Histoire de la Nuit (2026) de Léa Mysius
Troisième et nouveau long métrage de Léa Mysius après le très réussi "Ava" (2017) et "Les Cinq Diables" (2022). Pour ce nouveau projet un heureux concours de circonstances a poussé la cinéaste à y croire, à savoir l'adaptation du roman éponyme (2020) de Laurent Mauvignier, auteur déjà porté sur grand écran avec "Continuer" (2018) de Joachim Lafosse et "Des Hommes" (2020) de Lucas Belvaux. La cinéaste avait acheté le roman après une recommandation, juste après le producteur Jean-Louis Livi lui propose d'en acquérir les droits pour elle sans savoir qu'elle commençait a dévoré le livre. Réalisatrice-scénariste Léa Mysius a proposé au romancier de collaborer à l'écriture du scénario, une invitation que l'auteur déclina comme il le fit pour les deux autres films adaptés de ses oeuvres. Léa Mysius fit un choix radical, à savoir occulter tous les flash-backs du roman pour un récit en temps réel, un choix salué par l'écrivain : "Adapter, ici, c'est l'art de faire se rencontrer le scénario et le roman sur la table de montage." Le film est interdit au moins de 12 ans... Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine Cristina, une peintre italienne. Alors qu'ils sont en train de préparer une soirée d'anniversaire surprise pour Nora, trois hommes s'imposent à la fête en attendant que Nora arrive. Quand cette dernière arrive, la tension monte d'un cran tandis qu'un secret semble être au centre de cette invitation forcée...
Nora est incarnée par Hafsia Herzi vue entre autre dans "Le Ravissement" (2023) de Iris Kaltenbäck, "Borgo" (2023) de Stephane Demoustier ou "Mektoub my Love : Canto Due" (2025) de Abdellatif Kechiche sans compter sa réalisation pour le remarqué "La Petite Dernière" (2025), son conjoint est joué par Bastien Bouillon vu dernièrement dans "A Pied d'Oeuvre" (2026) de Valérie Donzelli, "L'Affaire Bojarski" (2026) de Jean-Paul Salomé et "La Frappe" (2026) de Julien Gaspar-Oliveri, tandis que leur fille Ida est jouée par Tawba El Gharchi dans son premier rôle. La voisine est jouée par Monica Bellucci malheureusement à la filmo peu inspirée ces dernières années avec entre autre "Mafia Mamma" (2023) de Catherine Hardwicke, "Paradis Paris" (2024) de Marjane Satrapi ou "Beetlejuice Beetlejuice" (2024) de Tim Burton. Citons ensuite les trois intrus joués par Benoît Magimel vu dans "Ni Chaînes Ni Maîtres" (2024) de Simon Moutaïrou, "Mi Amor" (2026) de Guillaume Nicloux ou "La Bataille de Gaulle : l'Âge de Fer" (2026) de Antonin Baudry, Paul Hamy vu dans "Le Mangeur d'Âmes" (2024) de Julien Maury et Alexandre Bustillo, "Louise" (2025) de Nicolas Keitel ou "Rapaces" (2025) de Peter Dourountzis, puis Alane Delhaye aperçu déjà en homme de main dans "L'Envol" (2022) de Pietro Marcello et "L'Amour Ouf" (2024) de Gilles Lellouche. Citons encore Servane Ducorps grande dame du théâtre apparu au cinéma dès "Le Retour des Mousquetaires" (1989) de Richard Lester et plus récemment dans "Pupille" (2018) de Jeanne Herry ou "Sur un Fil" (2024) de Reda Kateb, puis enfin Tatia Tsuladze aperçue subrepticement en figurante danseuse dans "La Bête dans la Jungle" (2023) de Patric Chiha et "Les Reines du Drame" (2024) de Alexis Langlois... Sur le postulat de départ on peut penser à l'excellent "A History of Violence" (2005) de David Cronenberg, mais ici le récit se démarque par le huis clos et le sous-genre du Home Invasion. Un sous-genre souvent très efficace car il est une évocation de nos pires cauchemars, comme le viol de notre intimité et de noter foyer. Avec un tel casting et les éléments de base la promesse d'un thriller sombre semble assuré. Malheureusement rien ne va aller où si peu. D'abord on se demande pourquoi la cinéaste a changé les noms des protagonistes vis à vis du livre puisque l'adaptation est officielle et a priori assumée.
/image%2F0935117%2F20260918%2Fob_e848bd_sc-histoires-de-la-nuit-photo-presse-0.jpg)
Mais surtout le scénario efface des parties essentielles du roman comme les lettres anonymes préalables à cette soirée tragique, ou surtout le passé et/ou le lien de Manon alias Nora dans le film, qui est dévoilé graduellement alors que dans le film tout va être expliqué en 2-3 minutes. Fin du suspense. Fin du suspense surtout car la suite et le dénouement devient encore plus évidente, logique et attendue. Les personnages sont sans nuances, tous un cliché du genre surtout les trois intrus avec le simplet mais qui a une sensibilité au fond de lui, la brute lorgnant avec une certaine psychopathie et le leader gentleman criminel qui réfrène une violence toujours en surface. Le huis clos amène le côté anxiogène, la tension est bien rendue, certains passages font leur effet, tandis que de courtes ellipses sont plutôt maladroites autant dans le montage que dans leur existence même. La toute fin est aussi peu inspirée... ATTENTION SPOILERS !... après le carnage, le couple ne trouve rien de mieux que de s'installer avec la fillette en face d'un cadavre quasi décapité (?!), puis comment croire ou penser que les deux amies restent là assises calmes et posées (?!)... FIN SPOILERS !... plus des détails mais qui ajoutent à un ensemble bancal et inabouti. Vu les deux précédents films de Léa Mysius on aurait aimé plus de subtilité et de finesse, autant sur la forme que sur le fond surtout avec un tel casting. Résultat un thriller efficace par certains côtés, car classique et alimentaire.
Note :
![]()
![]()
/file%2F0935117%2F20241022%2Fob_cfab59_bf982c02ee39e172a259a3face755554.webp)