Le Diable s'habille en Prada 2 (2026) de David Frankel
S'il y a bien un film qui est resté incrusté à mes années d'adolescence, c'est le premier volet du Diable s'habille en Prada. Sorti en 2006, il a révélé un duo d'actrices, Emily Blunt et Anne Hathaway, sous l'égide magistrale de Meryl Streep. Bref, un joli moment à passer dans le monde impitoyable de la mode.
20 ans plus tard, le film ressort avec d'immenses ambitions : nous replonger dans ce monde de luxe et d'élite. Là où les temps actuels auraient pu offrir un terrain de jeu encore plus impitoyable (magazines contre internet, influenceurs contre presse traditionnelle, luxe contre seconde main, sans oublier les évolutions sociétales autour du body positive...), il n'en est finalement rien. Ou si peu que cela en devient anecdotique.
Andy, virée pour motif économique de son journal, revient à Runway pour redorer l'image du magazine après un article favorable envers une entreprise qui cachait une sombre réalité.
Fin du synopsis ? En fait oui.
Le problème, c'est qu'il ne se passe finalement pas grand-chose. Le film donne l'impression de recycler les codes du premier sans jamais réussir à leur donner une nouvelle dimension. Là où le premier jouait avec les rapports de pouvoir, la pression permanente et l'univers fascinant de la mode, cette suite avance en pilote automatique. Les enjeux sont plats, les dialogues manquent de mordant et l'on attend en permanence ce moment où le récit va enfin décoller... sans qu'il n'arrive réellement. Il manque cette arrogance, cette niaque, cette forme de comédie qui faisaient toute la réussite du premier opus.
Le principal bémol reste l'accumulation de clichés, à commencer par le couple formé par Emily Blunt. Une intrigue aussi invraisemblable qu'inutile, qui semble n'exister que pour combler les vides du scénario. Les scènes s'enchaînent sans apporter grand-chose aux personnages ni à l'histoire. On force le trait, on empile les situations convenues, mais rien ne prend réellement. C'est d'autant plus dommage que l'évolution des personnages méritait un traitement bien plus subtil, fidèle au ton ironique et mordant qui faisait tout le charme du premier film.
Heureusement, une personne continue de faire vivre Le Diable s'habille en Prada : Meryl Streep. Dès qu'elle apparaît à l'écran, le film retrouve cette élégance glaciale et cette autorité qui avaient marqué le premier opus. Elle impose toujours autant par un simple regard ou une réplique et rappelle à quel point Miranda Priestly reste l'âme de cette franchise. Sans elle, l'ensemble serait sans doute encore plus oubliable. Et pourtant, là aussi, le film passe à côté de son sujet. Les bouleversements du monde de la mode auraient dû contraindre Miranda à évoluer, à se réinventer face à une industrie qui n'est plus celle de 2006. Au lieu de cela, le personnage semble figé, privé de ces répliques assassines et de ces mimiques devenues cultes. Non pas parce qu'elles n'auraient plus leur place aujourd'hui, mais parce que le scénario ne sait jamais vraiment quoi en faire.
Au final, cette suite pose une vraie question : était-elle vraiment nécessaire ? Clairement : non.
Le film ne dit finalement rien de nouveau sur la mode, sur son évolution ou sur notre époque. Il reprend un univers que l'on connaît déjà sans jamais le faire évoluer, comme si la nostalgie suffisait à justifier son existence. Vingt ans après, il y avait pourtant matière à proposer un regard beaucoup plus acéré sur une industrie profondément transformée.
Au lieu de cela, on obtient une suite sans véritable identité, portée presque exclusivement par le charisme intact de Meryl Streep. C'est bien peu pour justifier le retour d'un film qui avait, lui, parfaitement su conclure son histoire.
Note :
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