Le clan des siciliens (1969) de Henri Verneuil

par Selenie  -  25 Mars 2011, 10:34  -  #Critiques de films

Film évènement dont la promo n'a pas été avare en créant une affiche mettant bien en valeur les trois têtes d'affiches, trois monstres sacrés du cinéma français pour cette adaptation du roman éponyme (1967) de Auguste Le Breton, auteur célèbre ayant inventé le mot d'argot "rififi" popularisé par ses romans et adaptations ciné qui en ont découlé dont "Du Rififi à Paname" (1966) de Denys de la Patellière avec déjà Jean Gabin... L'acteur retrouve ainsi Lino Ventura pour leur 6ème et dernière collaboration depuis "Touchez pas au Grisbi" (1953) de Jacques Becker, Ventura joue ici son 3ème et dernier film avec Verneuil après "Le Lion est Lâché" (1961) et "100000 dollars au Soleil" (1964), puis il y a Alain Delon qui se retrouvent avec aussi Henri Verneuil après le chef d'oeuvre "Mélodie en Sous-Sol" (1963) ; si Delon ne retrouvera plus Verneuil, Gabin lui joue son 5ème et dernier film avec le cinéaste tandis que les deux acteurs joueront une 3ème fois ensemble dans "Deux Hommes dans la Ville" (1973) de José Giovanni qui n'est autre que le co-scénariste des "... Siciliens"...

Dans le reste de la distribution on peut noter les noms de André Pousse, Jacques Duby, Sydney Chaplin (oui fils de !) et enfin la charmante Irina Demick qui débuta dans la superproduction "Le Jour le plus Long" (1962) après avoir été repérée par le nabab Darryl F. Zanuck. En prime, le générique bénéficie de la musique signée du maestro Ennio Morricone après avoir connu Verneuil sur le western "La Bataille de San Sebastian" (1969), qui offre une fois de plus une composition mythique qui ouvre aussi le début d'une collaboration fructueuse avec le cinéma français... Vittorio Malanese qui dirige un clan familiale fait évader Roger Sartet, un dangereux criminel, pour monter un audacieux braquage. Mais le caractère indépendant et dangereux de Sartet compromet le projet... Le scénario allie magnifiquement enquête policière pour retrouver Sartet et les préparatif du braquage. Cette enquête permet d'accentuer la tension autour d'un braquage qu'on sait qu'il va être tragique, mais comment et pourquoi ?! Verneuil s'offre pour ce film les moyens de ses ambitions, le film est constitué de séquences tout aussi prestigieuses que son casting avec une visite à la Galerie Borghèse à Rome et, surtout, une partie essentielle dans un avion qui va se poser à New-York.

 

La triangulaire fonctionne à merveille, avec d'abord le commissaire Le Goff/Ventura vs Sartet/Delon, puis Sartet vs Malanese/Gabin avant un final d'anthologie. Un scénario assez bien ficelé pour se demander qui va s'en sortir et comment. Le seul petit bémol vient de la "dette d'honneur", où l'adultère paraît bien timorée (un simple baiser) mais qui semble suffire pour qu'une femme tombe en pâmoison pour un bad boy. La partie de collaboration policière internationale est invraisemblable dans cette procédure ainsi montrée mais ça reste un détail. Néanmoins, le film est prenant servi par une B.O. culte, des acteurs au sommet, une braquage ambitieux et des faces à faces mythique. Un grand film qui termine sur le podium du box-office français 1969 juste derrière un certain "Il était une fois dans l'Ouest" (1969) de Sergio Leone dont la musique est également signée Morricone et "Le Cerveau" (1969) de Gérard Oury avec une autre affiche impressionnante. A voir et à revoir.

 

Note :        

18/20

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