant les enjeux que les émotions. Sur les méandres géo-politiques on perçoit un De Gaulle plus souvent malmené et/ou hésitant, qui subit les événements plus qu'il ne les domptent ou les imposent, il compense par un amour sincère et profond pour sa patrie et par une confiance à des hommes clefs fidèles et essentiels au combat pour la France. Le film aborde assez directement le plan AMGOT des américains, paramètres peu connus et peu traités au cinéma, et surtout apporte des prémices de réponses sur la politique internationale qui sera mené par De Gaulle des années plus tard - passionnant et jamais surexplicatif (à vous de chercher plus loin !). On constate enfin que cette fois que l'authenticité historique et les faits réels sont un peu plus bousculés ou raccourcis au sein d'un scénario dense et très résumé, parfois trop sans doute, en inventant quelques détails intimes, ou comme la bataille de Leclerc lors de la bataille de Ksar Ghilane ou dans les coulisses de la création du Conseil Résistant, mais là aussi ça reste l'écueil nécessaire et inévitable d'un film de 2h40.

On notre par contre que la bataille du Sahara est un peu mieux réussi technique avec moins de numérique ou en tous cas bien mieux géré. On apprécie aussi la partie où des images d'archives sont intégrées, certe qui restent surtout un moyen économique pour la production, mais qui offre aussi un puissant levier émotionnel sans compter le poème qui renvoie au poème de Paul Eluard qui frappe au coeur de la même manière que la Marseillaise dans "Casablanca" (1942) de Michael Curtiz ou "Les Sentiers de la Gloire" (1957) de Stanley Kubrick, mais de façon donc plus universelle. Cette suite est donc plus forte en émotion, assez logiquement au vu des événements aussi bien tragiques que plus heureux qui mènent à la victoire. Par contre il est dommage que la Shoah soit complètement occultée, est-ce que De Gaulle le savait (oui évidemment) et comment l'a-t-il géré ou pas, appris ou non, amené sur la table des alliés ou non ?! Même une allusion ou une quelconque référence (au vu des nécessités scénaristiques) aurait pu être placée. Dommage... Néanmoins, Antonin Baudry signe un final spectaculairement maîtrisée, passionnant et surtout loin d'être manichéen et un ensemble très objectif sans porter aux nues bêtement et simplement un De Gaulle humain et donc faillible. Une fresque historique qui a du souffle, du panache et un bel hommage aux combats des français à une période charnière de notre Histoire. A voir, revoir et à conseiller surtout dans toutes les écoles... 

 

Note :                 

14/20
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