Opération Tonnerre (1965) de Terence Young

par Selenie  -  17 Mars 2020, 08:11  -  #Critiques de films

 4ème film de la saga, c'est aussi la première anicroche sur la genèse de cet opus. Au départ, le script a été travaillé dès 1958 par Ian Fleming lui-même, romancier et père de 007, avec les scénaristes Kevin McClory et Jack Whittingham. Mais Ian Fleming en signe un roman en 1961 sans l'accord de ses deux co-auteurs ce qui amènera à un procès dont les deux scénaristes sortent vainqueurs. En 1963 McClory obtient les droits du roman ce qui va pousser les producteurs historiques Harry Saltzman et Albert R. Broccoli à trouver un accord avec lui, à savoir un poste de co-producteur, un chèque de 250000 dollars et pas moins de 20% des profits en échange de ne pas lancer de projets concurrents de remake avant 10 ans qui verra bel et bien le jour avec "Jamais plus Jamais" (1983) de Irvin Kershner, un James Bond "non officiel" mais avec Sean Connery pour une ultime mission. Après l'accord, le scénario est retravaillé par Richard Maibaum, scénariste maison depuis les débuts et qui sera de presque tous les opus jusqu'en 1989, mais sa comparse Johanna Harwood laisse sa place à John Hopkins. Ils seront tous deux crédités aux côtés des deux auteurs originaux.

Par contre, aux commandes on voit le retour de Terence Young, réalisateur de "James Bond contre Dr. No" (1962) et "Bons Baisers de Russie" (1963) qui, ironie du sort, avec laissé sa place suite à un désaccord financier pour "Goldfinger" (1964) de Guy Hamilton et ce dernier re-laisse sa place suite un "différend artistique" avec la production survenu durant le tournage de "Goldfinger"... L'organisation criminelle SPECTRE a dérobé deux bombes atomiques de l'OTAN. James Bond est envoyé pour les retrouver avant que l'OTAN ne soit obligé de payer la rançon demandée. Pour cela il doit retrouver Domino, soeur du pilote de l'avion qui transportait les bombes, puis il doit se rapprocher d'un certain Largo, homme riche et cruel... Dans le rôle de 007 on retrouve Sean Connery toujours accompagnés des autres membres du MI6, Bernard Lee / M, Desmond Llewelyn / Q et Lois Maxwell / Moneypenny. Le méchant de cette aventure est incarné par l'acteur italien Adolfo Celi connu en France notamment pour "L'Homme de Rio" (1963) de Philippe De Broca et, surtout, qui sera à nouveau méchant contre un ersatz de 007 dans "Opération Frère Cadet" (1967) de Alberto De Martino avec Neil Connery propre frère de Sean dans une parodie où on retrouve aussi Bernard Lee et Lois Maxwell ! Dans la collection des James Bond Girl, celle qui sort du lot dans ce film est évidemment la frenchy Claudine Auger dans le rôle de Domino. A noter que Anthony Dawson reprend le rôle de Ernst Stavro Blofeld (imaginé justement par  Kevin McClory) après "Bons Baisers de Russie", dont on retrouve également la belle Martine Beswick dans un rôle différent... Après un générique très "sex bomb" avec Tom Jones en chanteur de hit, le film débute fort avec 007 en JetPack (mis à dispositon par l'armée !) annonciateur d'une jolie collection de gadgets, qui dépasse de loin les premiers films.

Le déroulement du braquage est excellemment mis en place, digne d'un bon thriller, mais ensuite on se demande bien pourquoi Bond se retrouve dans un centre de remise en forme façon vieux schnock ; ce qui sera par contre plus plausible dans "Jamais plus Jamais" (1983). Le film est semé de bonnes idées, de l'avion "sous-marin" à la bataille des hommes-grenouilles (bien qu'un peu long) en passant par l'entrée en jeu des autres agents 00 du MI6 (seul et unique fois dans la saga !). En bonus le retour jouissif de l'Aston Martin DB5 après "Goldfinger" et le charme frenchy de Domino. Le méchant Largo ne manque pas de sadisme et on notera la première James Bond Girl à apparaître nue jouée par Molly Peters. Par contre, la seconde partie perd un peu de vitesse de croisière avec un rythme moins bien géré. On remarquera quelques faux raccords (le pire étant de voir un cascadeur en lieu et place de Connery/Bond) et quelques incohérences (non Domino ne porte pas de bracelet de cheville). Néanmoins, la postérité en fait pourtant un des meilleurs de la franchise, et il reste le James Bond ayant fait le plus grand nombre d'entrées au box-office après "Skyfall" (2012) de Sam Mendes. Un très bon film, aux ingrédients bondien omniprésents et une intrigue plutôt bien ficelée. Un très bon moment.

 

Note :                     

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16/20

 

 

Pour info bonus, Note de mon fils de 10 ans :               

12/20

 

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