Nymphomaniac 1 et 2 (2014) de Lars Von Trier

par Selenie  -  21 Juin 2014, 04:02  -  #Critiques de films

Voici donc l'un des films les plus attendus de ce début 2014... Lars Von Trier revient au choc des images après la poésie funeste de "Melancholia" et la tragédie coïtale de "Antichrist". La promo savamment orchestrée via extraits divers et affiches explicites a su mettre l'eau à la bouche pour ce film scindé en 2 parties... Le montage initial faisait 5h30, le réalisteur refusant de couper c'est le producteur qui prit la repsonsabilité des coupes pour un film en deux parties, 1h50 puis 2h10. Précisons de suite que les acteurs "traditionnels" ont été doublé pour les scènes les plus hot. Précisons ensuite que dans cette première partie les scènes les plus hard restent finalement dans une limite "acceptable", on a vu aller plus loin dans bien  d'autres films !...

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Cela étant précisé il faut saluer le choix du casting, si Lars Von Trier a choisi pour la plupart des acteurs qu'il a déjà fait tourner (Willem Dafoe, Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgard...) il révèle la jeune Stacy Martin (Joe jeune) et offre un rôle de composition salutaire à Shia Le Boeuf... Pour ce qui est de l'histoire, là, on passe du côté obscur de la force. Dès le début ça ne colle pas, cette rencontre et ce débalage aussi facile que bête ne sonne pas vrai, on n'accroche pas. Ensuite cette façon de raconter son histoire, façon Shéhérazade dans les contes des 1001 nuits, donne ensuite une simple succession de sketchs plus ou moins réussis, plus ou moins inspirés, qui empêche toute implication du spectateur. On n'a pas le temps de s'attacher à cette Joe dont l'histoire reste trop en retrait finalement. C'est superficiel, autant dans les actes sexuels au réalisme tout relatif que dans cet échange peuso-philosophique entre l'érotisme et la pêche (lol) ; on a connu Lars Von Trier plus inspiré. Clairement ce début cloisonne le film en un simple montage impersonnel. Le second film va sans doute plus loin, le sado-maso est plus frontal, la perte de repère plus physique mais le côté voyeuriste pour le spectateur est aussi plus gênant ; Lars Von Trier doit jubilé. Mais la narration de change pas et l'émotion reste trop secondaire. On reste ébahi par le don de soi de Charlotte Gainsbourg, rarement une actrice aura été aussi loin. Un résultat bancal derrière lequel on distingue des éclairs de génie mais trop rares pour convaincre pleinement. En conclusion, ces deux films m'ont fait penser aux vers de Stéphane Mallarmé : "La chair est triste, hélas, ... Et j'ai lu tous les livres..." A quand un retour du grand Lars Von Trier des "Breaking the Waves", "Les Idiots" et "Dogville" ?! 

 

Note :           

09/20