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Selenie

La Planète des Singes - Suprématie (2017) de Matt Reeves

3 Août 2017, 06:28am

Publié par Selenie

Suite et troisième épisode de la saga rebootée après "La Planète des Singes" -les Origines" (2011) de Rupert Wyatt et "La Planète des Singes - l'Affrontement" (2014) du même Matt Reeves. Cette fois le film débute 15 ans après  "... les Origines", et après "... l'Affrontement" il y a eu quelques années de guerre entre singes et humains. Le film débute ainsi sur un assaut des humains sur un camp de singes... Si on est toujours sur une histoire inspirée du roman de Pierre Boule on est encore dans une inspiration entièrement libre du passé, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un passé imaginé du roman (1963) de Pierre Boule et de sa meilleure adaptation à ce jour, le chef d'oeuvre "La Planète des singes" (1968) de Franklin J. Schaffner. Outre Matt Reeves laproduction a gardé l'essentiel de l'équipe technique dont le scénariste Mark Bomback et Directeur Photo Michael Seresin. 

Planète-des-singes-suprematie-La-FR1petit.jpg (300×400)

Si on retrouve bien César, leader des singes, et de quelques singes importants, tous les personnages restent des nouveaux protagonistes. César reste un des seuls présents depuis le début et est toujours incarné par Andy Serkis, le maitre Es Performance Capture depuis son incarnation de Gollum dans la saga "Le Seigneur des Anneaux" (2001-2003) de Peter Jackson et bientôt réalisateur-acteur-performer d'une énième version "Le Livre de la Jungle" (2018). Face à lui le grand méchant est interprété par l'excellent Woody Harrelson qui retrouve un beau rôle de salaud à l'instar de ses  rôles dans "Tueurs Nés" (1994) de Oliver Stone et "Les Brasiers de la Colère" (2014) de Scott Cooper. Harrelson joue un Colonel sans pitié que l'acteur voit ainsi : "Témoin de la fulgurante ascension des primates depuis l'apparition de la grippe simienne, il a le sentiment, au vu de ses compétences, qu'il est de son devoir de faire tout ce qui est en son pouvoir pour sauver l'humanité."... Son personnage engoncé dans sa folie fait penser à Kurtz dans "Apocalypse Now" (1979) de F.F. Coppola. D'ailleurs il ne s'agit pas de la seule référence puisque, entre autres exemples, dès les premières minutes on a une pensée pour Kirk Douglas marchant dans les tranchées de "Les Sentiers de la Gloire" (1957) de Stanley Kubrick.

On reste une nouvelle fois ébloui par les effets spéciaux, la performance capture est sublime jusqu'au moindre poil primate et on a gagné encore au niveau émotion, à tel point que Reeves insiste lourdement sur les regards des singes avec longueurs, ralentis et pathos de circonstances. 02h20 de film, en éliminant toutes ces longueurs maladroites on gagnait 10-15mn ! Mais surtout le scénario, s'il reste très prenant (bon suspense, action efficace), est plombé par 2-3 rebondissements illogiques. La première et la plus importante (pour ne pas trop divulgué on restera flou), est qu'il parait impossible qu'un groupe qui est suivi en allant à l'est puisse se téléporter vers l'ouest et revenir comme par magie en un temps record. Et sinon c'est assez incroyable que des singes ne puissent pas pénétrer de nuit dans un camp alors qu'une fillette le puisse sans précaution particulière et sans se faire remarquer... Bref, c'est carrément bancal. Dommage, néanmoins on reste scotché au siège par le réalisme et l'émotion qui en découle. Le film surnage clairement grâce à ça. Ensuite le vrai soucis reste un final qui fait un peu cafouillage, qui ne fait pas abouti dans le sens où on a la sensation désagréable qu'ils ne savaient pas comment terminer. On reste donc dans l'expectative d'une forme de transition pour une suite certaine mais qui ne semble ni évidente ni prometteuse. Et on en revient à la nostalgie du chef d'oeuvre (1968) de Schaffner...

 

Note :               

14/20

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